Les salaires des bourgmestres et échevins de Bruxelles augmenteront après les élections communales : "c'est totalement justifié"
Le 13 octobre prochain, un vent de changement va souffler sur les 19 communes de la Région bruxelloise à l'issue du scrutin communal. En même temps, la rémunération brute des bourgmestres et échevins sera revue à la hausse.
- Publié le 04-09-2024 à 08h14
- Mis à jour le 04-09-2024 à 08h56

Instauré sous la précédente législature, le décumul obligatoire des élus en Région bruxelloise est entré en vigueur au lendemain des élections fédérales et régionales de juin. Début décembre, il ne sera plus possible de combiner un mandat de député avec une fonction de bourgmestre ou d'échevin au sein de sa commune. Les élus concernés devront donc, en cas de réélection, renoncer à un mandat. La réforme régionale prévoit donc une augmentation de la rémunération des échevins et bourgmestres.
Cette augmentation de salaire n'est prévue qu'en décembre, mais fait débat. Du côté de la Ville de Bruxelles, le chef de groupe PTB Bruno Bauwens indiquait sur les réseaux sociaux que le bourgmestre Philippe Close (PS) bénéficiait d'une augmentation de 5.000 euros par mois, portant son salaire à 15.000 euros bruts par mois. Toutefois, ces chiffres ne sont pas totalement corrects. "C'est évidemment faux", rétorque Philippe Close. Le bourgmestre ne touchera pas 5.000 euros supplémentaires.
Une revalorisation de 7 %
La question de la rémunération des bourgmestres est depuis longtemps au cœur des discussions à Bruxelles. Les bourgmestres, en tant que premières figures de l'exécutif communal, jouent un rôle crucial dans la gestion des affaires locales. La réforme régionale prévoit donc une augmentation de 7 % du salaire des élus communaux. Pour les bourgmestres, leur rémunération s'alignera sur celles octroyées aux parlementaires fédéraux. Jusqu'à présent, les salaires s'accordaient sur celui du secrétaire communal. Pour les 19 bourgmestres de la capitale, ces hausses de salaire représentent entre 600 et 1.100 euros bruts par mois, en fonction de la taille de la commune.

La revalorisation des salaires des bourgmestres varie en fonction du nombre d'habitants de chaque commune. À Koekelberg, seule commune comptant moins de 25.000 habitants, Ahmed Laaouej (PS), en cas de réélection, touchera une rémunération équivalente à celui d'un député fédéral. Son salaire annuel passera de 99.777 euros brut à 107.017€. "Cela ne change pas grand-chose pour nous. La revalorisation se justifie vu que les bourgmestres ont une énorme charge de travail." La situation de Berchem-Sainte-Agathe est unique. Comptant moins de 25.000 habitants en 2018, la commune s'est densifiée durant cette législature pour passer au palier supérieur. De ce fait, le futur bourgmestre ne touchera pas le même salaire qu'Ahmed Laaouej, mais bien 113.438€, soit une augmentation de 13,69 %.
14.447 € bruts par mois pour Philippe Close
Les bourgmestres des communes accueillants entre 25.000 et 50.000 habitants – à savoir Auderghem, Etterbeek, Evere, Ganshoren, Saint-Gilles, Saint-Josse, Woluwe-Saint-Pierre et Watermael-Boitsfort – bénéficieront d'un salaire supérieur à celui d'un parlementaire fédéral, touchant 106 % de son salaire, soit 113.438€, contre 105.616€ actuellement. Pour Benoit Cerexhe (Les Engagés), bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre, cette revalorisation est une suite logique du décumul obligatoire. "C'est normal qu'un salaire de bourgmestre soit aligné sur celui d'un parlementaire. Notre fonction est extrêmement prenante, nous devons être disponibles à toute heure."
À Forest, Jette et Woluwe-Saint-Lambert, le salaire annuel des deux bourgmestres passera de 123.869€ bruts à 132.701€. Dans les communes les plus peuplées, comme Anderlecht, Molenbeek, Ixelles, Schaerbeek et Uccle, le salaire des maïeurs sera revalorisé pour atteindre la somme annuelle de 160.525€, contre 149.330€ actuellement. "Cette revalorisation est totalement justifiée pour les bourgmestres et échevins des plus petites communes. Pour les plus grosses, cela n'apporte pas de changement significatif", reconnaît le bourgmestre d'Uccle, Boris Dilliès (MR). Du côté de la Ville de Bruxelles, le salaire du bourgmestre passera de 160.977€ à 173.367€. En cas de réélection le 13 octobre, Philippe Close toucherait chaque mois un salaire brut de 14.447€, contre 13.414€ actuellement.
Un échevin en moins
Les échevins sont également concernés par cette revalorisation. Dans les communes de moins de 50.000 habitants, ils toucheront 60 % du traitement du bourgmestre. Les échevins des communes les plus densément peuplées toucheront 75 % de ce même traitement. À Woluwe-Saint-Pierre ou Etterbeek, leur salaire annuel passera de 63.369€ bruts à 68.063€. Du côté de la Ville, Benoit Hellings (Ecolo) ne toucherait plus 120.733€, mais 130.025€ par an.
Autre mesure à entrer en vigueur au lendemain des élections : la diminution du nombre d'échevins à Bruxelles. Concrètement, chaque commune verra son collège communal être amputé d'un siège. Ce salaire en moins permettra de financer la revalorisation des autres élus. favorable à cette mesure, Benoit Cerexhe voulait même aller plus loin. "J'étais pour qu'on réduise encore plus le nombre d'échevins. Une commune comme la mienne peut être gouvernée avec un collège moins nombreux."
Toutefois, cette mesure ne convainc pas l'ensemble des élus. "Cela sert à financer la revalorisation du collège. C'est plus une mesurette que la refonte totale d'un statut", souligne Vincent De Wolf (MR), bourgmestre d'Etterbeek, qui en cas de réélection, devra choisir entre la commune ou le parlement bruxellois.