Vers une annulation du CEB, CE1D et CESS ? La ministre Glatigny (MR) dit "non"
Les syndicats appellent à annuler les épreuves externes certificatives (CEB, CE1D et CESS), qui doivent débuter le 18 juin, dans les écoles perturbées par les contestations.

- Publié le 09-06-2026 à 15h17
- Mis à jour le 09-06-2026 à 18h17

La mobilisation se poursuit dans les écoles, qui dénoncent le vote du décret-programme II survenu jeudi dernier dans un contexte particulièrement tendu. Poussés par le sentiment de ne pas avoir été entendus par la majorité MR-Engagés malgré plusieurs manifestations, ainsi que par la perturbation – voire l'interruption – des cours ces dernières semaines, certains professeurs ont désormais les examens en ligne de mire.
Un appel à annuler les épreuves externes…
Dans de nombreuses écoles, les épreuves internes de juin ont été modifiées (par exemple, seuls les élèves en échec devront présenter l'examen) ou annulées. Jusqu'ici, ces adaptations ne concernaient pas les épreuves externes certificatives (CEB, CE1D et CESS), qui doivent débuter le 18 juin et dont l'organisation est obligatoire. Mais depuis peu, des professeurs appellent à ne plus tenir compte de cette disposition décrétale. Leur réflexion se base sur un constat simple : si le gouvernement a pu outrepasser le règlement (du Parlement de la FWB dans ce cas-ci), pourquoi devraient-ils le respecter ?
Un appel rejoint par les syndicats, qui demandent ce mardi à la ministre Glatigny "d'envoyer au plus tôt des consignes claires afin que l'on n'impose pas aux enfants, petits ou grands, des épreuves externes dont les conditions de préparation ou de passage auraient été perturbées." En front commun, ils estiment qu'il convient d'annuler la tenue de ces épreuves "chaque fois que ces conditions élémentaires ne sont pas remplies". En d'autres termes : pas d'épreuves externes dans les écoles perturbées par les contestations.
…Refusé par la ministre Glatigny
La ministre de l'Enseignement n'a pas tardé à réagir, rappelant que l'organisation de ces épreuves est obligatoire puisque prévue par décret. "Les épreuves externes certificatives sont conçues précisément pour garantir l'égalité de traitement entre les élèves. Elles reposent sur des questionnaires identiques, administrés selon un calendrier commun et corrigés sur la base de grilles harmonisées. L'annulation de ces épreuves pénaliserait davantage les élèves déjà en difficulté", affirme-t-elle.
Selon elle, le cadre juridique en place contient déjà les garanties nécessaires pour permettre aux conseils de classe de statuer sur la réussite ou non des élèves à l'épreuve externe certificative, "y compris dans l'hypothèse où certaines épreuves externes seraient perturbées" ou en cas de "situations exceptionnelles". "Ainsi, lorsque qu'un élève n'a pas pu participer à une épreuve externe certificative pour un motif externe justifié (par exemple, une grève), le conseil de classe conserve la possibilité d'apprécier la maîtrise des compétences concernées sur la base d'un dossier pédagogique comprenant notamment les bulletins, les évaluations réalisées au cours de l'année, les rapports circonstanciés des enseignants et tout autre élément pertinent permettant d'apprécier les acquis de l'élève", complète la ministre.
Adapter plutôt qu'annuler
Dans un communiqué, Les Engagés estiment également que les épreuves externes doivent être maintenues. "Il est essentiel que chaque élève puisse bénéficier de ces évaluations, qui constituent un repère important dans son parcours scolaire et permettent de disposer d'indicateurs communs à l'ensemble du système éducatif", assurent-ils. Contactés par La Libre, ils détaillent : "si on n'a par exemple pas eu le temps de voir tout un chapitre du cours, le conseil de classe pourrait décider de ne pas prendre cette partie-là en considération, vu le contexte particulier." "On est ouverts aux propositions. L'objectif est vraiment de dire qu'on a entendu la demande des syndicats. On ne ferme pas la porte, mais plutôt que d'annuler, on propose d'adapter", ajoutent-ils.