Alors que la situation s'améliore et que l'incendie qui sévit dans les Fagnes est sous contrôle, certaines mesures peuvent être levées. Les barrages d'Eupen et de la Gileppe, qui avaient été interdits d'accès afin de permettre le ravitaillement en eau des engins aériens, sont à nouveau accessibles, indiquent les services du gouverneur. Ceux-ci précisent que "cela ne constitue en aucun cas une autorisation d'accéder aux zones forestières et naturelles interdites".
Incendie dans les Hautes Fagnes : le feu est "partout" sous contrôle
L'incendie qui sévit dans les Hautes Fagnes depuis plusieurs jours et qui a détruit environ 3.000 hectares de végétation est désormais encerclé et contenu, mais n'est pas encore sous contrôle.

- Publié le 20-08-2026 à 07h23
- Mis à jour le 20-08-2026 à 21h51

Le feu reste en effet actif et de nombreux pompiers sont toujours mobilisés. C'est ce qu'il faut principalement retenir de la journée de mercredi. Plusieurs hélicoptères ont encore été déployés pour aider à lutter contre les flammes. Les habitants des deux localités de Bütgenbach qui avaient été évacués vont, quant à eux, pouvoir regagner leur domicile.
Les hélicoptères et les avions déployés par plusieurs pays européens pour lutter contre le feu resteront disponibles jusqu'à dimanche, ont indiqué le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin et le cabinet de la commissaire européenne Hadja Lahbib, en charge du mécanisme européen de protection civile.
Deux hélicoptères norvégiens, deux allemands, un néerlandais ainsi que deux avions suédois ont été mis à disposition dans le cadre de ce mécanisme, auquel la Belgique a fait appel dès vendredi. Les premiers appareils sont arrivés samedi.
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Alors que la situation s'améliore et que l'incendie qui sévit dans les Fagnes est sous contrôle, certaines mesures peuvent être levées. Les barrages d'Eupen et de la Gileppe, qui avaient été interdits d'accès afin de permettre le ravitaillement en eau des engins aériens, sont à nouveau accessibles, indiquent les services du gouverneur. Ceux-ci précisent que "cela ne constitue en aucun cas une autorisation d'accéder aux zones forestières et naturelles interdites".
Conformément à l'arrêté du gouvernement wallon pris dans le cadre de l'incendie, la circulation du public demeure interdite dans le périmètre concerné, lequel comprend les cantonnements forestiers de Verviers, Malmedy et Elsenborn.
Même si la situation s'améliore, pénétrer dans les zones touchées reste dangereux. Le feu a profondément fragilisé le milieu et différents risques subsistent, comme la chute de branches ou d'arbres fragilisés. Des foyers peuvent encore couver dans le sol et provoquer des reprises de feu, notamment sous l'effet du vent et de l'évolution des conditions météorologiques. D'anciennes munitions peuvent également avoir été rendues visibles ou accessibles par le feu, ce qui constitue également un risque.
Concernant les animaux affectés par l'incendie, les services du gouverneur précisent que ceux qui "nécessitent une intervention sont pris en charge par des professionnels. Il est important de ne pas pénétrer dans la zone ni de tenter d'intervenir soi-même".
Le ton est monté entre la députée Sarah Schlitz (Ecolo) et le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin (MR) jeudi soir à la fin de la séance de la commission de l'Intérieur de la Chambre consacrée aux incendies dans les Hautes Fagnes.
Dans sa réplique, l'écologiste a à nouveau dénoncé l'impréparation, selon elle, des autorités dans sa lutte contre l'incendie qui a calciné quelque 3.000 hectares de végétation. Elle a notamment illustré son propos par le temps pris pour nouer les contacts nécessaires visant à permettre aux appuis aériens de s'approvisionner en eau dans le canal Albert.
"Je n'ai pas dit cela", a vivement protesté M. Quintin, se sentant accusé de mensonge. Le ministre avait indiqué dans sa réponse que les avions suédois s'étaient approvisionnés à deux reprises à cet endroit, mais qu'un arrêt du trafic fluvial était alors nécessaire... et qu'un tel arrêt prenait du temps. Pour Sarah Schlitz, le fait d'ignorer à l'avance les lieux d'approvisionnement illustre cette impréparation. Les avions suédois se sont ensuite alimentés dans un lac allemand.
"Votre gouvernement a décidé de s'asseoir sur les enjeux climatiques", a dénoncé Mme Schlitz.
Le ministre a annoncé dans l'après-midi qu'un plan d'action national contre les feux en milieu naturel sera déposé prochainement au gouvernement. "On a besoin d'un plan ambitieux", a exhorté l'écologiste.
Alors que l'incendie qui ravage les Fagnes depuis près d'une semaine est sous contrôle, l'évolution favorable de la situation a permis aux services compétents d'entamer les devoirs d'enquête visant à déterminer l'origine du feu, indiquent les services du gouverneur.
Ceux-ci précisent qu'à ce stade, aucune conclusion ne peut être tirée quant à son origine.
Alors que le centre géré par la Croix-Rouge à Malmedy a fermé ses portes, un nouveau centre d'accueil ouvrira dès ce vendredi, indique Daniel Franzen, le bourgmestre de Bütgenbach.
Ce nouveau centre d'accueil prendra place au centre paroissial et culturel de Weywertz. Les habitants de Küchelscheid, Leykaul et Sourbrodt pourront s'y rendre afin d'obtenir des informations, de demander de l'aide ou de bénéficier d'un accompagnement.
Le CPAS de Bütgenbach sera chargé de l'organisation de ce service, indique le bourgmestre, qui précise qu'il sera accessible de 9h à 16h. Les CPAS de Waimes et de Bütgenbach, la Croix-Rouge et, éventuellement, d'autres services seront présents à tour de rôle.
La durée pendant laquelle ce dispositif sera maintenu n'est pas encore déterminée.
Le feu est contrôlé sur l'ensemble de la zone des Hautes Fagnes, indiquent jeudi en début de soirée les services du gouverneur. "Il ne présente actuellement plus de risque d'extension et est en voie de maîtrise définitive", assurent-ils.
La vigilance reste toutefois de mise : les opérations se concentrent désormais sur la surveillance des zones où l'incendie est maîtrisé et sur l'extinction des éventuelles reprises de feu dans la partie est.
L'ONG de défense de la nature WWF a annoncé jeudi avoir récolté plus de 60.000 euros de dons en 24 heures dans le but de restaurer les tourbières des Fagnes touchées par l'incendie qui ravage la région depuis vendredi.
WWF Belgique s'est associé aux Amis de la Fagne, une ASBL qui œuvre à la restauration de la nature dans les Hautes Fagnes, pour lancer cette campagne de dons auprès du grand public. Un premier objectif avait été fixé à 50.000 euros, afin d'acheter 30.000 m² de tourbières dégradées et de restaurer 100.000 m² de tourbières.
Dès que les terrains seront acquis, les associations s'activeront ainsi à permettre la réhumidification des sols en obstruant les canaux de drainage. Elles s'engagent aussi à restaurer les habitats pour les insectes, les reptiles et les petits mammifères et à planter des espèces caractéristiques de l'écosystème, comme la canneberge et la linaigrette.
Au vu de l'objectif de 50.000 euros déjà dépassé, WWF a mis en place une nouvelle barre à 100.000 euros pour acheter et restaurer 50.000 m² supplémentaires de tourbières dégradées.
Douze pompiers néerlandais participeront à la lutte contre l'incendie qui ravage les Hautes Fagnes au moins jusqu'à dimanche. Il s'agit de onze membres d'une équipe d'intervention au sol et d'un coordinateur. Au-delà de cette date, leur déploiement est incertain, a indiqué jeudi un porte-parole des hommes du feu néerlandais.
Une équipe d'intervention au sol est une unité spéciale de lutte contre les incendies qui pénètre dans une zone à pied et y travaille à l'aide d'outils manuels tels que des poches à eau, une tronçonneuse et un souffleur de feuilles. Selon les sapeurs-pompiers, ce type d'équipe peut accéder à des endroits inaccessibles aux camions de pompiers et contribue aux opérations d'extinction et de maîtrise des foyers résiduels.
La difficulté actuelle de cet incendie réside non seulement dans les foyers actifs, mais aussi dans les lisières difficiles d'accès et les foyers résiduels qui peuvent persister dans le sol, selon le porte-parole. "C'est là que les compétences d'une équipe d'intervention au sol entrent en jeu."
Si le gros gibier présent sur le plateau des Hautes Fagnes a eu la possibilité de fuir l'incendie, il n'en a sans doute pas été de même pour les petites espèces peu mobiles présentes dans le parc naturel, selon Jean-Yves Paquet, directeur du département de recherche chez Natagora. Des espèces déjà menacées vont en outre voir leur habitat profondément modifié à l'avenir.
Le feu, qui a ravagé près de 3.000 hectares de végétation, a notamment dû entrainer une mortalité directe chez les insectes, les rongeurs, les campagnols ou encore les amphibiens, d'après le chercheur. De nombreux lézards vivipares, dont la population en déclin apprécie particulièrement les tourbières caractéristiques des Fagnes, ont probablement aussi été tués par les flammes, ajoute M. Paquet.
Du côté des oiseaux, la période de nidification était en théorie terminée au moment du départ du feu. Une grande partie des volatiles peuplant la région devraient ainsi avoir eu la possibilité de s'envoler pour quitter le plateau.
"Sur les 49 espèces [d'oiseaux, ndlr] menacées en Wallonie, 19 sont présentes dans les Hautes Fagnes", s'inquiète toutefois Jean-Yves Paquet. A ce déclin préexistant s'ajoute désormais la destruction d'une partie de l'habitat et des milieux de reproduction de ces espèces.
Le haut plateau accueille notamment une petite population de tétras lyre. Ces derniers, aussi appelés "coqs des bouleaux", ne subsistent que dans les Fagnes et dans les Alpes en Europe de l'Ouest. En 2017, un programme de sauvetage mis en place par l'Université de Liège avait permis de ramener des tétras depuis la Suède, afin de perpétuer leur présence dans le parc naturel liégeois. "Si des poussins sont nés tardivement cette année, ils pourraient avoir été tués par le feu. L'espèce risquerait ainsi de disparaitre de Belgique", note M. Paquet.
Des espèces telles que l'engoulevent d'Europe ou la pie-grièche grise, également en déclin, vont elles aussi devoir faire face aux conséquences de l'incendie. "Les pies-grièches évoluent dans de grands milieux ouverts. Où vont-elles pouvoir construire leur nid l'année prochaine ?", s'interroge le chercheur.
Pour l'avenir, ce dernier plaide pour un travail de restauration des tourbières. "Pendant des dizaines d'années, elles ont été drainées pour y planter des épicéas. [...] Or, les Hautes Fagnes servent d'éponge, et représentent notamment une aide en cas d'inondations. Pour renverser la tendance, il faut supprimer ces drains et faire en sorte que l'eau revienne et reste le plus longtemps possible dans la zone", estime Jean-Yves Paquet.
Par le passé, des projets dans ce sens ont notamment été menés dans le cadre du programme "Life" de l'Union européenne.
Dans l'opposition, tant le PTB qu'Ecolo-Groen ou encore DéFI ont dénoncé l'impréparation, selon eux, des autorités belges pour faire face aux feux en milieu naturel comme celui qui frappe les Hautes Fagnes depuis vendredi dernier.
En commission de l'Intérieur de la Chambre, Sofie Merckx (PTB) s'est ainsi dite "étonnée" d'entendre le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin affirmer que la Belgique était prête.
Ecolo-Groen a pour sa part regretté l'absence du ministre du Climat Jean-Luc Crucke jeudi à la Chambre. Sarah Schlitz a aussi relayé les préoccupations de certains pompiers dénonçant leurs conditions de travail. "Comment feront-ils quand deux crises de cette ampleur frapperont la Belgique?", s'est-elle interrogée. La députée a cité différents rapports, dont celui du Cerac, un centre d'analyse mis en place par la ministre Ecolo Zakia Khattabi sous la précédente législature. Elle a aussi souligné "la désinvolture de votre gouvernement" dès la première canicule en juin. Selon elle, le dispositif actuel est "en deçà de ce que nous méritons et de ce dont nous sommes capables."
François De Smet (DéFI) a lui aussi pointé "une forme de nonchalance de certains ministres", citant le Premier ministre Bart De Wever et le ministre de la Défense Theo Francken. "Il y a un attentisme important du monde politique", a-t-il souligné, appelant à ce que l'incendie des Hautes Fagnes fasse office, enfin, de réveil.
Après avoir été cloués au sol mardi en raison des conditions météorologiques défavorables, ils ont pu reprendre leurs opérations mercredi, en appui des deux hélicoptères de la police fédérale.
Les autorités espèrent une évolution favorable des conditions météorologiques jeudi afin de permettre à nouveau l'engagement des moyens aériens.
Les précipitations en cours entraînent par ailleurs des dégagements de fumée, perceptibles dans les environs de la zone incendiée en fonction de l'orientation des vents. Les dernières mesures effectuées concernant la qualité de l'air se sont toutefois révélées rassurantes, tant du côté belge que du côté allemand, pointaient les services du gouverneur de la province de Liège, Hervé Jamar, en début de soirée.
Si l'incendie demeure contenu, le feu reste cependant actif et les opérations nécessitent toujours la mobilisation de nombreux pompiers sur le terrain. Le gouverneur a dès lors demandé aux employeurs d'aider à la disponibilité des pompiers volontaires.
Autre bonne nouvelle du jour: les habitants des deux localités de Bütgenbach qui avaient dû évacuer préventivement en raison de l'incendie vont pouvoir regagner leur domicile. Il s'agit des hameaux de Küchelscheid et de Leykaul.
Les habitants de Sourbrodt (Waimes), évacués samedi, avaient déjà pu regagner leur domicile lundi soir.
Le centre d'accueil de Malmedy restera cependant ouvert pour les personnes qui souhaiteraient y rester malgré tout. Sur place, elles peuvent se reposer, prendre un repas et bénéficier d'un accompagnement adapté à leurs besoins.
De son côté, la ville de Spa a décidé de prolonger l'interdiction d'accès aux Fagnes sur son territoire jusqu'à dimanche inclus. La mesure, qui concerne tous les déplacements dans les Fagnes, à pied, à vélo, à cheval ou en véhicule, vise à garantir la sécurité de tous et à permettre aux services de secours de rester pleinement disponibles pour leurs interventions.
