Diplôme, région, âge, genre… Qui sont les 168.063 personnes exclues du chômage?
L'Onem vient d'envoyer la cinquième vague de lettres d'avertissement sur la fin du droit au chômage. Quel est le profil des exclus ?

- Publié le 19-02-2026 à 12h31

"Fin de votre droit aux allocations de chômage : arrêt de vos allocations". Ainsi est sobrement intitulée la lettre que l'Office national de l'emploi (Onem) envoie aux personnes exclues du chômage suite à la limitation de la durée des allocations. Depuis le 1er janvier, les allocations de chômage sont en effet limitées à maximum deux ans. Et les allocations d'insertion (basées sur les études) à un an.
Depuis le 14 février, l'Onem procède à la cinquième vague de courriers, envoyée cette fois à près de 36 000 chômeurs qui se trouvent dans la première période d'indemnisation. Ces personnes n'auront plus droit à leurs allocations de chômage entre le 1er juillet 2026 et le 1er juillet 2027.
Une sixième et dernière vague suivra en mars. Elle concerne un petit groupe de personnes qui bénéficient d'une allocation de garantie de revenu sur la base de leur droit aux allocations d'insertion. Après cela, toute personne qui introduira une nouvelle demande d'allocation recevra un courrier de son organisme de paiement (syndicat ou Capac). La nouvelle date de fin de droits y sera directement indiquée. Ces personnes ne recevront donc pas de lettre distincte de l'Onem mentionnant la date de fin de droits.
Au total, ces six vagues de courrier auront touché près de 200 000 personnes. Quel est le profil de ces exclus du chômage ? L'Onem nous a fourni quelques éléments de réponse.

1 Combien de personnes réellement en fin de droits ?
Si l'Onem a envoyé près de 200 000 courriers, le nombre de personnes qui arrivent en fin de droits est aujourd'hui moins élevé. Selon le dernier comptage effectué par l'Onem, elles sont 168 063. Pourquoi ce différentiel de près de 30 000 personnes ? Il s'explique par une série de raisons techniques, selon l'Onem. "Les chiffres réels concernant le nombre de chômeurs sortants ne pourront être communiqués qu'à un stade ultérieur. Les courriers sont émis de manière préventive sur base des informations disponibles avant consolidation complète des données."
2 Quelle répartition régionale ?
Comme attendu lors de l'annonce de cette décision du gouvernement De Wever, le sud du pays est davantage touché par la limitation de la durée des allocations de chômage. Près de la moitié (46,7 %) des exclus du chômage vivent en Wallonie, contre 22,1 % en Région bruxelloise et 31,2 % en Flandre.
3 Quelle répartition par genre ?
Les exclus du chômage sont en majorité des hommes. Ils représentent 55,1 % des personnes en fin de droits. Cela correspond plus ou moins à la part des hommes parmi les chômeurs complets indemnisés.
4 Quel est l'âge des exclus ?
Si les 25-35 ans sont les plus représentés parmi les personnes en fin de droits, on constate une répartition relativement homogène entre les tranches 35-45, 45-55 et même au-delà de 55 ans. Le gouvernement avait pourtant prévu une exception à la limitation de la durée des allocations pour les chômeurs âgés de 55 ans. Mais cette exception est assortie d'une condition : ils doivent avoir un passé professionnel de plus de 30 ans (et le passé professionnel requis sera relevé d'un an chaque année pour atteindre 35 ans en 2030). Les chiffres de l'Onem démontrent que les plus de 55 ans qui ne peuvent se prévaloir d'un tel passé professionnel sont nombreux. À noter également : près de 13 750 personnes de moins de 25 ans se sont vues signifier la fin de leurs allocations.
5 Quelle situation familiale ?
Les cohabitants sont les plus nombreux parmi les exclus du chômage, devant les isolés et les chefs de famille.
6 Quel niveau d'éducation ?
On ne sera pas surpris de constater que les moins qualifiés constituent le plus grand groupe parmi les personnes en fin de droits. Les personnes peu scolarisées (au maximum le 2e degré de l'enseignement secondaire) représentent 44,5 % des exclus du chômage. Les personnes moyennement qualifiées (3e degré du secondaire, 4e degré du secondaire, 7e année de spécialisation, formation des classes moyennes ou contrat d'apprentissage) représentent 35,6 %. Et les personnes hautement qualifiées (diplôme de l'enseignement supérieur), 19,4 %.