Dans les écoles, l'inclusion des élèves présentant des besoins spécifiques n'est pas encore un réflexe
- Publié le 22-02-2018 à 10h47
- Mis à jour le 22-02-2018 à 10h54

En Communauté française, l'inclusion dans l'enseignement ordinaire des élèves qui présentent des besoins spécifiques est un réel souci. En Europe, l'enseignement belge francophone est même un des enseignements les moins inclusifs. Pour beaucoup, il envoie trop vite et trop facilement les élèves dans l'enseignement spécialisé.
Selon les derniers chiffres en la matière, les effectifs de l'enseignement spécialisé sont d'ailleurs en constante augmentation. En 2014-2015, il accueillait 4 % des élèves inscrits en Communauté française.
Des classes français-langue des signes
Depuis deux ans cependant, des efforts sont faits en la matière, notamment pour répondre à une convention de 2009 des Nations unies sur les droits des personnes handicapées.
En 2016, un décret a ainsi étendu jusqu'à la fin du secondaire la possibilité d'intégrer des enfants sourds et malentendants dans l'enseignement général. Cette inclusion spécifique se fait par le biais de classes bilingues "français-langue des signes" où des enfants sourds sont intégrés dans des classes d'enfants entendants.
Ces classes ont la particularité d'être animées par deux enseignants agissant de manière coordonnée, l'un donnant son cours en français et l'autre dans la langue des signes. En 2016, 50 élèves avaient déjà pu bénéficier de ce dispositif en maternelle et en primaire.
Une concertation entre les familles et les écoles
Plus largement, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé, en décembre dernier, une proposition de décret qui impose aux écoles de mettre en œuvre des "aménagements raisonnables" pour les élèves présentant des besoins spécifiques.
Ces aménagements qui peuvent être d'ordre matériel, organisationnel ou pédagogique devront désormais faire l'objet d'une concertation entre les acteurs concernés, prévient le décret.
Parmi les bénéficiaires potentiels de ces aménagements figurent notamment les élèves dits "dys-", les élèves présentant des troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité, les élèves à hauts potentiels, les autistes, mais aussi les élèves présentant un handicap physique, mental ou sensoriel.
En attendant que l'inclusion devienne un réflexe dans les écoles, force est cependant de constater que le parcours des enfants présentant des besoins spécifiques s'apparente encore souvent à celui d'un combattant. L'accueil qui leur est réservé reste inégal et dépend de la sensibilité des enseignants et des directions.