Quinze militants de Code rouge arrêtés : des dizaines d'organisations fustigent "une criminalisation des mouvements sociaux"
L'enquête concerne les occupations du site Cargill et d'une usine d'Arcelor Mittal en 2025. Deux personnes sont placées sous bracelet électronique.

- Publié le 12-06-2026 à 12h03
- Mis à jour le 12-06-2026 à 18h18

Mercredi, aux aurores, la police a mené une série de perquisitions chez des militants du mouvement de désobéissance civile Code Rouge. Révélée par le quotidien De Morgen, l'opération a été confirmée par le parquet de Flandre-Orientale, ce vendredi.
Au total : dix-neuf perquisitions ont eu lieu aux quatre coins du pays : Saint-Gilles, Anvers, Hainaut, Saint-Josse-ten-Noode, Bruges, Gand, Lochristi, Diest, Liège, Yvoir, Bruxelles et Anderlecht.
"Quinze suspects ont été arrêtés et interrogés par la police fédérale, poursuit le ministère public. Six d'entre eux ont ensuite été présentés au juge d'instruction le 11 juin. Deux ont été placés sous surveillance électronique et comparaîtront devant la chambre du conseil le 16 juin." Du matériel informatique et des téléphones ont également été saisis.
Deux actions visées
L'enquête a été ouverte suite à deux plaintes avec constitution de partie civile déposées auprès du juge d'instruction. Elle concerne deux actions de la plateforme militante réalisées en 2025.
La première remonte à mars. Plusieurs centaines d'activistes avaient investi le site de l'entreprise agro-alimentaire Cargill, dans le port de Gand. Les manifestants dénonçaient les conséquences écologiques et sociales de l'agrobusiness.

La seconde se déroule en octobre du côté de Marchienne-au-Pont (Charleroi). Les militants avaient bloqué l'usine Industeel, appartenant au groupe Arcelor Mittal. Une occupation menée, selon les activistes, pour "dénoncer la complicité de l'entreprise dans l'expédition d'acier à l'armée israélienne". La présence d'activistes sur les voies de chemin de fer avait également perturbé le réseau ferroviaire. Infrabel avait annoncé engagé des poursuites judiciaires.
"Un exemple de répression violente"
Dans un communiqué au vitriol, Code Rouge dénonce "un exemple de la répression violente exercée par l'État".
"Au lieu de poursuivre les entreprises complices de génocide, d'écocide, d'exploitation et de famine, ce sont des citoyens ordinaires qui sont criminalisé(e) s de manière arbitraire", poursuivent-ils.
Le collectif n'est pas le seul à critiquer cette opération policière. Jeudi, cinquante-six autres associations - dont la Ligue des droits humains (LDH), Greenpeace ou encore le CNCD-11.11.11 - se sont unies d'une seule voix pour fustiger "la tendance à la criminalisation des mouvements sociaux que l'on observe de plus en plus en Belgique". Les signataires concluent : "Nous appelons à un large soutien pour défendre le droit de protester et notre État de droit."

Rappelons que dans un rapport, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) avait exprimé des "inquiétudes" quant à une possible "radicalisation" de certaines franges de l'organisation.
D'autant que l'avant-projet de loi permettant d'interdire administrativement des "organisations radicales", porté par le ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin (MR), inquiète des acteurs de la société civile. Parmi les organisations régulièrement citées par les partisans du projet, figure notamment Code Rouge. En janvier dernier, le Conseil d'État avait retoqué une partie du texte estimant que ce dernier comportait de multiples failles juridiques.