À Bruxelles, les discussions reprennent où elles s'étaient arrêtées:"Il n'y a pas de majorité pour un gouvernement avec la N-VA", pointe Ahmed Laaouej
Le président du PS bruxellois a réaffirmé, ce lundi matin au sortir de la réunion organisée par le David Leisterh, qu'il reste campé sur son veto contre la N-VA.

- Publié le 23-12-2024 à 12h08
- Mis à jour le 23-12-2024 à 15h40

Le formateur bruxellois, David Leisterh (MR), avait convoqué ce lundi matin, à 8h30, les différents présidents de partis francophones en vue de trouver des pistes de sortie au blocage des négociations pour former un gouvernement bruxellois.
Paul Magnette a refusé de se déplacer, préférant laisser la main à Ahmed Laaouej, président du PS bruxellois qui gère les négociations depuis le début pour les socialistes. Maxime Prévot, président des Engagés, avait marqué son accord, mais n'était pas présent pour la première réunion de ce lundi.
La réunion s'est déroulée en présence de Georges-Louis Bouchez, président du MR, David Leisterh, Christophe De Beukelaer, chef de file des Engagés à Bruxelles, Zakia Khattabi pour Ecolo. Chez Défi, la présidente Sophie Rohonyi était accompagnée de Bernard Clerfayt et Jonathan de Patoul.
Pour rappel, Olivier Maingain a annoncé son départ du parti en raison de la participation de sa présidente à cette réunion.
Cette présence d'un ministre bruxellois et du chef de groupe au Parlement bruxellois aux côtés de la présidente de Défi montre le soutien du top du parti à la démarche.
Le PS a envoyé un communiqué ce lundi pour clarifier sa position.
Ahmed Laaouej assure avoir rappelé, lors de cette réunion, l'urgence d'intensifier les travaux permettant la formation rapide du Gouvernement. "Pour le PS Bruxellois, un fait est désormais clair. Ces dernières semaines ont rappelé une évidence à laquelle tout le monde doit maintenant se résoudre : il n'existe pas de majorité au Parlement bruxellois pour installer un gouvernement avec la N-VA. Il faut donc changer de logiciel", a précisé Ahmed Laaouej dans ce même communiqué.
Or, David Leisterh n'avait pas, dans cette réunion, convoqué les présidents de parti néerlandophone, partant du principe que les partis néerlandophones avaient déjà formé leur propre majorité (Groen, N-VA, Open VLD et Vooruit).
Le socialiste a donc rappelé ce lundi être "prêt à prendre ses responsabilités et à identifier les pistes de solution alternatives pour répondre rapidement aux enjeux sociaux, économiques et budgétaires de la Région", abordant notamment les perspectives à donner aux travailleurs d'Audi et des sous-traitants, mais aussi la question de la lutte contre les loyers abusifs en Région bruxelloise.
"Malheureusement, cette réunion plénière s'est essentiellement consacrée à la demande du formateur d'une réponse des partis francophones aux velléités institutionnelles des partis flamands de réformer, dans le sens de leurs intérêts communautaires, les institutions régionales et communales bruxelloises", a regretté le PS bruxellois dans son communiqué. "S'il s'est toujours montré ouvert aux discussions sur la simplification des institutions bruxelloises – pour autant qu'elles garantissent l'intégrité institutionnelle de la Région et des communes – le PS Bruxellois rappelle son sens des priorités – d'abord sociales, économiques et budgétaires – et en appelle à la responsabilité de tous les partis bruxellois."
"Après les déclarations de ce vendredi, je m'attendais à un changement de méthode de la part du Formateur, notamment dans le cadre de bilatérales intensives annoncées. Pour former un gouvernement bruxellois rapidement, il faut que David Leisterh et Elke Van den Brandt remettent l'ouvrage sur le métier", a conclu Ahmed Laaouej à sa sortie de la réunion.
En résumé: les discussions reprennent exactement où les négociateurs bruxellois les avaient laissées. Le veto du PS vis-à-vis de la N-VA n'a pas varié d'un iota.
Durant cette réunion, Christophe De Beukelaer (Les Engagés) a fait passer un message : si rien ne se passe à Bruxelles, la Région devra demander de l'argent au Fédéral, qui risquerait alors de remettre en cause l'autonomie de Bruxelles, et tenter de prendre la main sur des questions comme la fusion des zones de police, des communes et des CPAS.
David Leisterh s'avère incapable de proposer une méthodologie claire et des solutions concrètes pour sortir du blocage."
Sophie Rohonyi, présidente de Défi, est quant à elle revenue à la charge, dans un communiqué envoyé après la réunion, en remettant sur la table sa piste "de solution rapide", à savoir "la mise en place d'un gouvernement bruxellois soutenu par une majorité simple au Parlement", donc sans majorité côté néerlandophone. "Nous constatons, 6 mois après les élections, que le formateur David Leisterh s'avère incapable de proposer une méthodologie claire et des solutions concrètes pour sortir du blocage", a-t-elle ajouté.
Le formateur bruxellois David Leisterh organisera encore des réunions bilatérales dans les prochains jours, mais la situation, en Région bruxelloise, est complétement bloquée.