Rajae Maouane : "Les Engagés se sont reconvertis en un parti turquoise mais c'est un vert qui s'écaille"

Comme chaque matin, Maxime Binet reçoit un invité dans le "Café sans filtre" afin d'évoquer les sujets chauds de l'actualité.

À quatre jours du triple scrutin et alors que 20 % des électeurs demeurent indécis, Rajae Maouane, co-présidente d'Ecolo et tête de liste au fédéral à Bruxelles était l'invitée du "Café sans filtre" ce mercredi 5 juin.

En cette fin de campagne, les chiffres des sondages ne sont pas excellents pour Ecolo. Rajae Maouane explique cela en rappelant que, si les thématiques liées à l'écologie sont essentielles pour son parti, "il y a une volonté chez certains partis d'éviter de parler d'écologie. Beaucoup de partis font du greenwashing, utilisent quelques touches vertes. Dans les faits et sur le fond il n'y a pas de réel projet de transition écologique et solidaire." La co-présidente d'Ecolo appuie ses propos en prenant l'exemple des Engagés : "Ils se sont reconvertis en un parti turquoise mais c'est un vert qui s'écaille, ce n'est pas du vrai vert. On voit que le MR de Georges Louis Bouchez n'est pas vraiment dans une vision par rapport à l'écologie et dénonce toute une série de choses qui sont mises en place. Notamment David Clarinval qui s'oppose à ce que l'on interdise les pesticides qui ont un impact sur la vie des gens."

À la question de l'utilité d'un parti écologiste alors que ce thème est de plus en plus présent dans les programmes, Rajae Maouane réplique : "On ne fait pas d'écologie sans les écologistes. Il n'y a pas de politique écologique sans les écologistes. Nous sommes le seul parti qui allie la question de la justice climatique et la justice sociale."

Ecolo en danger dans le Brabant wallon, Les Engagés en embuscade

Rajae Maouane rappelle ensuite l'importance et les défis de l'Europe pour Ecolo. Alors qu'il y a de plus en plus de gouvernements d'extrême droite en Europe, la tête de liste au fédéral à Bruxelles affirme : "Quel que soit le niveau de pouvoir, nous serons un rempart contre l'extrême droite, nous continuerons à nous opposer à des politiques qui excluent. Nous nous sommes opposés à cette rigueur budgétaire qui nous a été imposée par l'Europe, là où d'autres partis, comme les Engagés ne se sont pas opposés."

L'interview se poursuit ensuite avec une discussion autour du plan Good Move, un des objectifs du plan régional à Bruxelles. En tant que tête de liste au fédéral à Bruxelles, Rajae Maouane s'exprime sur le recul de la voiture en ville : "Je pense que c'est un horizon que dessinent beaucoup de villes européennes et c'est une marche inéluctable. Aujourd'hui, un des objectifs du plan Good Move c'est d'améliorer la circulation, d'apaiser les quartiers, d'améliorer la qualité de l'air. C'est un plan qui a été développé en 2017, quand les écologistes n'étaient pas au pouvoir, avec le PS, Défi et les Engagés. Les objectifs, on doit pouvoir les conserver, mais on a déjà dit que sur la manière d'implémenter les choses, sur la concertation, il y avait certaines choses à revoir."

L'interview du Café sans filtre se termine avec la question des logements sociaux. Aujourd'hui 60 % des Bruxellois sont locataires. Rajae Maouane explique que les logements sociaux sont un moyen de lutter contre la crise du logement à Bruxelles. Elle rappelle également l'importance de rendre les logements accessibles, de continuer à développer des agences immobilières sociales et d'encadrer les loyers.

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