À quoi sert l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) ? "Il y a des réunions où je me demandais ce que je faisais là"
La section Belgique de l'APF organise régulièrement des missions à l'étranger. Mais à quoi sert cet organisme?

- Publié le 17-01-2023 à 06h32
- Mis à jour le 17-01-2023 à 10h12

L'APF (Assemblée parlementaire de la Francophonie) regroupe plus de 80 pays ou régions francophones à travers le monde, comme la France et le Québec, mais aussi des pays dont l'histoire a été marquée par la langue française. L'organisme, né en 1967, est basé à Paris. La section belge est l'un des plus conséquente, derrière la France.
Elle est dirigée par un bureau de section qui se compose de 13 députés, désignés par les partis. "La section APF est hébergée au parlement de la communauté française mais est une entité distincte puisqu'elle regroupe et abrite tous les députés francophones de Belgique", insiste Xavier Baeselen, greffier de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
"L'APF se réunit une fois par an en séance plénière, comme en 2022 à Kigali, mais des réunions de commissions (coopération, affaires parlementaires etc.) et du bureau ont aussi lieu durant l'année. En théorie, un représentant de la section belge doit être présent aux réunions de sa commission. À côté de cela, il y a aussi le réseau des femmes parlementaires et des jeunes parlementaires", nous indique Mathieu Daele (Écolo), député à la Fédération Wallonie-Bruxelles et président de la section belge de l'APF.
Les députés membres du bureau occupent chacun une fonction bien précise. On y retrouve un mélange de jeunes élus (Malik Ben Achour, PS, Pierre-Yves Lux, Écolo), de parlementaires madrés (Benoît Piedbœuf, MR, Gaetan Van Goidsenhoven, MR, et Latifa Gahouchi, PS) mais aussi de gloires dont l'étoile a pâli (Jean-Charles Luperto), dont deux ex ministres (René Collin, les Engagés et Philippe Courard, PS).
Tous ne voyagent pas au même rythme.
"Deux membres de la section belge ont des postes au niveau de l'APF international. M. Wahl est vice-président de l'APF international et M. Luperto préside la section Région Europe. A ce titre, ils sont amenés à effectuer des réunions en dehors du pays, dans lesquelles ils ne représentent pas la Belgique. Mais comme la Belgique occupe cette présidence et cette vice-présidence, nous payons les déplacements, contextualise Mathieu Daele. "En revanche, quand il s'agit de missions organisées par l'APF et l'OIF (pendant gouvernemental de l'APF), c'est à eux de les prendre en charge."

Philippe Courard (PS), rapporteur de la commission politique et représentant de la région Europe pour la révision des statuts de l'APF, effectue lui aussi un grand nombre de missions à l'étranger. "Quand l'OIF, par exemple, lance une mission, nous lançons des appels aux parlementaires candidats, puis on sélectionne. Philippe Courard représente aussi sa commission dans le G5 Sahel (un organe de coopération actif dans la région)", reprend Mathieu Daele.
Et la visioconférence ? "Clairement une chose à mettre en œuvre plus largement à l'avenir"
Ne faudrait-il pas, pour autant, privilégier pour certaines missions éloignées la visio-conférence, comme durant la crise Covid ? "Nous l'avons fait pour deux des trois commissions qui se sont réunies à Bruxelles en 2021 et 2022. Mais peu d'assemblées sont en mesure technique de le faire dans des conditions de qualité suffisantes. L'expérience du bureau de janvier 22 à Libreville (Gabon), où les sections nord-américaines n'avaient pas d'autorisation de sortie du territoire, n'a pas été un succès en termes de qualité de retransmission et d'échanges", note Mathieu Daele. "Mais c'est clairement une chose à mettre en œuvre plus largement à l'avenir. Et cela plaide pour notre candidature d'organisation du bureau en 2024 à Bruxelles."
Sur le fond, les députés membres du bureau de l'APF se disent convaincus de son utilité. "L'APF, c'est le retentissement des pays francophones. Avec l'influence des Anglo-saxons, il est important d'avoir des contacts, en particulier avec les pays africains", assure Françoise Schepmans (MR).
"Il y a déjà eu des réunions où je me demandais ce que je faisais là"
"C'est sûr qu'il y a déjà eu des réunions où je me demandais ce que je faisais là. À l'inverse, d'autres sont très utiles. C'est comme vous quand vous allez à une conférence de presse", ajoute Jean-Paul Wahl.
Mais à quoi sert l'APF ? Dans un rapport de 2016, Jean-Paul Wahl répondait à cette question. Selon lui, l'organisme a dépassé son objectif originel de promotion de la langue française. Au-delà de son pan développement économique, il permet la "mise en place de réseaux de soutien aux États francophones pour leur insertion dans des Organisations internationales" mais aussi "l'intervention lors de crises (ex : Côte d'Ivoire…) ou encore "la concertation francophones préalables", par exemple lors des COP. Reste à le faire mieux connaitre. Et à lui assurer plus de transparence.