Quatre personnes, dont trois mineurs, arrêtées pour avoir planifié un attentat terroriste: "La radicalisation en ligne représente un défi majeur"
Les quatre suspects étaient entrés en contact via une messagerie mais aucune arme n'a été trouvée lors des perquisitions.

- Publié le 03-03-2024 à 20h46

Trois mineurs et un adulte ont été interpellés dimanche matin dans le cadre d'une enquête du parquet fédéral visant des personnes suspectées d'être liées à l'extrémisme islamiste violent. Les mineurs sont âgés entre 16 et 17 ans.
Les perquisitions ont été menées simultanément à Bruxelles, Ninove, Charleroi et Liège. Les quatre suspects étaient entrés en contact les uns avec les autres via une messagerie et auraient élaboré des plans en vue de commettre un attentat. Aucune arme n'a cependant été trouvée lors des perquisitions. Les trois mineurs ont été mis à la disposition du parquet de la jeunesse de leur lieu de résidence. L'adulte, originaire de Liège, a été mis à la disposition du juge d'instruction de Bruxelles.
Les mineurs vulnérables face aux discours d'incitation à la haine
Une enquête est ouverte pour faire la clarté sur les intentions précises des quatre suspects. Il est particulièrement interpellant de constater que de plus en plus de mineurs sont suivis de manière prioritaire dans des dossiers de terrorisme et de grand banditisme. Un constat qui s'explique par la vulnérabilité de certains jeunes par rapport aux messages d'incitation à la haine véhiculés sur réseaux sociaux et messageries cryptées, toujours plus nombreuses.
"La radicalisation en ligne représente toujours un défi majeur et la menace évolue continuellement. Nous devons donc rester vigilants et continuer à collaborer étroitement avec les services partenaires", selon le patron de l'Ocam Gert Vercauteren. "Les efforts en matière de partage d'informations et de concertation doivent être maintenus. Par ailleurs, il est tout aussi important d'accroître la résilience de la société à l'égard de la propagande extrémiste."
Le niveau de l'Ocam reste maintenu à 3 depuis l'attentat de Bruxelles du 16 octobre 2033 et ce sera le cas pour encore une longue période. Plusieurs raisons expliquent cette décision. "Les tensions à la suite de l'escalade du conflit au Proche-Orient ne font qu'augmenter. L'extrémisme ne s'arrête pas aux frontières nationales et des incidents se sont déjà produits dans plusieurs pays voisins. Des actions par effet de mimétisme, c'est-à-dire un acte de violence qui inspire un autre acte de violence, ne sont pas exclues. Par conséquent, l'Ocam considère qu'une vigilance accrue est nécessaire et le niveau 3 (menace grave) reste donc actuellement en vigueur", précise l'Ocam.
Enfin, quelque 332 signalements de menace potentiellement en lien avec le terrorisme ou l'extrémisme ont été recensés en Belgique l'an dernier, contre 236 en 2022, ce qui représente une hausse de 41 %. Les menaces ont majoritairement été exprimées par téléphone, par e-mail ou par courrier anonyme. L'année précédente, elles étaient généralement proférées sur les réseaux sociaux et par le biais d'applications de messagerie, observe l'organisme.
Un peu plus de la moitié des signalements (55 %) ont été évalués comme représentant une menace faible, tandis qu'un peu plus d'un tiers ont été estimés d'un niveau moyen. Environ 7 % des menaces ont, à un moment donné, été considérées comme graves. Une seule d'entre elles a été jugée très grave et imminente, à savoir l'attentat du 16 octobre 2023.