La vague de chaleur de juin a été "exceptionnellement meurtrière", en particulier en Wallonie
Quelque 1 747 décès supplémentaires ont été enregistrés, soit une surmortalité de 47,8 % pour l'ensemble du pays, selon Sciensano. Ce chiffre monte à 76 % en Région wallonne.

- Publié le 08-07-2026 à 16h37
- Mis à jour le 08-07-2026 à 17h25
Les conséquences de la canicule ont été bien plus tragiques en Wallonie (surtout) et à Bruxelles (dans une moindre mesure) qu'en Flandre, à en croire les chiffres définitifs de la surmortalité en Belgique publiés mercredi par Sciensano, l'institut de santé publique.
Durant la vague de chaleur, du 18 juin au 1er juillet, 1 747 décès supplémentaires ont été enregistrés en Belgique par rapport au nombre attendu de décès, soit une surmortalité de 47,8 %. Mais cette surmortalité a atteint 76 % en Wallonie (919 décès en plus), contre 31,4 % en Flandre (682 décès en plus) et tout de même 60,9 % en Région bruxelloise (159 décès en plus).
Un record depuis 2000
"La vague de chaleur de juin 2026 se distingue par son ampleur exceptionnelle, relève Sciensano. Il s'agit de la surmortalité la plus élevée enregistrée lors d'une vague de chaleur sur l'ensemble de la période analysée (depuis 2000)."
"Le caractère exceptionnellement meurtrier de cette vague de chaleur s'explique par la combinaison des trois principaux facteurs influençant la santé : la durée de l'épisode, l'intensité des températures et les concentrations d'ozone. Pour chacun de ces facteurs, cet épisode a atteint des niveaux particulièrement élevés."
Sciensano constate que la canicule n'a pas uniquement affecté les personnes âgées, plus fragiles, puisqu'une surmortalité de 61,3 % a été observée chez les 15-64 ans.
La journée la plus meurtrière a été le samedi 27 juin, avec 641 décès, soit une surmortalité de 146,5 %.
"Un véritable enjeu de santé publique"
Bien que "les données actuellement disponibles ne permettent pas encore d'expliquer précisément les causes de cette surmortalité" en Wallonie, "ces chiffres sont préoccupants", a réagi le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters (Les Engagés). "Ils confirment que les vagues de chaleur constituent désormais un véritable enjeu de santé publique."
Le ministre rappelle que "dès le 15 mai, l'Aviq (l'agence de santé wallonne, NdlR) a activé le plan Forte chaleur et pics d'ozone." Des campagnes de sensibilisation ont été lancées, il y a eu une mobilisation des professionnels de santé et des acteurs sociaux, un suivi accru des maisons de repos, un accompagnement renforcé des personnes vulnérables vivant à domicile, les relais sociaux ont renforcé les maraudes, etc.