Chute d'Alain Mathot: le "Club des Cinq" du PS liégeois explose, la voie royale pour Frédéric Daerden
Voie royale pour le fils de Michel Daerden. Après la chute d'Alain Mathot, il n'a plus d'opposants.

- Publié le 02-07-2018 à 06h32
- Mis à jour le 06-07-2018 à 11h44

Voie royale pour le fils de Michel Daerden. Après la chute d'Alain Mathot, il n'a plus d'opposants.Les destins politiques se font et se défont, les cycles du pouvoir se succèdent. Souvent, ces changements d'époque s'installent discrètement, sans que ceux qui vivent et font l'histoire ne s'en aperçoivent. Parfois, un événement s'impose avec clarté pour désigner la rupture. A Liège, la capitulation d'Alain Mathot, samedi, signe la mort de l'ancienne oligarchie qui cadenassait le Parti socialiste.
Le "Club des Cinq", c'était le nom donné à l'alliance tactique entre Willy Demeyer, André Gilles, Jean-Claude Marcourt, Stéphane Moreau et Alain Mathot. Cette entente entre socialistes de la Principauté, imaginée à l'époque comme un contrepoids aux accès d'autoritarisme de Michel Daerden, a été balayée par l'affaire Publifin.
Willy Demeyer a renoncé à ses fonctions de parlementaire et à la direction de la fédération socialiste liégeoise. André Gilles a été exclu du PS et a quitté la tête du "gouvernement" de la Province de Liège, Stéphane Moreau est resté patron de Nethys (filiale de Publifin) mais a dû abandonner l'hôtel de ville d'Ans et a déchiré sa carte du PS. Jean-Claude Marcourt a perdu son portefeuille hyper-stratégique de ministre wallon de l'Economie suite au renversement d'alliance à la Région.
Le PS menacé à Seraing
Il restait Alain Mathot. Accusé depuis une dizaine d'années dans le dossier Intradel, le bourgmestre de Seraing ne sera pas sur la liste PS en octobre prochain. Il renonce également à se présenter aux élections fédérales de 26 mai 2019. A Seraing, il dit préparer sa succession. A trois mois du scrutin communal, le candidat qui reprendra la tête de liste dans cette commune de 65 000 habitants, marquée par le déclin de la sidérurgie, aura fort à faire. Selon un sondage, le PTB pourrait obtenir plus de 30 % des voix et s'imposer comme le premier parti au conseil communal. Mais la chute d'Alain Mathot, qui met un terme au "Club des Cinq", annonce aussi d'autres grands changements au PS liégeois : le fils de Michel Daerden, Frédéric Daerden, le bourgmestre de Herstal, va pouvoir prendre sa pleine mesure politique.
"Fredo", tête de liste fédérale
Aux dernières législatives, avant que Publifin ne passe par là, il avait dû accepter une place "de combat" sur la liste PS pour la Chambre (dernier). Alain Mathot ne voulait pas "pousser" la liste afin de figurer en meilleure position et s'assurer un siège de député. Frédéric Daerden avait toutefois été élu. Pour 2019, les cartes sont rebattues : il sera sans doute tête de liste au fédéral.
Six ans après la mort de "Papa", le clan Daerden va pouvoir préparer son come-back en région liégeoise. "Le destin est plein d'ironie, note un fin observateur socialiste. Le jour même où Frédéric Daerden se marie - en présence de Paul Magnette, d'Elio Di Rupo, de Laurette Onkelinx - et commence une nouvelle vie, Alain Mathot tire un trait sur une partie de la sienne… Le Club des Cinq était l'antithèse d'un projet socialiste et ne pouvait que disparaître."
Et la présidence de la "fédé" ?
La présidence de la fédération liégeoise du PS pourrait également intéresser Frédéric Daerden. En 2017, après le séisme Publifin, il avait envisagé de présenter sa candidature. Mais il avait finalement renoncé. Cet opposant historique au "Club des Cinq" ne voulait pas provoquer une guerre interne alors que le socialisme principautaire était déjà à terre. Jean-Pierre Hupkens, proche de Willy Demeyer, avait alors été élu de justesse (50,09 % des voix des militants). Si "Fredo" le souhaite, un boulevard s'ouvre devant lui pour le contrôle du PS liégeois.