Louis Dubois, la foi avant les honneurs

Il avait reçu le titre de chanoine mais n'aimait pas qu'on l'interpelle par ce titre pompeux aussi hors du temps qu'héritier d'une Eglise hiérarchique et hiératique dans laquelle il ne se reconnaissait pas. Louis Dubois, l'abbé Dubois donc..., qui est décédé dans la nuit de vendredi à samedi, à l'âge de 77 ans, c'était d'abord une voix.

christian laporte
Louis Dubois, la foi avant les honneurs
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évocation

Il avait reçu le titre de chanoine mais n'aimait pas qu'on l'interpelle par ce titre pompeux aussi hors du temps qu'héritier d'une Eglise hiérarchique et hiératique dans laquelle il ne se reconnaissait pas. Louis Dubois, l'abbé Dubois donc..., qui est décédé dans la nuit de vendredi à samedi, à l'âge de 77 ans, c'était d'abord une voix. Celle qui commenta avec une grande ouverture d'esprit à l'égard de ceux qui n'avaient pas nécessairement ses convictions, les messes radio de la RTBF de 1970 à 2002. Comme le souligne le théologien José Reding, c'était "un passeur de frontières" qui aimait faire partager sa vision de l'Evangile, centrée sur le souci prioritaire des écorchés de l'existence. Sa vision de l'Eglise allait dans la même direction. Il le montra dans l'exercice de son métier principal, au Petit séminaire de Floreffe. Il y était entré comme surveillant en 1955 avant d'en devenir successivement le préfet, de 1963 à 1967, puis le (dernier) supérieur de 1967 à 1994.

Sous son impulsion, l'école entra de plain-pied dans la modernité et tint compte des (r) évolutions culturelles.

Le temps des cerises

Homme de communication - il fut aussi critique littéraire à "Vers l'Avenir" - Louis Dubois eut l'audace d'accueillir sur le site de l'abbaye le très alternatif festival du "Temps des cerises" dans la seconde moitié des années 70. Une initiative qui fit grincer les dents des "bien pensants" dans la région de Namur; mais l'abbé Dubois y voyait une manière de se mettre au diapason de la jeunesse.

Il avait aussi vécu avec bonheur l'assemblée diocésaine de Nassogne et ce n'est pas un hasard si on le retrouva parmi les promoteurs d'une pleine page de journal de remerciements aux deux évêques, Mgrs Mathen et Musty qui en furent les animateurs.

Il fut aussi l'un des opposants à la désignation de Mgr Léonard dans laquelle il voyait un recul par rapport à ce synode. Secrétaire du conseil presbytéral, l'abbé allait affronter régulièrement le nouvel évêque. Un combat où il put compter sur nombre de doyens et de curés mais qui le mit dans le collimateur de l'évêque, lequel l'inclut même dans son fameux pastiche de Brassens où il réglait des comptes avec un certain nombre de journalistes.

Qu'à cela ne tienne, Louis Dubois ne renonça pas à la voie qu'il estimait devoir suivre et il s'investit encore comme secrétaire de rédaction du magazine mensuel "L'appel". Comme le précise son rédac-chef, Frédéric Antoine, "Louis Dubois avait accepté d'accueillir dans les murs de son collège nos réunions de rédaction, de participer à l'équipe et d'en devenir secrétaire de rédaction. A l'heure où d'autres partent en retraite, il avait appris le journalisme sur le tas. Avec brio et humour..."

Jusqu'il n'y a guère, il y livrait encore ses commentaires très personnels des évangiles. Car Louis Dubois, c'était aussi une plume...

Les funérailles de Louis Dubois auront lieu ce mercredi 31 octobre à 10 h 30 en l'église abbatiale de Floreffe.

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