Georges-Louis Bouchez offre une vraie victoire au MR et réaffirme sa légitimité
Le président libéral a démontré à ses troupes qu'il était capable de leur offrir un grand succès électoral. Le MR sera au centre du jeu dans les négociations pour les futures majorités, au fédéral comme dans les entités fédérées.

- Publié le 09-06-2024 à 23h57

Deux salles, deux ambiances au sein de la famille libérale… Si l'Open VLD a mordu la poussière comme les sondages l'annonçaient, le MR affiche une santé éclatante. Premier parti à Bruxelles et, à l'heure de boucler cet article, premier parti dans l'espace politique francophone (et peut-être également en Wallonie). Le MR devrait avoir la main pour un retour au pouvoir dans la Région-Capitale, après 20 ans d'absence. Les troupes de Georges-Louis Bouchez ont en tout cas réussi leur pari, celui de bousculer le PS.
Ces élections auront aussi un effet interne important : celui de stabiliser durablement le président Georges-Louis Bouchez à la tête de la formation libérale. À la présidence du MR depuis plus de quatre années, ce dernier avait repositionné progressivement la doctrine des bleus vers la droite. Sur la base de l'analyse des résultats des élections de 2019, il avait constaté que 4 à 6 % des électeurs avaient choisi une formation à la droite du MR (PP, Listes Destexhe…) et qu'il fallait aller rechercher ces voix au forceps. Cette lecture de la carte politique, qui semble avoir été la bonne, a été mise en pratique malgré les fortes réticences de plusieurs poids lourds réformateurs.
Un succès, malgré les "barons"
Les accents plus conservateurs de Georges-Louis Bouchez, couplés à un style assez direct dans les rapports humains, avaient provoqué plusieurs frondes contre le jeune président de parti. Jean-Luc Crucke avait démissionné de son mandat ministériel wallon et, finalement, avait quitté les libéraux pour Les Engagés. Alexia Bertrand, ancienne cheffe de groupe MR au parlement bruxellois, également en froid avec Georges-Louis Bouchez, avait rejoint les rangs de l'Open VLD. Les relations entre le président du MR et Alexander De Croo ont pu également connaître de fortes tensions en raison de la voix dissonante que Bouchez faisait entendre au sein de la majorité fédérale.
Tout cela semble déjà si loin… La victoire du MR dimanche soir est de nature à rassurer les troupes sur le choix effectué en novembre 2019 lors des élections présidentielles. Georges-Louis Bouchez avait alors été élu face à Denis Ducarme au second tour de ce scrutin interne. Depuis lors, le Montois a imprimé sa marque, a réformé les statuts du parti à sa sauce, a revu le programme et a placé à des postes clef des hommes et des femmes qui lui sont désormais redevables.
Cerise sur le gâteau pour le MR : cette progression nette s'accompagne de la résurrection d'une force centriste Les Engagés – qui cartonne en Wallonie. Les libéraux s'en réjouissent plutôt qu'ils ne la craignent car ils ont désormais un potentiel allié important face aux partis de gauche dans l'espace politique francophone – le PS, Ecolo et le PTB. Le jeu politique, dimanche soir, s'est déplacé vers la droite au sud du pays.