Réforme du TEC : beaucoup de choses vont changer pour les usagers
Le gouvernement wallon prépare une refonte du contrat du TEC afin de rendre le réseau plus flexible et plus fiable, avec davantage de transport à la demande, de meilleures correspondances train-bus et une évolution progressive des tarifs.

- Publié le 12-12-2025 à 15h54
- Mis à jour le 12-12-2025 à 17h48

Le Gouvernement wallon engage une profonde révision du contrat de service public (CSP) du TEC afin de rendre le réseau "plus agile, plus fiable et plus utile au quotidien". Pour François Desquesnes, ministre wallon de la Mobilité, l'enjeu est clair. "Il faut aller chercher les clients là où ils se trouvent, mais aussi avec le bon moyen de transport."
Aujourd'hui, modifier une ligne ou adapter une offre reste trop lourd. Le ministre veut donc donner "davantage d'autonomie" à l'opérateur – l'OTW – pour pouvoir dédoubler une ligne surchargée ou, au contraire, basculer vers du transport à la demande lorsqu'un "bus circule avec un ou deux passagers, ce qui est une hérésie économique et environnementale".
La fiabilité constitue l'autre pilier du futur CSP. "La fiabilité, c'est la promesse que l'offre sera effectivement concrétisée", insiste le ministre, alors que certaines zones subissent encore un absentéisme élevé. L'information aux voyageurs devra aussi être délivrée en temps réel, comme à la SNCB.
Le gouvernement veut également renforcer les correspondances train-bus, notamment via la mise en place d'un système qui permet à un bus de retarder son départ en cas d'arrivée tardive d'un train. "Les correspondances doivent être réellement organisées, martèle le ministre. Par exemple, un chauffeur de bus aura l'occasion de savoir qu'un train aura du retard, et pourra l'attendre quelques minutes pour ne pas faire louper une correspondance aux navetteurs."
Les grèves : un chantier sensible
Autre chantier sensible : la continuité du service lors des grèves. François Desquesnes demande un accord sur un service garanti entre l'OTW et les syndicats. "Nous voulons protéger le droit au transport public des usagers, mais j'insiste sur le fait que cela doit se faire en concertation avec toutes les parties."
Côté tarifs, une évolution est inévitable. Aujourd'hui, seuls 10 % du coût du service sont financés par les usagers, contre 14 % en Flandre et 26 % à Bruxelles. L'objectif est donc d'atteindre progressivement 14 %. "Trois leviers y contribueront : la lutte contre la fraude, une hausse de la fréquentation et une tarification modernisée", avance-t-il. Le ministre souhaite aussi "la mensualisation des abonnements, comme c'est par exemple le cas pour un abonnement téléphonique ou à Netflix, afin d'éviter des dépenses trop lourdes en début d'année".
Le document d'orientation adopté par le gouvernement ajoute d'autres priorités : un développement renforcé du transport à la demande, une meilleure desserte des pôles économiques et touristiques, la sécurisation des grands projets (BHNS liégeois, métro léger de Charleroi) et une modernisation de la billetterie. Le TEC devra aussi poursuivre sa transition environnementale et améliorer l'accessibilité du réseau.
L'objectif final, conclut Desquesnes, est de "garantir un service fiable, durable et utile pour tous".
