Tueurs du Brabant: pourquoi la justice a libéré Jean-Marie Tinck?
Le cas Tinck reste bien troublant. Le suspect des tueries du Brabant a été libéré sans conditions. Explications.
- Publié le 10-07-2014 à 19h16
- Mis à jour le 11-07-2014 à 08h34

Le suspect des tueries du Brabant a été libéré sans conditions.La libération de Jean-Marie Tinck, accordée hier sans conditions par la chambre des mises en accusation de Mons, signe-t-elle la fin de cette piste dans les tueries du Brabant ? Non. Dans leur arrêt, les magistrats montois ont simplement dit hier qu'il n'y avait "à ce jour pas d'indices suffisants" de culpabilité pour le maintenir en détention.
Mais cela montre que, depuis l'arrestation de cet homme de 68 ans, le 12 mai dernier, les enquêteurs n'ont guère pu recueillir de nouveaux éléments à sa charge. Or, il faut, au fil de la détention, un renforcement des indices de culpabilité pour maintenir un individu en détention préventive.
Aujourd'hui libre, Jean-Marie Tinck peut entrer en contact avec qui il le désire. Ce que ne souhaitait pas le parquet général qui avait notamment justifié son réquisitoire de maintien en détention par le risque de collusion avec des tiers.
Avec cet arrêt, la chambre des mises accrédite, d'une certaine manière, la position de Tinck. Depuis son arrestation, Jean-Marie Tinck ne conteste pas s'être vanté à plusieurs reprises d'avoir été un des tueurs du Brabant.
Ses confidences ont été faites, au fil du temps, à différentes personnes. Et celles-ci étaient plus que troublantes.
Jean-Marie Tinck avait ainsi déjà affirmé en 1997 qu'un des auteurs de la tuerie d'Overijse - qui a fait cinq morts le 27 septembre 1985 - n'avait pas accepté qu'un adolescent ait alors été tué gratuitement. Ses complices l'avaient alors exécuté en raison de cette opposition. Cet élément n'était apparu en cours d'enquête qu'en 2003. Il avait conduit à des fouilles - infructueuses - en 2004 dans le bois de la Houssière.
Initialement, après son arrestation, Jean-Marie Tinck avait dit qu'il n'avait pas tenu ces propos. Devant l'accumulation des témoignages, il avait indiqué le mois dernier qu'il avait été informé de cette exécution par la presse.
Ce qui, avait pu prouver la justice, était bien sûr impossible. Tinck, qui dit qu'il fanfaronnait, parle maintenant d'une "coïncidence". Ce qu'a donc accepté la chambre des mises en accusation de Mons. "C'est positif pour lui, c'est clair", admet une source judiciaire.
D'autres devoirs seront menés au sujet de Tinck - et d'autres personnes - qui était loin d'être un enfant de chœur. De plus, un témoin entendu sous hypnose a permis la confection du portrait-robot 17. Cet homme au bonnet avait été vu lors du vol de l'Austin qui servira pour voler une autre voiture avec laquelle les tueurs attaqueront l'armurerie Dekaise en 1982. Ce portrait ressemble beaucoup à Tinck. Mais cela reste un portrait-robot…
