Boris Dilliès (MR) rétropédale sur la création d'un poste de commissaire bruxellois aux drogues
Le gouvernement régional fait marche arrière : la capitale se dotera finalement d'un commissaire régional aux drogues.

- Publié le 17-06-2026 à 13h13
- Mis à jour le 17-06-2026 à 18h26

Être ou ne pas être. Telle est la question qui planait ces dernières semaines sur la création d'un poste de commissaire bruxellois aux drogues.
Annoncée dans l'accord de gouvernement régional conclu en février dernier, cette nouvelle fonction devait incarner la "stratégie intégrée" de lutte contre le trafic de stupéfiants dans la capitale.
L'exécutif entendait ainsi se doter d'un véritable chef d'orchestre chargé de coordonner les différents acteurs du secteur, sur le modèle du commissariat national mis en place en février 2023 et dirigé par Ine Van Wymersch.
"Un bidule"
Pourtant, il n'aura suffi que de quelques mois pour que ce projet soit remis en cause par le ministre-Président en personne.
Au micro de BX1, Boris Dilliès (MR), compétent en matière de Sécurité, avait déclaré : "L'idée est que je chapeaute et coordonne dans les limites de mes pouvoirs."
Avant d'ajouter : "Je ne pense pas que l'on ait besoin d'un bidule ou d'une fonction en tant que telle en plus. Ce qui est important, c'est d'avoir un vrai travail de coordination entre les différents acteurs. Le titre n'a pas d'importance." Exit la création d'un poste de commissaire régional ?
Une procédure de recrutement
C'était sans compter sur un nouveau rétropédalage du ministre-Président. Interrogé mardi par plusieurs députés en commission des Affaires intérieures du parlement bruxellois, le patron de la coalition régionale a fait machine arrière.
Le libéral indique qu'un appel à candidatures au sein de safe.brussels en vue d'un détachement pour le futur commissaire aux drogues sera bientôt lancé. "Des informations complémentaires seront communiquées dans les prochaines semaines quant aux modalités concrètes de mise en place de cette fonction", précise-t-il.
Afin de soutenir la création de ce nouveau département, le gouvernement prévoit d'ailleurs d'augmenter la dotation annuelle de safe.brussels de 1,5 million d'euros.
Un doublon ?
La résurrection du projet a suscité certaines interrogations. Sur les bancs de l'opposition, des députés pointent notamment le risque de doublon avec le modèle national déjà existant.
Des griefs que Boris Dilliès a battus en brèche : "La répartition avec le commissariat fédéral aux drogues est claire. Le futur commissariat régional exercera ses missions dans le cadre des compétences régionales bruxelloises. Il n'est donc pas question de créer un chevauchement, un conflit de compétences ou une duplication inutile. L'objectif est au contraire d'assurer une complémentarité entre les niveaux de pouvoir et d'éviter tout gaspillage de moyens publics."
Selon nos informations, des réunions exploratoires ont déjà eu lieu entre la Région, le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, ainsi que la commissaire nationale aux drogues, Ine Van Wymersch.