Darius brutalise sa femme qui refuse une relation intime et Giovanni n'apprécie pas que sa copine soit draguée par un "carnavaleux"
L'alcool qui a bon dos, la copine qui est impulsive... Quand les hommes violents se cherchent des excuses. Voici le "Croquis de justice" de cette semaine.
- Publié le 26-04-2026 à 11h14

Deux dossiers de violences à l'encontre des femmes. Deux contextes et surtout deux approches différents. De prime abord, Darius (prénom d'emprunt) n'a pas l'air d'être un mauvais bougre… Mais l'air ne fait pas la chanson. Bref, après une soirée bien arrosée chez des amis, Darius a frappé son épouse. Il reconnaît les faits.
- "Comment en est-on arrivé là ?", interroge la présidente.
- "J'avais trop bu, j'ai pété un câble (sic) et j'ai fait ce que j'ai fait", explique le prévenu avec un fort accent de l'Est.
Depuis les faits, de l'eau a coulé sous les ponts et le couple s'est réconcilié "et cela fonctionne très bien", insiste Darius qui assure ne plus avoir touché une goutte d'alcool depuis la soirée en question, il y a environ neuf mois. Le prévenu déclare ne pas avoir de problème d'alcool, sauf quand il boit…
Frustré
Dans le rappel des faits du ministère public, il apparaît que Darius sollicitait, ce soir-là, une relation intime auprès de son épouse. Celle-ci n'étant pas consentante, Darius n'a pas pu gérer sa frustration. Alcoolisé et de plus en plus insistant, il a fini par brutaliser sa femme, qui plus est devant les enfants.
Dans la mesure où le couple a repris une vie de couple "normale" et que le prévenu déclare ne plus consommer d'alcool, la procureure du Roi ne s'oppose pas à une mesure de faveur.
Mieux qu'un réquisitoire, du pain béni pour le conseil de Darius qui est presque plus sévère avec son client que le ministère public ne l'a été : "C'est inadmissible, comment un homme normal peut en arriver là ?" L'avocat cerne deux problèmes : l'alcool, "c'est le plus simple à résoudre, il a stoppé net", et l'intolérance de Darius à la frustration : "Après une mesure d'éloignement, le juge d'instruction a permis à mon client de retourner au domicile conjugal. Aujourd'hui, la situation est apaisée, ils ont réussi à mettre l'erreur de Monsieur de côté." L'avocat sollicite une suspension simple ou probatoire du prononcé, subsidiairement une peine de travail. Darius acquiesce.
- "Le but est que l'on ne vous revoie plus ici", conclut la présidente.
Sa copine se fait "draguer" par un "carnavaleux"
Giovanni (prénom d'emprunt) affiche un autre profil, un peu du genre "circulez, il n'y a rien à voir". D'ailleurs, il n'a pas pris la peine de se faire épauler par un homme (ou une femme) de loi. Lors de festivités dans la région du Centre, le jeune homme aurait peu goûté au fait que sa copine se fasse "draguer" par un "carnavaleux". D'aucuns auraient voulu en découdre, Giovanni a choisi de s'en aller… avec la perspective de laisser en plan sa dulcinée et la sœur de celle-ci. La compagne ne l'entendant pas de cette oreille, a fait le forcing pour pénétrer dans la camionnette de Giovanni – il est chauffeur livreur responsable (!) – : "C'est un véhicule de société, je n'ai pas le droit de faire montrer à bord d'autres personnes." Mais alors comment les deux filles se sont-elles rendues au carnaval ? Aurait-on pu lui rétorquer. Bref, il s'en est suivi un échange de coups (crêpage de chignon, morsures…), la copine échouant in fine contre un bloc de béton. Si les coups étaient bien réciproques, c'est la fille qui a déposé un certificat médical avec incapacité de travail. Depuis les faits, les tourtereaux avaient repris leur vie amoureuse… avant que cela ne casse de nouveau à l'avant-veille de l'audience. Une relation que l'on pourrait qualifier de toxique.
"Impulsive H24"
La meilleure défense étant souvent l'attaque, Giovanni va mettre ces faits navrants sur le compte de "l'enfance difficile" de son ex. "Ses parents se battaient tous les jours. Perso, j'ai eu une relation de six années avant elle et je n'ai jamais eu de soucis. Je ne suis pas blanc dans cette histoire mais ce n'est pas une oie blanche non plus. Elle est impulsive H24, j'ai tenu deux ans mais la goutte d'eau a fini par faire déborder le vase. J'aurais souhaité qu'elle soit présente pour s'expliquer."
On en oublierait presque que c'est Giovanni le seul mis en cause dans cette histoire. N'ayant pas d'antécédents, la présidente est disposée à rendre un jugement clément, tout en allumant un warning.
- "Vous êtes d'accord avec une suspension simple du prononcé ?", interroge-t-elle.
- "Je suis d'accord", répond Giovanni, qui a visiblement envie de vite passer à autre chose.
- "Vous savez ce que cela signifie ?"
- "Heu… Je vous écoute."
Alors que d'aucuns sont impressionnés par l'institution, Giovanni aura vécu son passage devant le tribunal comme un aléa de sa vie trépidante de chauffeur livreur (responsable).
Jugements le 26 mai.
