Galant, Marghem, Wilmès, De Decker... La série noire qui fragilise le MR
Les libéraux ont vécu un véritable mercredi noir.
- Publié le 28-10-2015 à 19h16
- Mis à jour le 29-10-2015 à 06h57

Chaque parti, chaque ministre, chaque homme ou femme politique, connaît un jour, dans son parcours, une série noire. C'est presque un passage obligé. Mais celle que traverse en ce moment le MR pourrait laisser des traces parce que ce n'est ni plus ni moins que l'honnêteté, les compétences et la crédibilité de certaines de ses plus fortes personnalités qui sont mises en doute. Et forcément, cela rejaillit sur tout le parti. Reprenons, au lendemain d'un mercredi noir pour les libéraux
Au cœur de la tourmente, Jacqueline Galant, ministre de la Mobilité, fortement soupçonné d'avoir menti, mercredi, dans le cadre de l'affaire du cabinet Clifford Chance. L'accusation est grave. Sans doute la pire que l'on puisse proférer à l'encontre d'un politique puisqu'elle fragilise directement son intégrité morale, donc la confiance que peut avoir l'électeur envers lui. En plus, Mme Galant pourrait avoir enfreint certains prescrits légaux. Grave également pour un ministre, garant de l'Etat de droit.
Les attaques contre la bourgmestre en titre de Jurbise ne sont pas neuves. Jacqueline Galant avait déjà été abondamment critiquée par l'opposition pour sa lecture, disons, approximative des chiffres budgétaires, pour certaines déclarations matamoresques ou pour des promesses tardant à se concrétiser.
Le "burden sharing" de Marghem
L'autre ministre MR sur le gril de l'actualité est Marie-Christine Marghem. Personne ne remet en cause, au Parlement, son intelligence et ses compétences en matière de justice. Sauf qu'elle a atterri à l'Energie… Elle a éprouvé à plusieurs reprises des difficultés à défendre les choix du gouvernement, essentiellement sur la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires, un dossier dans lequel elle avait manqué de transparence et qui lui avait valu un (léger) rappel à l'ordre de son Premier ministre, le libéral Charles Michel. Et puis, mercredi, "La Libre" révélait qu'elle avait mal négocié "le burden sharing" (l'accord climatique belgo-belge) au nom du gouvernement fédéral.
Ensuite, dans une moindre mesure, il y a cette polémique née mercredi entre la ministre MR du Budget, Sophie Wilmès, et son homologue des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA). Les deux ne s'entendent visiblement pas sur le montant qui reste encore à trouver pour financer le tax shift d'ici à la fin de la législature. Entre deux milliards d'euros pour la première et un milliard pour le second. Gageons que c'est le genre de polémiques qui sera rapidement oubliée. Mais elle arrive mal parce que Sophie Wilmès a pour mission de faire oublier l'image médiocre de son prédécesseur, Hervé Jamar, qui n'avait jamais convaincu au Budget.
Enfin, ajoutez à cela qu'on apprenait, mercredi encore, que le parquet de Bruxelles s'intéresse de plus en plus près à l'ancien président MR du Sénat Armand De Decker (actuel député-bourgmestre d'Uccle) dans l'affaire du "Kazakhgate", qu'on se demande toujours ce que va devenir le député Damien Thiéry à Linkebeek, et l'on comprend que le Mouvement réformateur se réveille ce jeudi matin avec une solide gueule de bois.
Le patron Charles Michel éclaboussé
Tous ces dossiers, s'ils ne concernent pas directement le MR, éclaboussent immanquablement le parti, ainsi que son patron Charles Michel. Jacqueline Galant, Marie-Christine Marghem et Hervé Jamar ont tous les trois été nommés ministres par ses soins. En outre, en tant que chef du gouvernement, c'est naturellement lui qui est le plus exposé. Et il se doit d'assumer l'ensemble des politiques de son équipe. Pas toujours évident, notamment sur le plan budgétaire, lorsque des chiffres contradictoires se succèdent (sur l'estimation des recettes fiscales ou la répartition de l'impôt entre les régions et fédéral).
Bref, des ministres libéraux fortement exposés. Charles Michel et Olivier Chastel, président du MR, qui vont devoir essuyer les plâtres. Et un Didier Reynders, vice-Premier MR, soigneusement absent de toutes ces polémiques. "On s'occupe de nos propres affaires. Que Charles Michel se débrouille", entend-on régulièrement du côté du ministre des Affaires étrangères. Cruel.