Élections provinciales: le MR aux portes d'une prise de pouvoir historique à Liège
L'ambition des libéraux est bien de prendre la présidence du collège provincial. Les chiffres sont avec eux…

- Publié le 13-09-2024 à 11h33

Si les élections provinciales passent généralement au second plan, derrière des élections communales où chaque citoyen est amené à voter pour "son" élu local préféré, le scrutin provincial du 13 octobre prochain pourrait s'avérer tout à fait historique en terres liégeoises. Et ce, particulièrement pour un parti : le MR.
À l'heure du grand "renversement politique" wallon en effet, les libéraux n'ont jamais été aussi proches de devenir le parti numéro un au sud du pays, à tous les niveaux de pouvoir. La tendance de ces dernières années et, surtout, les résultats des élections du 9 juin, tant au niveau fédéral que régional, laissent en effet augurer un bel avenir provincial au MR. Philippe Dodrimont, président du MR pour l'arrondissement de Liège, le sait mieux que quiconque…
Une première
Avec 32 sièges sur les 56 que comptent les bancs du conseil provincial, la majorité actuelle, PS-MR, détient une avance confortable sur les trois partis d'opposition que sont Ecolo (12), le PTB (6) et Les Engagés (6). Mais au regard de l'évolution politique au sud du pays, la question que se pose logiquement Philippe Dodrimont aujourd'hui est la suivante : "Cette majorité a-t-elle encore de beaux jours devant elle ?". Les plus anciens se souviendront en effet que, face à un accord secret passé par les sociaux-chrétiens tant avec les socialistes qu'avec les libéraux, ces deux derniers partis s'étaient associés pour du long terme. Il y a plus de 30 ans. Mais ce mariage résistera-t-il au "pire", que semble aujourd'hui vivre le PS ?
L'ambition du MR est en tout cas légitime, notamment sur le district de Liège où, comme le souligne Philippe Dodrimont, le troisième siège avait été perdu de peu il y a 6 ans.
Difficile de prédire les résultats du scrutin du 13 octobre prochain bien sûr mais liberté à chacun de "lire" les signes politiques. Et ceux-ci sont donc plutôt favorables au centre-droit. Si l'on tient compte des dernières élections provinciales on constate par exemple que l'écart entre le PS et le MR ne fait que s'amenuiser en Province de Liège depuis plus de 30 ans : il était de près de 20 % au début des années 90, de 14 % en 1994, de 13 % en 2000, 10 % en 2006, 7 % en 2012 et 4 % en 2018. Quid en 2024 ?
Et comment ne pas "projeter" ces résultats liégeois (provinciaux) du 9 juin 2024 sur le scrutin provincial de mi-octobre ? Tant au Fédéral qu'à la Région en effet, le MR flirtait avec la barre des 30 % là où le PS se tassait à un peu plus de 20 %. Historique.
Objectif libéral donc : "inverser le rapport de force". Et dès lors décrocher le siège du député-président au sein du collège provincial. Un scénario qui serait donc une première historique, le PS n'ayant jamais été renvoyé dans les cordes lors des élections provinciales liégeoises.
Et la suppression des Provinces ?
L'autre question qui se pose est bien sûr : quels sont les enjeux d'une élection provinciale alors que les partis au pouvoir à la Région en appellent la fin de cette même "Province" ? Ici aussi, Philippe Dodrimont nuance : "Si on relit la déclaration de politique régionale, on comprend que les provinces ne vont pas disparaître mais qu'elles pourraient exister sous des formes différentes". Et d'insister dès lors sur le maintien de l'emploi ainsi que des nombreux services rendus à la population par ce niveau de pouvoir, tant en matière d'enseignement que de santé, de sport, de tourisme ou, bien sûr, de sécurité.
Une certitude enfin pour le président d'arrondissement : "si on veut réformer ce niveau de pouvoir, il faut pouvoir le faire de manière concertée, non-imposée". Entendons en bonne entente avec les autorités régionales… le MR et Les Engagés.