Le débat autour du tronc commun se poursuit de plus belle
- Publié le 22-03-2018 à 10h32
- Mis à jour le 22-03-2018 à 10h33

Ces derniers jours, différentes opinions appellent à le revoir. Mais pas pour les mêmes raisons.Le débat peut paraître technique, voire anecdotique. Il est pourtant l'un des plus intéressants que le monde de l'enseignement ait produit ces dernières années. Faut-il un tronc commun de cours pour tous les élèves (comme le prévoit le Pacte d'excellence) ? Et si oui, que faut-il y enseigner ? Pour quoi ? Et comment ? Derrière ces questions se cachent différentes conceptions de ce que doit être l'école.
Changer la société
Mardi, dans "La Libre", mille enseignants, doyens et recteurs s'inquiétaient dans une opinion ("LLB" du 20 mars) que le Pacte et la future formation des enseignants mettent à mal les connaissances disciplinaires. Ils appelaient à revoir le Pacte pour que l'école puisse mieux instruire les élèves qu'aujourd'hui. Sans une initiation exigeante aux apprentissages méthodologiques propres à chaque discipline, "il n'est pas d'interdisciplinarité possible", écrivaient-ils.
Ce mercredi, 750 citoyens, à l'initiative du mouvement de gauche "Tout autre école", ont envoyé une lettre à chaque parlementaire francophone (la lettre est disponible sur LaLibre.be). Ils prennent le contre-pied des précédents. Eux aussi appellent à revoir le Pacte, mais parce que les propositions de celui-ci restent, à leurs yeux, "trop engoncées dans la vieille tradition scolaire faite de découpages disciplinaires et de guerres de tranchées entre elles".
Pour ces signataires, le Pacte et le modèle d'école qu'il annonce ne permettront pas "l'avènement d'une tout autre humanité" plus solidaire, fraternelle, démocratique et égalitaire .
Les 750 signataires chargent donc l'école d'être un acteur fondamental de la transition sociétale (ce qui n'est pas absent derrière l'autre opinion). Mais pour y arriver, disent-ils, il est impossible de rester dans les modèles disciplinaires actuels. Malheureusement, pour 'Tout autre école", les propositions du Pacte "ne font pas rupture avec un projet éducatif qui consiste pour l'essentiel à préparer les individus à la lutte des places et à la recherche de la performance économique".
A côté de ces débats, l'ASBL "1Pact" continue d'appeler le gouvernement à revoir le Pacte pour lancer une réforme encore plus participative qui répondrait mieux, espèrent-ils, aux soucis du terrain.