Le Test électoral proposé par "La Libre" se distingue d'autres outils plus basiques : voici ses spécificités

Notre test électoral (proposé au bas de cet article) vise notamment à éviter le type de biais que rencontrent d'autres tests, dont le fait de favoriser de manière excessive les partis centristes, comme Les Engagés ou Défi.

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"Ce test électoral est l'un des plus aboutis. Il comprend une série de qualités techniques qui lui permettent de se distinguer d'outils plus basiques tels que les tests électoraux réalisés par d'autres médias", pointe Benoît Rihoux (UClouvain) qui est, avec Stefaan Walgrave, de l'Université d'Anvers, le responsable académique du projet de test électoral lancé par La Libre. Seuls les partis qui disposent d'élus dans une des assemblées couvertes par le test électoral (fédéral, Régions wallonne, flamande et bruxelloise, Parlement européen) sont inclus dans le questionnaire.

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Tentons de résumer en quelques points les spécificités de ce test électoral.

1. Des questions testées à l'avance et des points de programme pondérés

Les questions du test sont évaluées au préalable auprès de différents publics cibles afin de s'assurer "qu'elles sont clairement formulées". Une série d'enquêtes préparatoires auprès de la population ont ainsi été réalisées, durant lesquelles il est demandé de répondre à des propositions, ainsi que de préciser pour quel parti les personnes ont voté lors d'élections précédentes. "Cela permet de calibrer, de voir quelles sont les questions les plus pertinentes", souligne Benoît Rihoux.

Il existe en outre une pondération du poids des convictions selon l'importance que leur accordent les partis, en volume, dans leur programme. "Nous demandons aux partis eux-mêmes de se positionner, par oui ou par non, pour croiser leurs réponses avec leur propre programme. Ils doivent justifier de manière qualitative leur réponse. Cela permet de contrôler que leurs réponses sont franches et exactes. Ils pourraient, sinon, se montrer stratégiques et dire ce qui apparaît le plus populaire", ajoute Benoît Rihoux.

2. Un plus grand nombre de questions et un résultat affiné

Le test électoral vise à éviter le type de biais que rencontrent d'autres tests, dont le fait de favoriser de manière excessive les partis centristes, comme Les Engagés ou Défi.

Pour ce faire, plus de 300 questions ont été retenues, initialement.

"Suivant le test en question, on ne conserve au final que 25 questions, pour les élections européennes, et 35 pour les autres niveaux de pouvoir. Les questions qui ne sont pas retenues permettent de pêcher dans un pool beaucoup plus large. Nous avons par exemple une dizaine de questions de base sur les aspects socio-économiques. Et nous savons qu'on va n'en conserver que 2,3 ou 4 pour le fédéral, sélectionnées dans le pool plus large, sur base des enquêtes préparatoires et des réponses des partis. On garde celles qui sont les plus clivantes et qui différencient le mieux les partis entre eux, et les personnes qui participent au test, afin d'éviter que l'outil privilégie un parti plus qu'un autre, par exemple au centre. Nous orientons aussi des questions dans des sens différents, pour équilibrer", pointe Benoît Rihoux.

De plus, certains utilisateurs se verront proposer de répondre à cinq questions supplémentaires dans le cas où, après leurs réponses aux 35 propositions initiales, leur résultat ne permet pas de départager les deux premiers partis. Les cinq propositions supplémentaires sont spécifiquement conçues pour différencier davantage ces deux premiers afin de n'en retenir qu'un, comme sur un bulletin de vote, où seul un parti peut être soutenu par niveau de pouvoir.

3. Un test différent selon le niveau de pouvoir

"L'outil est extrêmement riche puisqu'il permet à la fois d'avoir un avis très rapide via le test générique, tous niveaux de pouvoir confondus", reprend Benoît Rihoux. Mais contrairement aux tests proposés par d'autres médias, il est aussi possible "d'avoir des analyses plus fines, niveau par niveau (Fédéral, Région, Europe)".

4. Comparer les résultats finaux avec les partis flamands

Au terme du test électoral, les résultats sont proposés à l'internaute en fonction de sa langue. Une fois ce test terminé, du moins pour le niveau fédéral, l'Europe ou la Région bruxelloise, une option permet en outre d'inclure dans le classement les partis flamands, à titre d'information. L'internaute peut ainsi se positionner par rapport aux partis du nord du pays. Là encore, il s'agit d'une spécificité que ne proposent pas d'autres tests. "Il peut être assez intéressant et surprenant de voir qu'on est, par exemple, proche du MR, pas tellement de l'Open VLD, mais davantage du CD&V", note Benoît Rihoux.

5. Un résultat pondéré selon les priorités du sondé

Un autre outil intéressant permet de pondérer les résultats. "C'est un outil de qualité. Quand on remplit le questionnaire, il est possible de donner un poids particulier, qu'on appelle un boost, à certaines propositions. Comme citoyen ou citoyenne, on peut être très intéressé(e) par des questions environnementales, économiques, sociales, etc. Cela correspond plus à la situation réelle de l'électeur qui va souvent choisir un parti selon une dimension principale", pointe le politologue de l'UCLouvain.

6. Un outil ouvert aux jeunes et aux votants moins à l'aise avec la politique

L'outil est ouvert aux personnes moins familières de la chose politique, puisque l'outil leur propose une série de connaissances de base, d'explications sur des dossiers techniques. Un test spécifique existe, en outre, pour les jeunes.

Un nouvel outil a ainsi été développé, plus ludique et jeune, qui comprend plus d'explications des termes plus techniques, à destination des primovotants (16-18 ans). Les questions sont les mêmes, mais le visuel est différent et plus didactique.

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