Valérie Glatigny veut en finir avec la "validation automatique" des années : "On ne peut pas laisser un élève progresser avec des difficultés"
Test CLE, retour du redoublement en 6e primaire, hausse des seuils de réussite du CEB, CE1D et CESS, … la Ministre veut s'assurer que les élèves ont acquis les compétences de base.

- Publié le 13-02-2026 à 12h35

Plusieurs dossiers sont passés en dernière lecture au gouvernement ce vendredi. L'objectif est double : relever le niveau d'exigence tout en proposant de l'accompagnement personnalisé aux élèves et souligner la confiance dans les équipes éducatives.
Les nouveaux dispositifs comprennent entre autres le retour du redoublement en 6e primaire, l'arrivée du test CLE (calculer, lire, écrire) en 4e primaire dès septembre 2026, le maintien du jury d'école (qui délibère notamment l'obtention ou non des certificats scolaires) et la fin de l'automaticité des recours (jusqu'ici, un élève en échec disposait automatiquement d'un recours, qui sera donc supprimé afin de donner plus de poids aux décisions des enseignants).
CEB, CE1D et CESS : des seuils de réussite différents
L'un des autres changements majeurs concerne la hausse des seuils de réussite dès juin 2027 aux épreuves externes certificatives : le CEB en 6e primaire, le CE1D en 2e secondaire et le CESS en 6e secondaire du général et du technique ou 7e année du professionnel. Mais attention, les trois épreuves ne seront pas évaluées avec les mêmes seuils.
Pour réussir son CEB, il faudra obtenir un résultat minimum de 50 % dans chacune des matières évaluées (français, maths, sciences et formation historique et géographique) tout en atteignant 60 % pour l'ensemble des épreuves. Le CE1D et le CESS nécessiteront quant à eux un résultat minimum de 60 % à chaque épreuve.
Une exigence couplée à un accompagnement
La hausse des seuils de réussite sera couplée à de l'accompagnement, assure la Ministre Glatigny. "On s'est basés sur une série d'études qui montrent que relever un seuil d'exigence tout en augmentant l'accompagnement différencié sur base de chaque élève fonctionne", justifie-t-elle.
Concrètement, cet accompagnement prendra la forme de "périodes professeurs" accordées aux établissements en fonction des besoins de leurs élèves. "L'échec à une des épreuves génère automatiquement un accompagnement", explique la Ministre. Deux types de soutien seront mis en place. L'accompagnement renforcé conservera les moyens (10 000 périodes professeurs, 24,5 millions d'euros) qui étaient prévus pour accompagner les élèves du premier degré différencié – qui sera supprimé. Parallèlement, 25 millions d'euros seront à nouveau investis – d'ici 2029 – dans de l'accompagnement personnalisé. "On garde les moyens qui étaient prévus et on rajoute antérieurement de l'accompagnement personnalisé en 3e, 4e, 5e primaire et 1e secondaire. On investit dans l'aide à la réussite, malgré les difficultés budgétaires", assure Valérie Glatigny.
L'accompagnement personnalisé pourra prendre la forme du co-enseignement. L'on pourrait par exemple imaginer deux enseignants dans une même classe pour aider les élèves en difficulté… mais encore faut-il en trouver, au vu de la pénurie de professeurs. "On espère évidemment que les mesures de lutte contre la pénurie vont porter leurs fruits", tente de rassurer la Ministre. "En fonction du besoin de l'élève, l'on pourra aussi faire appel à un logopède, pas forcément à un enseignant." L'accompagnement pourra également avoir lieu en dehors de la grille horaire, sur le temps de midi ou après 16h, ajoute Valérie Glatigny.
Une motivation basée sur des chiffres
La motivation derrière ces mesures n'est pas idéologique, assure la libérale, "sinon, on aurait juste relevé les seuils de réussite sans proposer d'accompagnement". La Ministre le martèle : elle se base sur des chiffres. "On sait que le CEB est très largement réussi. En 2025, le taux de réussite était de 86,9 %. Or, le taux d'échec en secondaires est vraiment très élevé. En 2022-2023, par exemple, il y avait 13,8 % de redoublants en 2e secondaire, 16,6 % en 3e secondaire, 15 % en 4e secondaire, 16,4 % en 5e secondaire et 7,1% en 6e secondaire", constate-t-elle. La ministre de l'Enseignement cite aussi six études datant de 1996 à 2017 qui soutiennent le constat que les systèmes éducatifs performants combinent à la fois des standards élevés et des mécanismes de soutien différencié.
Dans les grandes lignes, qu'il s'agisse du test CLE, du retour du redoublement en 6e primaire, ou encore de la hausse des seuils de réussite, … tous ces dispositifs ont un point commun : s'assurer de l'acquisition des compétences de base et en finir avec la "validation automatique" d'une année à l'autre. "On ne peut pas laisser un élève progresser avec des difficultés", résume la Ministre.