"Les communes sont pressées comme des citrons"

Les communes, telles des citrons pressés, ne peuvent rester insensibles aux charges financières en tous genres qu'on leur impose sans coup férir", lançait (à l'adresse du fédéral) samedi à Namur, Roland Marchal, maïeur de Gerpinnes et initiateur du "Forum des bourgmestres de Wallonie"

S.L.

Les communes, telles des citrons pressés, ne peuvent rester insensibles aux charges financières en tous genres qu'on leur impose sans coup férir", lançait (à l'adresse du fédéral) samedi à Namur, Roland Marchal, maïeur de Gerpinnes et initiateur du "Forum des bourgmestres de Wallonie". Avant l'ouverture, 200 échevins et bourgmestres ont manifesté dans la capitale régionale et distribué les agrumes jaunes qui symbolisent leur mal-être. "L'Etat fédéral doit prendre ses responsabilités endéans le mois afin de prévenir toute aggravation de la situation", a ajouté M. Marchal. Des bourgmestres étaient volontairement absents. Comme le député Daniel Bacquelaine (PRL), qui se dit "contre le principe qui consiste à dire que les difficultés n'ont qu'une seule cause". Le maïeur de Chaudfontaine (qui présente un budget en boni de 7 millions) refuse "que les problèmes réels se transforment en primes à la mauvaise gestion. Si des cadeaux sont octroyés aux communes mal gérées, ce sont les autres qui payent".

"CONTRE-MANIFESTATION" DES ALR

Les bourgmestres n'étaient pas seuls dans les rues de Namur. Des travailleurs des administrations locales et régionales (ALR) les attendaient de pied ferme, en scandant: "Des sous pour nous, pas toujours pour vous"

, "non au refinancement des communes avec l'argent des provinces". "Nous refusons d'être les otages des problèmes financiers des communes", ont indiqué ces travailleurs, qui attendent toujours une convention collective sectorielle. Ils réclament: revalorisation des petits barèmes, réduction collective du temps de travail à 35 h avec embauche compensatoire, et respect du statut de la fonction publique locale par la nomination généralisée des agents. Dans le cadre du Forum qui a suivi, le ministre-président wallon, Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), a réclamé le "réalisme" : "Ces revendications se chiffrent en milliards. Accorder cela serait un coup de grâce pour les finances communales qui connaissent déjà beaucoup de problèmes".

Van Cau et le ministre des Affaires Intérieures, Charles Michel (PRL), ont promis aux maïeurs de défendre les intérêts des villes et communes, mardi, à la réunion interministérielle sur les finances communales. Le ministre-président a en outre promis que le refinancement des communes serait abordé au niveau régional, tout en demandant au monde municipal "d'aussi faire un effort". M. Michel a, quant à lui, rappelé que 4 pistes seront défendues devant le gouvernement fédéral: disparition de la "taxe" de 3 pc pour frais administratifs prélevée par l'État quand il verse aux communes les centimes additionnels, réductions de cotisations sociales similaires à celles des employeurs privés, abaissement de la TVA à 6 pc sur les travaux de construction et rénovation du patrimoine communal, réduction des délais de restitution des centimes additionnels. Van Cau a encore plaidé l'union, devant les 250 bourgmestres et échevins. "Il ne faut pas aborder maintenant des problèmes comme celui des petites communes et des grandes villes. Évitons de mettre le ver de la division dans le fruit de la discussion".

PRL: ÉTALER CERTAINES MESURES

De son côté, vendredi, le président du PRL, M. Ducarme, rencontrait les mandataires libéraux wallons. Il a rappelé que la réforme des polices devait être financièrement "indolore"

pour les communes. Et a invité le fédéral à suivre l'appel, dans ce but, du ministre de l'Intérieur: M.Duquesne (PRL) souhaite un complément d'1,2 milliard au budget déjà initial de la réforme des polices (18,4 milliards).

Il a aussi été question des charges financières dues à l'augmentation des traitements des mandataires communaux. Des députés libéraux déposent ce lundi une proposition de loi visant à étaler l'effet de cette mesure sur 5 ans, pour les communes qui le souhaitent.

(avec BELGA)

© La Libre Belgique 2001

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