Le "plan" du gouvernement pour sortir les internés de prison
Cela devrait aider à réduire (un peu) la surpopulation carcérale, sans pour autant résoudre le problème.

- Publié le 01-02-2026 à 10h49

En comité ministériel restreint (le kern), les ministres se sont mis d'accord ce vendredi sur un moyen de réduire (un peu), la surpopulation carcérale. Un "plan" présenté par le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), qui prévoit de sortir de prisons les personnes qui devraient normalement être internées.
Manque de place, toujours
En Belgique, faute de places dans les établissements psychiatriques médico-légaux, 1107 personnes se trouvent aujourd'hui en prison où ils ne reçoivent pas toujours les soins adaptés. Une situation pour laquelle la Belgique a été condamnée à de multiples reprises par la Cour européenne des droits de l'homme depuis 2012. Pour alléger la surpopulation carcérale (et respecter la loi) le ministre entend "offrir à plus de 1000 personnes internées une place hors des prisons d'ici 2029".
Mais où iront-elles ? Dans son plan, le ministre de la Santé prévoit notamment d'ouvrir davantage de places dans les centres de soins médico-légaux. "Nous avons créé 120 places supplémentaires via ces centres de soins, les habitations protégées et les lits upgradés qui seront opérationnelles dans le courant de l'année 2026", précise un communiqué envoyé par le cabinet de Frank Vandenbroucke. Ces places s'ajouteront à celles des nouveaux centres de psychiatrie légale, dont la construction a déjà été décidée il y a plusieurs années, mais peine à aboutir. Le ministre de la Santé annonce, par ailleurs, renforcer les capacités des équipes mobiles médico-légales avec, là aussi, 120 places supplémentaires.
Le plan de Frank Vandenbroucke prévoit également de prendre des mesures pour tenter de limiter les entrées des personnes internées, notamment en réduisant le nombre de décisions d'internement. "Malgré le développement d'une offre de soins supplémentaires, le nombre de décisions d'internement a continué d'augmenter, ce qui fait que les soins restent insuffisants", précise également le communiqué. À terme, le ministre de la Santé espère faire sortir ou éviter l'internement de près de 1500 personnes.
Suite des discussions la semaine prochaine
Mais cette mesure ne pourra pas, à elle seule, résoudre le problème de la surpopulation carcérale. Actuellement, les prisons belges dénombrent environ 13 500 détenus pour 11 000 places, ce qui force plus de 500 personnes à dormir sur des matelas au sol.
Depuis plusieurs semaines, cette question cristallise les tensions entre les partenaires de l'Arizona. Le CD&V réclame la possibilité de libérer les détenus proches de la fin de leur peine, sans quoi les centristes flamands bloquent le déploiement de militaires en rue pour lutter contre la criminalité liée au trafic de drogue, voulue par le MR. Les libéraux, eux, se montrent réticents à l'idée de libérer plus tôt certains détenus.
Pour sortir de cette impasse, le Premier ministre proposait cette semaine plusieurs solutions. Parmi elles, la grâce royale de 1300 personnes condamnées à 18 mois maximum qui figurent sur la liste d'attente pour entrer en prison. Ils purgeraient leur peine sous bracelet électronique. Une mesure à laquelle s'oppose la ministre de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V).