Le "Lion flamand" fait le tour de Bruxelles à vélo

En pleine crise entre Flamands et francophones, des milliers de cyclistes venus de toute la Flandre parcouraient dimanche la banlieue verte de Bruxelles pour affirmer le "caractère flamand" de ce petit coin disputé de Belgique.

AFP
Le "Lion flamand" fait le tour de Bruxelles à vélo
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En pleine crise entre Flamands et francophones, des milliers de cyclistes venus de toute la Flandre parcouraient dimanche la banlieue verte de Bruxelles pour affirmer le "caractère flamand" de ce petit coin disputé de Belgique, a constaté un journaliste de l'AFP. Les plus courageux, arborant pour certains un maillot jaune frappé du lion noir, symbole de la Flandre, sont partis dès 07H00 du matin pour le 27e "Gordel" (la "Ceinture", en néerlandais), un parcours de 140 kilomètres faisant de tour de la capitale belge qui revêt cette fois un caractère plus politique que jamais. Des parcours cyclistes plus modestes et des randonnées pédestres avaient attiré de nombreuses familles flamandes dans cette région souvent méconnue des Belges.

Comme de nombreux participants rencontrés sur le parcours, Elke, une jeune femme d'une trentaine d'années, estime que la journée est avant tout "familiale, sportive et ludique". Mais elle ajoute qu'il "faut que les Flamands montrent qu'ils existent", notamment dans cette banlieue verte aux paysages breughéliens, où les grosses fermes brabançonnes se noient dans de petites collines et où quelque 150.000 francophones se sont installés au milieu de 800.000 Flamands.

Le sort des francophones de la périphérie est l'un des principaux points sur lesquels butent les partis qui négocient la formation d'un gouvernement depuis les élections du juin, plongeant la Belgique dans une crise politique d'une profondeur inédite. Si la capitale belge est à 80% francophone, sa grande banlieue fait depuis 1963 partie de la Flandre. Depuis lors, et malgré la présence de nombreux francophones, elle a pour seule langue officielle le néerlandais.

Cette partie de la province du Brabant flamand garde toutefois un lien avec le monde francophone puisque, pendant les élections, les francophones peuvent voter pour des candidats bruxellois. En outre, dans les six communes de la périphérie où les francophones sont majoritaires, ceux-ci peuvent s'adresser à l'administration en français. Au départ du Gordel dimanche, Bart De Wever, le président du petit parti indépendantiste NVA, l'un des négociateurs flamands les plus "durs", a répété qu'il exigeait la fin de ces "facilités linguistiques" accordées aux francophones, sans élargissement compensatoire de la taille de la région de Bruxelles comme le suggèrent les francophones.

"Ce sont des gens de Bruxelles ou de Wallonie qui se sont installés dans une région qui était unilingue. Ils le savaient. La première chose à faire, c'est d'apprendre la langue. Chacun est le bienvenu s'il a la politesse de s'adapter", a déclaré M. De Wever avant d'enfourcher son vélo.

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