Gilkinet en faveur d'un nouveau nom pour le RER
Le ministre fait le point sur ce "monstre du loch Ness" et les enjeux de sa communication.
- Publié le 28-03-2022 à 10h30
- Mis à jour le 05-04-2022 à 19h53

Lancé depuis plus de 20 ans, initialement prévu pour 2012, mais toujours inachevé. Le RER sonne aux oreilles de nombreux citoyens comme "un projet dont on ne verra jamais la fin", une mauvaise blague qui a trop duré… Pourtant, et les navetteurs le savent : les chantiers sont légion sur le réseau ferroviaire brabançon. Création de voies, rénovations de quais, construction de gares, etc. Car oui, malgré le brouillard communicationnel autour du projet, le RER est bel et bien sur les rails et avance petit à petit.
"Je suis étonné du nombre de personnes qui parlent du RER comme du monstre du loch Ness. Car le RER est déjà là, dans une grande partie. Mais il y a un enjeu de communication énorme", reconnaît le ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo), qui "déplore certains choix du passé" qui ont retardé le RER au profit d'autres projets "qui ne sont plus de ce temps" comme, entre autres, la gare de Mons.
Mais au juste, qu'est-ce réellement ce RER ? Lancé dans les années 1990, le "Réseau express régional" a pour but de renforcer la connexion entre Bruxelles et sa périphérie (30km autour de la métropole). "L'objectif initial est d'assurer deux trains par heure vers Bruxelles, la semaine et le samedi. Aujourd'hui, nous sommes à 80 % de cet objectif en semaine", assure le ministre.
Réseau S, Brupass, etc. Tout le monde s'y perd
Une telle fréquence soutenue nécessite la mise à quatre voies des infrastructures ainsi que des adaptations dans les gares. La partie "nord" du RER est considérée comme "achevée" au niveau des infrastructures, même si elle n'est pas encore entièrement exploitée. Les véritables "stuuts" d'infrastructures se situent surtout au sud, sur les lignes en direction d'Ottignies et de Nivelles (lire ci-contre).
D'où la sempiternelle question : quand le RER sera-t-il enfin opérationnel ? "L'objectif historique d'un train par demi-heure sera réalisé pour 2028. Pour 2040, on veut aller plus loin avec un train tous les quarts d'heure." Confiant, le vice-Premier vert assure que le projet est en bonne voie : le comité de pilotage se réunit en principe une fois par mois, les budgets sont disponibles…
En résumé, niveau technique : la fréquence des trains augmente déjà, de nouvelles infrastructures voient le jour et les échéances se rapprochent de facto. Niveau communication en revanche, le RER demeure un lointain mirage aux contours flous et incertains. Il faut dire que le concept même de RER est tout sauf clair et univoque. Le nom est d'ailleurs presque absent du marketing de la SNCB. La compagnie ferroviaire parle de "réseau S" autour de Bruxelles, S pour "suburbain". Un label qui s'applique à d'autres villes comme Anvers, Gand, Liège et Charleroi, etc. Pour l'intégration tarifaire (actuellement limitée au Vlaamse Rand), on parle ici de Brupass…
Et si cette cacophonie communicationnelle se trouvait dans la genèse même du projet et son analogie avec le modèle parisien ? Le ministre reconnaît que le nom RER "trompe sur la marchandise". "Le système français est différent. Paris est différent", argue Gilkinet, qui se montre ouvert à revoir la communication. Pourquoi pas "REB" pour "Réseau Express Bruxellois" ?, lance-t-il "Il a un véritable enjeu de publicité de l'offre existante. On travaille notamment avec Elke Van den Brandt à ce sujet."
Le chantier tarifaire en cours
Si l'infrastructure et la desserte constituent les conditions sine qua non du RER, la question tarifaire conditionnera son implémentation. À ce sujet-ci, le chantier est encore long… Première étape notoire, comme cité précédemment, les différentes régions ont réussi à mettre en place le Brupass et Brupass XL, permettant de voyager via tous les opérateurs dans la capitale et sa proche périphérie. "Un dossier qui était bloqué depuis des temps immémoriaux", se félicite le mandataire écologiste. Mais qu'en est-il de l'élargissement de la formule jusqu'aux frontières du RER, à savoir Nivelles, Louvain-la-Neuve, Grammont, Dendermonde… "Le grand enjeu est d'arriver à une logique plus large. Le Brupass est en quelque sorte un projet pilote. Mon ambition est d'arriver à une intégration tarifaire poussée sur l'ensemble du territoire."
