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Crise agricole : "Le MR est sur la défensive et est mis sous tension par Les Engagés", analyse Pascal Delwit (ULB)

Si la crise agricole devait s'envenimer et durer, alors que l'on vote le 9 juin, quelles sont les formations politiques qui pourraient en souffrir ? Pour le politologue Pascal Delwit (ULB), les libéraux pourraient être mis en difficulté.

Manifestation d'Agriculteurs devant le siege du MR
Manifestation d'agriculteurs devant le siege du MR. ©Jean Luc FLEMAL

Les agriculteurs semblent, en général, plutôt proches du MR et des Engagés (ex-CDH). Ces partis vont-ils pouvoir tirer profit de la crise actuelle en se faisant le porte-voix de la ruralité ?

Historiquement, en Belgique, le monde agricole a plutôt été encadré par la démocratie chrétienne au sens large, par les syndicats tels que le Boerenbond. Toutefois, dans la période contemporaine, on trouve des poches anticléricales dans le monde rural, comme il en existe en France, en Italie ou en Espagne. Pendant longtemps, on a connu une dualité dans le syndicalisme agricole avec, d'un côté, l'organisation chrétienne et, de l'autre, l'organisation anticléricale qui agrégeait des socialistes, des libéraux et même quelques communistes. Depuis près d'une cinquantaine d'années, sur le plan politico-électoral, le monde agricole connaît essentiellement une compétition entre les libéraux et les sociaux-chrétiens. C'est-à-dire, actuellement, entre le MR et Les Engagés. La contestation qui anime actuellement les agriculteurs peut susciter une lutte entre ces deux partis. Mais ce sont aussi des partis de pouvoir et un vote de méfiance à leur endroit ne peut être exclu.

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