De retour de vacances, Bart De Wever devra sortir de son silence
Des dossiers chauds et sensibles attendent le Premier ministre.

- Publié le 19-08-2025 à 06h33
Le Premier ministre Bart de Wever (N-VA) est de retour en Belgique, après des vacances passées en Afrique du Sud. Fini les safaris au milieu des éléphants et les sauts à l'élastique, le Premier ministre se remet au travail et une pile de dossiers chauds l'attend déjà.
Tensions sur la situation à Gaza
C'est probablement la question qui devrait occuper en priorité le gouvernement de Bart de Wever : la Belgique va-t-elle reconnaître l'État de Palestine ? En l'absence du Premier ministre, la commission affaires étrangères de la Chambre s'est réunie jeudi, en urgence, pour discuter de la situation à Gaza et de la position de la Belgique sur cette question épineuse, même au sein de la majorité. Une réunion, sans avancée majeure. Vooruit, le CD & V et Les Engagés demeurent pour une reconnaissance de l'État de Palestine. Le MR est toujours contre, du moins sans conditions préalables. La N-VA, et a fortiori le premier ministre, observe de son côté un silence religieux. Côté opposition, on s'indigne de l'absence du Premier ministre en commission, qui n'a pas écourté ses vacances pour l'occasion.
Malgré les tensions, une décision devra être prise dans les prochaines semaines. "Si l'on ne progresse pas sur la question de la reconnaissance de l'État de Palestine d'ici l'assemblée générale de l'ONU en septembre, il n'y aura bientôt plus rien à reconnaître", prévenait le Ministre des affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), jeudi en commission. À l'initiative du président français, Emmanuel Macron, les Nations unies débattront de la possibilité d'une reconnaissance de l'État de Palestine. Plusieurs puissances comme le Canada ou le Royaume-Uni ont déjà annoncé leur intention de se positionner en faveur de cette reconnaissance.
Reste également à trancher la question des possibles sanctions à l'encontre d'Israël, autre sujet de tensions au sein de la majorité fédérale.
Confection du budget fédéral
Outre les questions internationales, le Premier ministre devra aussi avancer sur les autres chantiers du gouvernement. Parmi eux, l'élaboration du budget pour l'année 2025-2026, attendu pour le discours du Premier ministre sur l'état de l'union à la Chambre prévu, constitutionnellement, pour le second mardi du mois d'octobre.
D'ici là, l'équipe De Wever devra donc plancher sur son budget, en suivant la trajectoire validée par la Commission européenne qui prévoit une réduction du déficit sous les 3 % d'ici 2029. Une trajectoire visant à assainir les finances publiques, tout en intégrant certaines dépenses, notamment dans la défense. La Belgique, comme les autres pays de l'OTAN, s'est engagée en juin à investir 5 % de son PIB dans la défense d'ici dix ans, soit un effort d'un peu plus de 30 milliards d'euros. Reste à décider comment financer ces investissements. Une des pistes évoquées – qui semble être la plus probable – est la vente d'actifs de l'État, sous forme de participations à certaines entreprises.
Le tout, en concrétisant le fameux "accord d'été", annoncé juste avant les congés, qui devrait faire l'objet de nouvelles discussions au sein du gouvernement.
Fusillades à Bruxelles
Autre dossier dans l'actualité ces dernières semaines : la recrudescence de la violence dans les rues de la capitale. Depuis le début du mois de juillet, au moins 22 fusillades ont eu lieu à Bruxelles – les deux dernières datent de samedi et dimanche – principalement dans les communes de Molenbeek-Saint-Jean et d'Anderlecht.
Mardi, lors d'une conférence de presse, le procureur du Roi de Bruxelles lançait un nouvel appel au gouvernement fédéral. D'après lui, le gouvernement "entend mais ne fait rien", et n'accorde pas les moyens supplémentaires "nécessaires" pour lutter contre le crime organisé. Sur le terrain, certains représentants locaux s'adressent eux aussi au fédéral, et demandent des mesures pour lutter contre l'insécurité dans les rues. Un sujet sur lequel le Premier ministre est resté, là aussi, silencieux. Il est pourtant à la tête de la task force ministérielle visant à lutter contre le trafic de drogue et la violence.