Le PS se place sur le terrain climatique et ce n'est pas du goût de tout le monde
En prônant la gratuité des transports en commun, Paul Magnette double Écolo et le PTB.

- Publié le 27-09-2021 à 06h53
- Mis à jour le 27-09-2021 à 06h54

Le président du PS, Paul Magnette, s'est baladé tout le week-end sur les plates-bandes écologiques. Ce samedi, il rencontrait les militants pour développer le concept d'éco-socialisme. Il s'est notamment montré au côté d'Adélaïde Charlier, la coordinatrice francophone du mouvement Youth for climate . Le matin même, il avait allumé la mèche en déclarant au Soir vouloir arriver à "la gratuité totale" des transports en commun - le train compris. Et de lorgner vers le grand-duché du Luxembourg, qui applique la gratuité depuis quelque temps. "Avec un Premier ministre libéral. C'est pas Cuba."
Taxe sur les comptes-titres
Pour Paul Magnette, il faut un électrochoc "à un moment donné". Ce moment est là : il y a eu les pluies meurtrières de l'été. Il y aura la Cop 26 à Glasgow en novembre. Et ce ne serait pas une folie. La gratuité à la SNCB coûterait 700 millions à l'État. "C'est ce que rapporte la billetterie chaque année." Ce montant, Magnette propose d'aller le chercher sur les comptes-titres. "La taxe de 0,15 % sur les comptes-titres rapporte 500 millions par an. En portant le taux à 0,5 %, on a largement les moyens nécessaires", calcule-t-il rapidement.
La sortie n'a pas été du goût de tout le monde cependant. "Un nouveau jour, une nouvelle proposition extrêmement coûteuse du PS", a réagi le député N-VA Tomas Roggeman. Le président du MR, pourtant partenaire du PS dans la majorité fédérale, a dit à peu près la même chose. "Le @PSofficiel continue à faire croire à l'argent gratuit. […]. Les dépenses #PS d'aujourd'hui, ce sont les impôts de demain et la dette abyssale que nos enfants devront supporter", a twitté Georges-Louis Bouchez, président du MR.
Quant au ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet (Écolo), il a semblé un peu soufflé. "Je suis heureux que Paul Magnette revendique avec moi davantage de moyens pour le rail, a-t-il glissé. Priorité au renforcement du réseau après des années de désinvestissement, à l'amélioration du service avec des trains supplémentaires et à l'accessibilité tarifaire, surtout pour les jeunes et les aînés." C'est quand même moins clinquant que la gratuité totale.
De toute évidence, les socialistes ont choisi d'occuper le terrain environnemental. Il y a quelques jours déjà, Conner Rousseau, président de Vooruit, avait sommé le Premier ministre d'organiser un Conseil des ministres spécial avant la Cop 26, doublant Groen sur son propre terrain. Ce week-end, le PS l'a imité. En se payant au passage le scalp du PTB, qui fait de la gratuité des transports en commun un cheval de bataille depuis de longues années.
Ce positionnement intervient alors que le gouvernement fédéral est lancé à corps perdu dans la confection du budget 2022. Reste à voir s'il fera avancer la cause environnementaliste.