Une victime veut "briser le silence"

Trente-six ans ont été nécessaires à Gabriel Frippiat pour qu'il puisse s'ouvrir des abus sexuels dont il dit avoir été victime quand il était élève au petit séminaire de Bastogne. Et, jeudi, cet homme de 52 ans,originaire de Saint-Denis (La Bruyère) a franchi un nouveau pas. Il s'est constitué partie civile auprès du juge d'instruction bruxellois Wim De Troy, qui enquête sur des faits de pédophilie commis par des prêtres et sur leur éventuelle couverture par la hiérarchie de l'Eglise. Il a été reçu par le juge : "Un homme intègre, remarquable d'humanité, qui ne prend pas parti", dit-il.

J. La.

Trente-six ans ont été nécessaires à Gabriel Frippiat pour qu'il puisse s'ouvrir des abus sexuels dont il dit avoir été victime quand il était élève au petit séminaire de Bastogne. Et, jeudi, cet homme de 52 ans,originaire de Saint-Denis (La Bruyère) a franchi un nouveau pas. Il s'est constitué partie civile auprès du juge d'instruction bruxellois Wim De Troy, qui enquête sur des faits de pédophilie commis par des prêtres et sur leur éventuelle couverture par la hiérarchie de l'Eglise. Il a été reçu par le juge : "Un homme intègre, remarquable d'humanité, qui ne prend pas parti", dit-il.

Gabriel Frippiat avait 13 ans lors de premiers abus commis par ce prêtre, qui, précise-t-il, s'occupe toujours de paroisses dans la province de Namur. "Cela paraissait un chouette gars au départ, il jouait au football avec nous. Et de manière insidieuse, cela a changé", dit M. Frippiat. Les faits se sont poursuivis l'année scolaire suivante. "Cela vous marque à vie. Il n'y a pas une semaine sans que je n'y pense", explique-t-il. Ce n'est qu'à 49 ans qu'il s'est ouvert à sa compagne. Trop tard pour que les faits ne soient pas frappés par la prescription. "Mais il faut tout un temps pour pouvoir parler de ce que l'on a subi", explique-t-il. Il pense que le prêtre a pu continuer à sévir.

Il y a quelques mois, il a téléphoné à la Commission Adriaenssens mais n'a pas poursuivi les contacts. Le week-end dernier, il a rencontré d'autres victimes de prêtres pédophiles : "J'ai vu des hommes définitivement détruits", dit-il. "Je veux réparation", répète M. Frippiat. Avec sa plainte, il espère aussi soulever la "chape de plomb" qui existe selon lui encore en Wallonie sur les faits de pédophilie commis par des prêtres.

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...