Bientôt un ticket unique pour se déplacer en Belgique, quelle que soit la société de transport en commun ? "Une évidence"
Au 1er février prochain, les usagers des transports en commun situés dans un rayon de 11,5 kilomètres au départ de la Grand-Place de Bruxelles n'utiliseront plus qu'un seul ticket pour se déplacer, quelle que soit la société de transport en commun qu'ils utilisent. C'est l'intégration tarifaire - ou billettique.

- Publié le 11-01-2021 à 08h10
- Mis à jour le 12-01-2021 à 18h41

Lancé en même temps que le RER en 1998 - même si la zone MTB a été créée en… décembre 1970 - , ce projet nécessite encore quelques derniers aménagements techniques à la marge, mais on y est presque. Le ministre Georges Gilkinet devrait d'ailleurs communiquer sur ce sujet dans les prochains jours.
Une limite de quasi 25 ans
Seulement voilà : 11,5 kilomètres, cela ne manque-t-il pas d'ambition ? Et, surtout, à l'échelle d'un pays aussi petit que la Belgique, ne faudrait-il pas étendre cette intégration à la zone RER, voire à l'ensemble du territoire ? "C'est l'évidence même", lancent de concert Georges Gilkinet de Jean-Pierre Hansen. "Mais si l'on veut réussir ce pari à terme, on doit commencer par le faire sur une zone précise. Nous y travaillons et sommes près d'y arriver."
La suite ? "Le succès engendre le succès", martèle le ministre Écolo. Autrement dit : "Ne faut-il pas d'abord le faire sur 11,5 kilomètres afin de montrer que cela fonctionne, puis l'étendre sur 30 kilomètres et, enfin, à l'ensemble du pays ?" Bien, mais quelle zone ? "La zone des 11,5 kilomètres date de 1998", rappelle Jean-Pierre Hansen. "La zone RER, c'est environ 30 kilomètres. Faut-il garder le 30 kilomètres circulaire depuis la Grand-Place ? Je suis certain que non. Il va probablement falloir mener des études pour définir un périmètre mieux adapté. Mais là, nous en sommes nulle part."
Dans un exposé donné à La Chambre en décembre 2018, l'ancien patron de Mobib (la carte de transport digitale développée par la Stib) Pierre-Paul Bertieaux estime lui aussi que le cercle concentrique manque de cohérence. Pour lui, "un bassin de mobilité n'est pas défini en kilomètres mais en durée de trajet. Sa forme est souvent conditionnée par la présence d'axes de communication. La durée standard en Europe est d'une heure. Si le trajet dépasse cette durée, les personnes cherchent à déménager" pour se rapprocher de leur lieu de travail ou d'activité. Le bassin de mobilité de Bruxelles version Pierre-Paul Bertieaux va donc jusqu'à Denderleeuw à l'ouest, Malines au Nord, Leuven à l'est et juste avant Charleroi au sud.
