Le Vlaams Belang, né sur les cendres du Vlaams Blok, en est-il la copie conforme?
- Publié le 27-05-2019 à 22h45
- Mis à jour le 28-05-2019 à 15h28

Le Vlaams Belang est né le 14 novembre 2004, sur les cendres du Vlaams Blok, dont il est la copie (presque) conforme. Le Blok avait été condamné, le 21 avril, par la cour d'appel de Gand pour racisme et xénophobie.
Le parti risquait de perdre sa dotation publique et décida de changer de nom… tout en gardant son identité. "Mêmes initiales, mêmes couleurs", écrivit Christian Laporte, dans un article de La Libre consacré à l'historique du parti.
Retour en arrière. En 1949, des ex-collaborateurs blanchis par la justice se présentent aux élections législatives sous la bannière de la Vlaamse Concentratie. Le parti n'a aucun élu, mais il fait le lit de la Volksunie, lancée en 1954. En 1977, les leaders de la Volksunie, Hugo Schiltz en tête, négocient avec le SP, le CVP, le PSC et le FDF, le Pacte d'Egmont qui fait de la Belgique un régime fédéral protégeant les droits des Flamands et des francophones. Ce Pacte, l'aile radicale de la Volksunie ne le digère pas car il accorde, selon elle, trop de concessions aux francophones. Elle se rassemble autour de Karel Dillen, flamingant d'extrême droite, et quitte la Volksunie. Karel Dillen fonde le VNP, le Vlaams Nationale Partij, alors qu'un autre ex-leader de la VU, le Bruxellois Lode Claes, crée le Vlaamse Volkspartij.
Le 24 novembre 1991 ou le dimanche noir
Aux législatives de 1978, les deux formations créent un cartel sous le nom de Vlaams Blok. Dillen est élu, pas Claes qui quitte le VB. Dillen siège longtemps seul ou presque au Parlement… jusqu'au dimanche "noir" du 24 novembre 1991. Ce jour-là, le Vlaams Blok voit son nombre d'élus passer à la Chambre de 2 à 12 et de 1 à 5 au Sénat. Dans la foulée, le parti rédige un plan aux accents racistes en 70 points. Le choc est si rude que, le 18 novembre 1992, le Parlement flamand vote une motion condamnant le programme "anti-immigrés" du Blok.
Le 13 juin 2004, juste après sa condamnation, le VB, avec 24,2 % des votes, devient le deuxième parti de Flandre, derrière le cartel CD&V/N-VA. Il tombe à 15,3 % en juin 2009 puis à 12,3 % aux législatives de l'année suivante. C'est le début d'un déclin lié à l'émergence de la N-VA et à la tactique dévastatrice de son président Bart De Wever, qui réussit à siphonner les voix jusqu'alors accordées au Belang. Aux communales de 2012, à Anvers, le VB dégringole. Et aux législatives de 2014, il ne décroche que six sièges.
Mais les cinq ans qui viennent de s'écouler ont vu des thématiques porteuses pour le Belang (comme celle de l'immigration) s'imposer dans le calendrier politique. En outre, le parti a rajeuni ses cadres. Filip Dewinter, tout en restant très actif, a passé le flambeau à l'un de ses "fils spirituels", Tom Van Grieken, au discours plus social (notamment à propos des pensions et des allocations) même si le fond demeure hyper radical.
Une campagne menée tambour battant sur les réseaux sociaux et centrée sur les jeunes a achevé de relancer la mécanique d'un parti qui a volé des voix à la N-VA mais aussi à tous les partis traditionnels.