"J'espère qu'ils seront vite renvoyés dans leur pays" : Braine-le-Comte se déclare "ville antifasciste", un élu de la majorité crée la controverse
Un conseiller libéral a fait des commentaires sur les réseaux sociaux, lesquels n'ont pas échappé à un élu socialiste.
- Publié le 02-09-2025 à 19h21
- Mis à jour le 03-09-2025 à 10h15

Lundi soir, le conseil communal de Braine-le-Comte a voté à l'unanimité une motion déposée par l'opposition afin de reconnaître la commune comme "ville antifasciste". La résolution a été adoptée par les quatre familles politiques représentées.
Pour Sana Batik (PS), ce vote est un signal fort face aux discours de haine qui circulent en ligne. "Laisser installer la haine, c'est détruire la cohésion sociale", a-t-elle déclaré, dénonçant les propos racistes et homophobes qui se multiplient sur les réseaux sociaux. Le groupe Écolo a également soutenu la motion, s'inquiétant de la montée de l'extrême droite, particulièrement visible dans le nord du pays.
Des commentaires qui passent mal
Mais la séance a pris une tournure inattendue. Olivier Fiévez (PS) a interpellé la majorité : "C'est bien de voter cette motion que je soutiens. Toutefois, il faudrait aller plus loin, d'autant plus qu'un membre de la majorité like et commente des publications d'un élu du Rassemblement national."

L'élu en question est Christophe Decamps, ancien militaire, qui ne cache pas avoir réagi à une publication de l'ancienne ministre libérale Marie-Christine Marghem, dans laquelle apparaissait Guillaume Fleurquin, élu RN français. C'était le jour de la fête nationale à Tournai. "Je like et je partage les publications dans lesquelles des membres du MR sont concernés, comme le font les élus PS avec leur famille politique. Je n'ai aucune accointance avec le Rassemblement national et j'ai d'ailleurs oublié le nom de cet élu. Je suis pour la liberté individuelle et le vivre ensemble", répond-il.
Des propos en ligne qui interpellent
Ce week-end, Christophe Decamps a également commenté un article de la RTBF concernant l'expulsion de sans-papiers à Schaerbeek. À un internaute qui s'étonnait de voir des familles remises à la rue, il a écrit : "Oui, en effet, j'espère qu'ils seront vite renvoyés dans leur pays." À un autre qui se plaignait de tels propos, il a répondu : "Peut-être que le Belge en a marre de se faire taxer pour aider ceux qui ne méritent rien et ne suivent que le droit au lieu du devoir."
Des propos jugés choquants par certains, mais que l'élu nuance : "On ne peut pas occuper un bâtiment sans l'autorisation du propriétaire. Si ces personnes se retrouvent à la rue, il existe des associations pour les aider. Je refuse d'être catalogué comme xénophobe alors que je travaille avec des associations humanitaires en Afrique."

Sur sa page politique, Christophe Decamps a par ailleurs relayé un message du président du MR Georges-Louis Bouchez, réclamant l'expulsion de Saliha Raiss (PS Vooruit, Molenbeek), qui avait suscité la controverse ce week-end. "Sans préavis ! Elle devrait se faire éjecter un coup de pied au Q !" écrivait-il. L'élu brainois justifie sa réaction : "J'ai été choqué par les propos de cette élue. C'est elle qui a dit aux autres de dégager. "
"Incompatible avec une commune antifasciste"
Pour Olivier Fiévez, ces déclarations sont incompatibles avec le rôle d'un élu communal : "C'est un problème que le MR doit gérer en interne. Braine-le-Comte est une commune hospitalière, territoire de mémoire, et qui vient de signer cette motion à l'unanimité. Je ne vois pas comment cet homme peut siéger au conseil communal."
Du côté de la majorité, l'échevin Léandre Huart a promis une enquête interne. L'opposition socialiste estime néanmoins que Christophe Decamps ne peut plus représenter une commune qui se déclare antifasciste : "Il a rompu le serment qu'il a fait. Sa position est contraire au bien-vivre ensemble."
Cette polémique intervient alors qu'un autre élu MR de Seneffe, a récemment été épinglé pour une publication raciste visant les personnes noires, musulmanes et juives. Ses propos, effacés depuis, avaient été qualifiés de "maladresse". Ces dérapages nourrissent les critiques de ceux qui dénoncent un virage très à droite du Mouvement réformateur.