Intempéries: la protection civile à pied d'oeuvre
La circulation est redevenue normale sur la quasi-totalité du réseau routier belge, mardi après-midi, après les violentes intempéries qui ont touché la Belgique mardi matin, provoquant de nombreux embarras de circulation, a indiqué le Centre Perex. L'heure est au constats et aux nettoyages.
- Publié le 23-08-2011 à 15h57
- Mis à jour le 23-08-2011 à 18h38

La circulation est redevenue normale sur la quasi-totalité du réseau routier belge, mardi après-midi, après les violentes intempéries qui ont touché la Belgique mardi matin, provoquant de nombreux embarras de circulation, a indiqué le Centre Perex. Les trois quarts des tunnels de la petite ceinture bruxelloise avaient été fermés dans la matinée à cause des inondations. A 15 heures, seul le tunnel Louise était inaccessible, en raison d'un accident.
Les problèmes d'inondations, rencontrés sur de nombreuses autoroutes du pays se sont résorbés en début d'après-midi, et sont désormais jugulés sur la quasi-totalité du réseau.
De nombreuses sorties d'autoroutes ont été temporairement fermées: c'était notamment le cas sur la E40 à hauteur de Bertem, sur le E411 à hauteur de Wavre, sur la E19 à hauteur d'Arquennes, sur la E429 à hauteur de Tubize et sur la E42 à hauteur de Blaton.
La police d'Uccle a également confirmé que la situation rentrait dans l'ordre dans cette commune bruxelloise, particulièrement touchée par les trombes d'eaux qui se sont abattues dans la matinée.
La Protection civile à pied d'oeuvre dans le Hainaut et en Brabant flamand
Deux des six unités opérationnelles de la Protection civile, basées à Ghlin (Hainaut) et Liedekerke (Brabant flamand), sont surchargées depuis mardi matin à la suite des fortes pluies qui se sont abattues sur le pays. Les unités de Jabbeke et de Brasschaat ont apporté leur aide, tandis que celle de Ghlin a rappelé des volontaires et professionnels, indique la Direction générale Sécurité civile du SPF Intérieur. La Protection civile vient en aide aux personnes confrontées à des inondations dans leur habitation, mais aussi dans les entreprises et les écoles touchées.
A Montignies-sur-Sambre (Hainaut), l'eau est montée de 1,8 mètre dans une menuiserie. L'école hôtelière de Marcinelle a également été inondée. A Mons, des bâches ont été fixées sur le toit de l'école des Ursulines, après que celui-ci eut été détruit par un incendie dû vraisemblablement à la foudre.
A Drogenbos (Brabant flamand), les opérations de pompage sont en cours pour vider des caves. Plusieurs services communaux et d'incendie (Affligem, Roosdaal, Hal, Asse, Lennik et Uccle) sont allés chercher des sacs de sable à Liedekerke pour les distribuer à la population.
A Aarschot, les sacs de sable proviennent de l'unité de Brasschaat. La Protection civile est également intervenue en région bruxelloise, notamment à Woluwe-Saint-Pierre, pour pomper l'eau des caves.
Une autre équipe se chargera d'évacuer des boues dans l'après-midi à Bertem (Brabant flamand). A Herne et Malderen, des bâches ont encore été posées sur des toits endommagés par des incendies provoqués par la foudre.
Une crèche de la commune de Herent en Brabant flamand a dû être évacuée mardi matin à la suite du violent orage qui s'est abattu sur la région, a indiqué la police locale. Les eaux avaient en effet envahi les caves du bâtiment entraînant une panne d'électricité. Les services de secours aidés du personnel de l'établissement ont averti les parents de la vingtaine d'enfants présents afin qu'ils viennent rechercher leur progéniture. Ailleurs dans la commune, les intempéries ont aussi causé des embarras. Plusieurs rues ont ainsi été inondées et fermées à toute circulation par la police. La situation est rentrée dans l'ordre peu après la mi-journée.
FWA: "les champs à nu ne sont pas les seuls responsables"
A la suite des intempéries de mardi, la Fédération Inter-Environnement Wallonie pointe du doigt l'évolution des pratiques agricoles pour expliquer la récurrence des coulées boueuses qui affectent de nombreuses régions en Belgique. La fédération wallonne de l'agriculture (FWA) reconnaît que le labour des champs peut contribuer, dans certains cas, à l'érosion des sols. Mais les agriculteurs aménagent de plus en plus leurs terrains et les inondations ont aussi d'autres causes, selon la FWA. "La réimplantation de haies est encouragée depuis quelques années pour lutter contre les inondations", déclare Alain Masure de la FWA. "Les agriculteurs aménagent aussi des bandes enherbées en bas des terrains en pente et labourent perpendiculairement à la pente pour retenir les écoulements de boue."
Mais il faut aussi tenir compte d'autres facteurs pour expliquer les inondations, selon M. Masure. "Dans les lieux situés dans des cuvettes, les voiries et les constructions en zone inondables peuvent aussi aggraver les dégâts", précise-t-il.
En fin d'été, les récoltes ont souvent eu lieu et les champs se trouvent alors à nu. Ces terres vierges se transforment parfois en torrents de boue quand elles sont balayées par des orages très violents et des fortes pluies.
Taux de remplissage exceptionnel des bassins d'orage bruxellois
Les bassins d'orage gérés par la Région bruxelloise ont enregistré un taux de remplissage exceptionnel pendant les intempéries qui se sont abattues sur le pays au cours de la nuit dernière, a indiqué mardi le cabinet de la ministre bruxelloise de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck. La Société Bruxelloise de Gestion des Eaux (SBGE) a en charge 5 bassins.
Le bassin "Belliard" a été rempli à 93 pc, le bassin "Watermaelbeek" à 92 pc, le bassin "Roodebeek" à 100 pc, le bassin "Flagey" à 100 pc et le nouveau bassin "Forest" à 27 pc.
A titre de comparaison, en cas d'orage habituel, le bassin "Flagey" enregistre un taux de remplissage variant de 40 à 60 pc. Selon le cabinet de la ministre, il faut certainement remonter à 2009 pour retrouver de tels niveaux.
Le cabinet de la ministre a également annoncé la construction d'un nouveau bassin à Jette, dans le Parc de la Jeunesse. Le collège communal a marqué son accord sur le projet et le conseil communal devrait se prononcer à son tour à la rentrée.
Ce bassin, d'une capacité d'environ 50.000 m3, permettra de soulager le quartier Bockstael et la commune de Molenbeek. Le chantier devrait commencer en 2013. Le coût de l'investissement oscillera entre 35 et 40 millions d'euros. L'aménagement de cette infrastructure achèvera de la sorte le volet du plan pluies du gouvernement bruxellois consacré aux bassins d'orage.
Lancement du plan catastrophe à Hal
Après le violent orage et les fortes pluies de mardi, la ville de Hal a pris la décision de lancer essentiellement de manière préventive son plan catastrophe. Le centre- ville, mais aussi les entités de Lembeek, Buizingen et Essebeek sont confrontés à des inondations. Durant l'orage, la ville a également connu une panne électrique qui a, depuis, été résolue. L'orage a sévi sur Hal vers 09h30. Durant un temps bref, une très forte pluie s'est abattue sur la commune. Les égouts ont débordé et la ville inondée en peu de temps, notamment autour de la Bergensesteenweg. On fait état aussi d'affaissement de route et de talus, de glissements de terrain et d'arbres arrachés. Vers midi, la situation semblait s'être stabilisée.
BRUXELLES
La caserne centrale des pompiers a reçu un bon millier d'appels pour des interventions sur Bruxelles même et dans la périphérie, a rapporté mardi Pierre Meys, porte-parole des Pompiers de Bruxelles. Jusqu'à présent, aucun blessé n'est à déplorer et les intempéries n'ont pas provoqué d'accidents graves. Dès 08h00, la centrale téléphonique des pompiers bruxellois a été prise d'assaut et une douzaine d'équipes d'intervention ont été dépêchées sur le terrain, a expliqué Pierre Meys.
Les pompiers sont principalement intervenus pour des caves inondées ainsi que des carrefours et tunnels sous eau. Les tunnels de la Petite Ceinture ont été fermés le temps des interventions. Les dix-neuf communes bruxelloises sont concernées par les pluies torrentielles mais celles d'Uccle, de Watermael-Boitsfort et de Woluwe-Saint-Pierre ont été les plus touchées par les intempéries.
Le musée Magritte qui abrite les oeuvres du peintre surréaliste belge a été fermé mardi pour la journée à la suite des récents orages qui se sont abattus sur Bruxelles, indiquent les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique dans un communiqué. De l'eau s'est en effet infiltrée mais aucune oeuvre n'a été endommagée, tiennent à préciser les Musées. Plusieurs oeuvres du musée d'Art ancien, parmi lesquelles des tableaux d'Evaristo Baschenis, d'Hendrick van der Mij, de Jérôme Bosch ainsi qu'un tableau d'un suiveur de Jusepe de Ribera, ont également été retirées temporairement des cimaises. Les personnes ayant acheté un ticket d'entrée à l'avance seront remboursées.
HAINAUT
Les intempéries ont touché la région de Thuin et la botte du Hainaut dans la nuit de lundi à mardi. Elles n'ont pas fait de victimes, mais ont provoqué de très nombreux appels des pompiers. Le dancing "La locomotive" à Barbençon a notamment été touché par la foudre et des coulées de boue ont été constatées dans la région de Thuin. Dans la région couverte par les pompiers de Beaumont, les hommes du feu ont notamment dû se déplacer à Barbençon, où le dancing "La locomotive", situé rue du Pavé, a été frappé par la foudre. La toiture est partie en fumée tandis que l'établissement était vide.
Aucun autre bâtiment n'a été atteint et la matinée de mardi a été calme. Dans la zone couverte par les pompiers de Thuin, les pluies abondantes ont provoqué des coulées de boue dans plusieurs localités.
Le village de Thuillies a été particulièrement atteint durant la nuit et plusieurs voitures ont été immobilisées par les crues d'eau. On ne comptait plus le nombre de caves inondées et d'égouts incapables d'absorber les masses d'eau.
LIMBOURG
Après la région de Charleroi et l'est du Brabant wallon, les orages de la nuit de lundi à mardi ont fortement touché le Limbourg. Les pompiers de Hasselt et de Genk ont été appelés pour les inondations et coups de foudre. Leurs collègues de Bree sont intervenus pour un toit en flammes, touché par la foudre.
Nombre de Limbourgeois n'auront pas manqué de se rappeler la violente tempête de jeudi, qui a coûté la vie à quatre festivaliers du Pukkelpop.
La situation se stabilise dans l'Est du Brabant wallon
L'alerte de crue décrétée mardi matin sur la Petite Gette en raison des fortes pluies qui se sont abattues lundi soir et mardi matin sur l'Est du Brabant wallon, a été levée vers 12h15, indiquent les pompiers de Jodoigne qui s'activent toujours sur le terrain des inondations. Plus de trente litres de pluie sont tombés par mètre carré dans l'Est du Brabant wallon, rien que durant la soirée de lundi. Mardi matin, de nouvelles précipitations se sont abattues sur la région, provoquant une rapide montée des eaux des rivières. Au point qu'une alerte de crue a été décrétée sur la Petite Gette. "Celle-ci a été levée ce mardi en début d'après-midi, la situation reste stable depuis", expliquent les pompiers de Jodoigne qui restent cependant très mobilisés. Trente-quatre pompiers jodoignois ainsi que des renforts des pompiers de Gembloux et d'Eghezée se trouvent toujours sur le terrain. Ils travaillent essentiellement à des nettoyages de voiries encombrées par la boue dans les localités d'Orp-Jauche, Hélécine, Piétrain, Zétrud-Lumay, Mélin, Sainte-Marie-Geest, Saint-Jean-Geest ou encore Herbais.
NAMUROIS
L'arrondissement de Dinant a été relativement épargné par les violents orages. Les pompiers de Couvin ont réalisé une vingtaine d'interventions à la suite des intempéries qui ont eu lieu durant la nuit de lundi à mardi, dont une quinzaine de vidanges de caves. La foudre a provoqué l'incendie d'une habitation à Presgaux. De nombreuses caves ont dû être vidangées, notamment à Couvin, Dailly et Frasnes-lez-Couvin. Mardi vers 0h45, les pompiers de Couvin ont reçu un appel leur signalant que la foudre s'était abattue sur une habitation de la rue Emile Noël, à Presgaux. Les dégâts sont importants, indiquent-ils.
Les pompiers de Sambreville débordés
Caves et routes inondées, cheminées qui menacent de s'effondrer, écoulements de boue: les communes de Sambreville, Sombreffe et Jemeppe-sur-Sambre ont été fortement touchées par les intempéries dans la nuit de lundi à mardi. Le reste de la province de Namur a connu peu de dégâts. Une maison a été touchée par la foudre à Falisolle. Aucun incendie ne s'y est déclaré, mais des briques menaçaient de s'écrouler, selon les pompiers de Sambreville.
Les services de sécurité de Sambreville ont mené une quinzaine d'interventions dans leur zone depuis lundi soir. Ils étaient encore submergés d'appels mardi matin.
Dans le reste de la province de Namur, par contre, les intempéries ont causé peu de dégâts. A Eghezée, Gembloux et Namur, les pompiers sont intervenus entre deux et quatre fois par zone dans la nuit de lundi à mardi. Les appels concernaient des caves et des routes inondées "sans gravité", signalent les services de secours.
CHARLEROI
Les pompiers de Charleroi sont encore à pied d'oeuvre, mardi matin, après avoir reçu plus de deux cents appels depuis le début de l'orage qui s'est abattu sur la région, lundi vers 23h. La région la plus touchée a été celle de Nalinnes/Ham-sur-Heure. Aucune victime n'est à déplorer. Le plan communal a été déclenché à Ham-sur-Heure et n'a été levé que vers 4h du matin. Les dégâts ont été particulièrement importants dans la commune et notamment sur la place communale, où une dizaine de voitures ont été immobilisées par les eaux. Une coulée de boue s'est déversée sur la rue de Bomerée, où un poteau est tombé sous la force du torrent.
La majorité des appels concernaient des caves inondées. Les pompiers de Charleroi, qui y ont oeuvré toute la nuit, sont encore sur place mardi matin. Le sud de Charleroi a été le plus touché, notamment les communes de Montigny-le-Tilleul, Châtelet, Gilly et Marcinellle, indique le porte-parole des pompiers de Charleroi, Michel Méan.
Le serveur électronique du Forem à Charleroi hors service
Les violents orages qui ont frappé la région de Charleroi ont eu raison du serveur électronique du Forem, dont le siège est situé dans la métropole sambrienne, a indiqué mardi la porte-parole de l'Office régional wallon de l'emploi.
Le site internet du Forem n'est plus accessible, de même que les bases de données dont se servent les conseillers. Des techniciens sont actuellement à pied d'oeuvre pour remettre le serveur en état de marche. Les opérations de réparation devraient durer toute la journée de mardi.
L'orage a également mis hors service toute la téléphonie du siège et des bureaux de Charleroi.
TOURNAI
La foudre s'est abattue à deux reprises mardi matin sur l'entité Antoing, près de Tournai. Une maison a été touchée à Maubray et un home pour handicapés a été détruit à Bruyelle. Aucune victime n'est à déplorer. De violents orages ont éclaté depuis 6h30 dans le Tournaisis. Des pluies diluviennes, parfois suivies de chutes de grêles, sont tombées sur la région. Paradoxalement, les pompiers de Tournai n'ont enregistré aucune demande d'intervention pour des inondations. Les faits les plus graves se sont produits vers 6h45 dans l'entité d'Antoing. Les pompiers sont d'abord intervenus à la rue du Haut Bout à Maubray, où la foudre est tombée sur le toit d'une habitation. Entièrement embrasée, la toiture a été détruite. Le reste de l'habitation a été préservée. Les dégâts en eau et en fumée sont néanmoins conséquents.
Peu après cette première intervention, les pompiers d'Antoing et de Tournai sont intervenus à la chaussée de Tournai, à Bruyelle, où le home dépendant de l'institution tournaisienne "Les Saulchoirs" était en feu. Ici aussi, la foudre est à l'origine de l'incendie. Cinq véhicules d'intervention ont été dépêchés sur les lieux. Ce home accueillant 24 personnes handicapées adultes, le bourgmestre d'Antoing, Bernard Bauwens, a déclenché le plan d'urgence communal.
Les bâtiments étaient en fait vides, les pensionnaires étant actuellement en voyage. Le plan communal a donc pu être levé. Les pensionnaires, qui devaient revenir ce mardi à Antoing, devront être relogés. Inauguré il y a un an, le home a été entièrement détruit.
IRM: 12.000 impacts de foudre au sol, "un nombre relativement banal" Selon les estimations de l'Institut Royal Météorologique belge, environ 12.000 impacts de foudre au sol, et quelque 75.000 décharges intra-nuages ont frappé la Belgique entre lundi 20 heures et mardi 12 heures. "Ce chiffre n'est pourtant pas exceptionnel. Plusieurs cellules orageuses se sont succédées durant un grand laps de temps, et c'est ce qui a donné cette impression inhabituelle. Pourtant, chaque cellule comportait un nombre d'impacts relativement banal", a précisé un météorologue de l'IRM. Concernant les trombes d'eau qui se sont abattues sur le pays, l'Institut attend la collecte de toutes les données avant de se prononcer. " Nous avons installé un pluviomètre à Uccle, à 8h du matin. Trois heures trente après, nous avons constaté une chute de 42,3 litres d'eau par mètre carré. Il est cependant trop tôt pour déterminer des zones de calamité", a précisé un climatologue de l'IRM, ajoutant que la quantité d'eau qui était tombée à Bruxelles mardi matin était toutefois exceptionnelle.
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