Les flexi-jobs ont un succès phénoménal dans les cafés et restos
Libre Eco week-end | Le système, fiscalement avantageux, bénéficie tant aux employeurs qu'aux travailleurs.

- Publié le 11-02-2024 à 16h27

À la fin du mois de juin 2023, l'ONSS recensait 120 000 personnes occupant un flexi-job. C'est dans les restaurants et cafés que le régime flexible connaît le plus de succès : deux sur trois l'utilisent, suivis par les hôtels (56 %), et, à hauteur d'un quart, les boulangeries, la production alimentaire et le commerce de détail, selon le secrétariat social SD Worx, qui a analysé les données salariales de 37 000 employeurs.
Les entreprises qui l'utilisent se trouvent principalement en Flandre (86 %), et particulièrement en Flandre occidentale (soit la Côte), avec 14 % de tous les employeurs. "C'est dans le secteur horeca que la demande de flexibilité est la plus importante", constate Alexia van Zuylen, Legal Consultant PME chez SD Worx.
Un brut égal au net
De quoi parle-t-on exactement ? Depuis décembre 2015, le système de flexi-job permet de créer des emplois flexibles pour les retraités et les personnes travaillant en 4/5 ou moins. Le système est fiscalement avantageux : le salaire brut est égal au salaire net et le travailleur ne paie ni impôts, ni cotisations sociales. Selon des données du spécialiste RH Liantis, les travailleurs flexibles gagnent en moyenne 13 euros bruts de l'heure.
Depuis 2024, il existe cependant un plafond de revenus de 12 000 euros. Les flexi-jobbeurs non pensionnés qui gagnent plus devront payer des impôts sur le montant qui dépasse ce plafond. Autres changements introduits cette année : les employeurs devront payer les flexi-jobbeurs selon les barèmes salariaux en vigueur dans leur secteur d'activité et s'acquitter d'une cotisation patronale pour la sécurité sociale non plus de 25 mais de 28 % du salaire brut du flexi-jobbeur.
Autres secteurs
Le régime fiscal favorable ne s'appliquait initialement qu'au secteur de l'hôtellerie et de la restauration mais, en 2018, il a été étendu à d'autres secteurs, comme le commerce de détail ou la coiffure.
Depuis le 1er janvier 2024, 12 nouveaux secteurs se sont ajoutés à la liste, avec la possibilité ou non pour eux de recourir au système : l'enseignement, la garde d'enfants, le secteur public du sport et de la culture, le secteur automobile, le secteur de l'événementiel, l'agriculture et l'horticulture, les auto-écoles, les pompes funèbres, l'immobilier, le déménagement et certains sous-secteurs de l'alimentation.
Pour de nombreux employeurs, ces flexi-jobs sont une aide bienvenue. C'est une solution intéressante pour les pics saisonniers, en plus du travail temporaire et du travail étudiant mais plus flexible.
"Pour de nombreux employeurs, ces flexi-jobs sont une aide bienvenue. C'est une solution intéressante pour les pics saisonniers, en plus du travail temporaire et du travail étudiant mais plus flexible, mentionne Alexia van Zuylen. Le contrat est plus flexible qu'un contrat d'emploi classique. Ainsi, dans le cadre du flexi-job, l'employeur conclut avec le travailleur un contrat-cadre qui fixe les principes généraux et puis un contrat particulier (à la journée si nécessaire pour chaque journée prestée). Ce dernier peut être oral."
Les PME, les jeunes et les plus de 60 ans
Ce sont les PME qui sont les plus demandeuses de flexibilité. Et même les plus petites : 85 % de celles qui ont recours à ces travailleurs ont moins de 20 employés, selon SD Worx.
"La mesure est avantageuse également pour les travailleurs. C'est un complément de revenu intéressant et cela permet d'exercer une autre activité que l'activité principale. Certains apprécient aussi la flexibilité offerte", note Alexia van Zuylen. Cela explique sans doute que la plupart des personnes qui gagnent de l'argent supplémentaire grâce à un flexi-job ont entre 25 et 30 ans.
Si l'on tient compte du nombre de personnes dans chaque groupe d'âge, c'est chez les plus de 60 ans que le régime connaît le plus de succès.