Une partie du CEB sur le Congo fait polémique : "Nous nous interrogeons sur cette question"
Plusieurs enseignants se disent choqués par le document à analyser face à la question posée et les réponses attendues.
- Publié le 30-06-2026 à 15h35
- Mis à jour le 30-06-2026 à 19h19

Chaque année, le CEB fait l'objet de plusieurs critiques : trop facile, trop dur, fautes d'orthographe… Cette année, c'est notamment la question 10 en Histoire-géographie qui crispe.
Les élèves ont reçu un document qui est un extrait du panneau de l'exposition "Du coup de grisou au caoutchouc", présenté dans le Muséobus en 2015. Léopold II y est présenté comme "un roi entreprenant et un fin stratège". Plusieurs termes utilisés ont fait tiquer des enseignants dans la définition de la colonisation : "pays les plus forts et les plus développés", "des peuples alors considérés comme inférieurs, moins organisés et jugés incapables de se défendre".
À aucun moment, il n'est fait mention des atrocités commises durant la colonisation du Congo par la Belgique. Plusieurs personnes estiment que ce document "participe à la survivance d'un récit colonial". Sur certains réseaux ou groupes, des profs et des parents disent ne pas comprendre comment ces éléments ont pu être présentés à des enfants de 11-12 ans et remettent en cause la pertinence du document vu la question posée.

L'élève devait dire pourquoi le document n'est pas utile pour ses recherches sur la colonisation des Amériques, du 15e au 18e siècle. Ils devaient indiquer que c'était le mauvais endroit et pas la bonne date pour obtenir les deux points. De quoi laisser un goût de trop peu à certains enseignants. "Donc rien pour analyser le fond", s'est indigné Séverine qui y voit une preuve que la Belgique est loin de faire face à son passé colonial. "On est en toujours là ?", s'est questionné Daniel, qui a également trouvé cette page problématique. "Je travaille dans un milieu où il y a beaucoup d'enfants d'immigrés. Ils lisent ça, sans vraiment s'en rendre compte pour répondre à la question", a témoigné cet instituteur. "Il y avait quand même moyen de trouver un autre type de document."
Le recul par rapport à la colonisation du Congo
Ces profs rappellent que le document est lu par des élèves dans un contexte d'examen. Les enfants ne sont ni accompagnés ni dans les meilleures conditions pour prendre du recul par rapport à la colonisation du Congo.
"Nous nous interrogeons nous-mêmes sur cette question", indique le cabinet de la ministre de l'Éducation, Valérie Glatigny (MR), en rappelant que les questions sont préparées par un comité d'enseignement dans l'administration et que la ministre n'intervient à aucun moment.
L'administration rappelle que la colonisation fait partie des attendus du tronc commun avec une attention portée à la discrimination, la ségrégation raciale, le caractère violent du processus colonial et la violence structurelle. "La définition de la colonisation reprise dans le cadre de cette question est issue d'un extrait d'un document officiel publié par la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2015. La définition ne fait en aucun cas l'apologie de la colonisation et met au contraire en avant son caractère discriminatoire", estime l'administration, en précisant que le groupe de travail a validé le choix du document. "Plus tard dans leur parcours scolaire, les élèves seront aussi amenés à énoncer des inégalités en lien avec la ségrégation raciale établie lors de la colonisation belge en Afrique centrale."