Le parquet d'Anvers ouvre une enquête contre des journalistes fact-checkers après une opération de sensibilisation sur la cybersécurité
Au total, des clés USB ont été retrouvées dans 22 endroits à Anvers. Il s'agissait d'une opération de sensibilisation, mais la police, n'étant pas avertie de ce "test" …

- Publié le 17-01-2024 à 09h09

L'affaire fait grand bruit en Flandre. Elle concerne des journalistes de la VRT, plus précisément des "fact checkers" (littéralement des "vérificateurs de fake news") qui ont délibérément laissé traîner des clés USB en divers endroits. Commissariats, palais de justice et hôpitaux ont ainsi été la cible de ces abandons volontaires. Au total, des clés USB ont été retrouvées dans 22 endroits.
L'objectif des fact checkers était de tester les risques pour la cybersécurité et de voir quelles seront les réactions des personnes qui retrouveraient ces fameuses clés USB.
En effet, de nombreux experts en cybersécurité estiment que la plupart des personnes qui retrouvent ce type d'outil le connectent à un ordinateur sans se soucier d'un risque d'infecter l'appareil avec un virus malfaisant – la technique est très utilisée par les pirates informatiques.
La démarche des "fact checkers" était donc une forme de test en vue de sensibiliser les lieux ciblés quant aux risques pour leur cybersécurité. Sauf qu'après la découverte de ces clés USB, le Centre de crise a envoyé une alerte à toutes les zones de police locales d'Anvers. L'Ocam (organe de coordination pour l'analyse de la menace) a également été averti afin de procéder à une analyse de la menace.
Dans la foulée, le parquet d'Anvers a même ouvert une enquête. "Un procès-verbal a même été dressé, car à ce moment-là, nous avons supposé qu'il s'agissait d'une action malveillante, d'une tentative d'intrusion dans nos systèmes informatiques", a expliqué, à la VRT, Kristof Aerts, porte-parole du parquet d'Anvers.
Informés au préalable
Entre-temps, il est apparu qu'il ne s'agissait pas d'une tentative de cyberattaque, mais bien d'une campagne de sensibilisation menée par les "fact-checkers" de la VRT. Sauf que le parquet d'Anvers n'apprécie que très peu la démarche. "La police ou le parquet auraient dû être informés à l'avance. Cela aurait évité beaucoup de panique", a réagi le parquet anversois. Qui n'exclut pas l'ouverture d'une enquête à l'encontre des fact-checkeurs, en examinant si cette opération de sensibilisation ne constitue pas une infraction.