La Belgique définitivement condamnée pour crime contre l'humanité à l'égard des métis du Congo
La cour de Cassation a confirmé la condamnation de la politique belge de "ségrégation raciale et d'enlèvements forcés des enfants métis durant la période coloniale". Jugement prononcé en décembre 2024, rendu définitif ce 22 mai 2026.

- Publié le 22-05-2026 à 16h32

Cela n'a pas tardé. L'audience était prévue ce vendredi matin, la cour de cassation a rendu son avis cet après-midi dans l'affaire opposant l'État belge et cinq plaignantes métisses originaires du Congo. La cour de Cassation a confirmé la validité de l'arrêt rendu le 2 décembre 2024 par la cour d'appel de Bruxelles. Celui-ci établissait que l'État belge était coupable de crime contre l'humanité à l'égard des enfants métis nés durant la période coloniale. À l'issue de cet ultime recours et passage devant les tribunaux, l'État belge est définitivement condamné et devra indemniser les cinq plaignantes à hauteur de 50 000 euros.
Toutes les cinq, transférées dans une institution religieuse du Kasaï alors qu'elles étaient âgées de 2 à 5 ans ont été reconnues "victimes de la politique de ségrégation raciale et d'enlèvements forcés des enfants métis menée par la Belgique durant la période coloniale".
Leur histoire est retracée dans le très beau film Métisses : cinq femmes contre un crime d'État, signé par Quentin Noirfalisse et Jean-Charles Mbotti Malolo, sorti en salles ce mercredi.
Au-delà de cette reconnaissance de la douleur et de l'enfance bafouée de ces cinq septuagénaires, le regard sur l'Histoire de la colonisation est définitivement changé. C'est en effet la toute première fois qu'un État européen est condamné à indemniser des victimes de la colonisation.
Dans le cas de la Belgique, on parle de quelque 20 000 enfants métis enlevés de force à leur mère et leur famille congolaise afin d'être placés dans des institutions religieuses ou des orphelinats, en rompant tout lien avec leur famille d'origine.