Comment Bruxelles compte adapter l'accompagnement des demandeurs d'emploi à la limitation des allocations de chômage dans le temps
Le gouvernement en affaires courantes a présenté mardi son plan d'action régional.

- Publié le 09-09-2025 à 19h08

Avec la réforme du chômage décidée par le gouvernement fédéral, près de 40 000 demandeurs d'emploi bruxellois devraient perdre leurs allocations de chômage, désormais limitées à un maximum de deux ans, en 2026 et 2027. Les autorités régionales, en charge de l'accompagnement des chômeurs, doivent s'adapter à cette nouvelle donne. Sur ce point, l'absence de gouvernement dans la région capitale complique les choses.
Le gouvernement Vervoort en affaires courantes a néanmoins adopté cet été un plan d'action, que le ministre de l'Emploi Bernard Clerfayt (Défi) a détaillé mardi, en compagnie des administrations régionales Actiris (Emploi) et Bruxelles Formation. Voici les principales mesures qu'il contient.
Contrôle de la disponibilité des chômeurs
Le contrôle de la disponibilité des chômeurs va être revu. La procédure actuelle, qui mobilise cinq évaluateurs distincts, est trop longue et trop complexe, soulignent les autorités. Pour certains demandeurs d'emploi, elle pourrait même se clôturer après la fin de leurs droits, rendant ainsi tout objectif de contrôle et d'accompagnement inutiles.
Le rythme d'accompagnement sera également modifié, afin de remobiliser les chercheurs d'emploi de 1 à 2 ans en amont de la fin de leur droit. Un premier rendez-vous sera fixé dans les quinze jours suivant l'inscription du chercheur d'emploi chez Actiris et un bilan de compétences (professionnelles, linguistiques et numériques) sera réalisé, qui débouchera sur un plan d'action individuel (PAI). Une proposition d'action (emploi, stage, formation, etc.) suivra au plus tard le 4e mois. Si un chômeur refuse de passer ce bilan, cela sera pris en compte par l'évaluateur dans le cadre du contrôle de la disponibilité.
Des convocations vraiment obligatoires
En outre, "afin de lutter contre le phénomène de no-show, les convocations seront rendues obligatoires", selon Bernard Clerfayt. Est-ce à dire qu'elles ne le sont pas à l'heure actuelle ? "Les convocations ont toujours été obligatoires. Mais dans les faits, il arrivait que certains chercheurs d'emploi ne se présentent pas. Chaque convocation donnera désormais lieu à un suivi systématique et potentiellement à une évaluation négative dans le cadre du contrôle de la disponibilité", répond son cabinet.
Dans le cadre du PAI, une formation pertinente sera systématiquement proposée au demandeur d'emploi. Ici aussi, un refus sera pris en compte dans le cadre du contrôle de la disponibilité.
De son côté, Bruxelles Formation va veiller à la création de filières parallèles de formation plus courtes et axées sur les métiers en pénurie, afin d'accélérer les transitions vers l'emploi.
Parallèlement, la Région renforcera la collaboration avec les CPAS pour faciliter la transition des chercheurs d'emploi en fin de droit, notamment via la mise à disposition de leur dossier, pour un accompagnement social continu.