Des premiers engagements politiques qui peinent à convaincre les agriculteurs: "On ne va pas les calmer avec ça"
Plusieurs réunions de concertation se sont tenues ce mardi entre les syndicats agricoles et les autorités politiques wallonnes et fédérales. Des pistes de solutions sont dégagées, mais peinent à calmer la colère des agriculteurs.
- Publié le 30-01-2024 à 22h16
- Mis à jour le 31-01-2024 à 12h50

Plusieurs réunions ont eu lieu ce mardi entre les représentants des fédérations d'agriculteurs et les autorités politiques.
En début d'après-midi, les syndicats ont été reçus à Namur par les ministres wallons de l'Agriculture Willy Borsus (MR) et de l'Environnement Céline Tellier (Écolo). Près de 500 tracteurs étaient présents sur place. Les rencontres se sont clôturées vers 16 heures Les agriculteurs ont ensuite progressivement quitté la capitale wallonne.
Philippe Duvivier, président de la Fugea, l'une des principales fédérations agricoles, précise que le ministre Willy Borsus a donné "quelques garanties" – celle, notamment, de prévoir à l'avenir plus de réunions entre les autorités politiques et le monde agricole. Le ministre libéral a aussi, selon la Fugea, promis que des simplifications administratives allaient être mises en place. La ministre Céline Tellier n'a de son côté "pas convaincu" les agriculteurs, note encore la Fugea.
Les syndicats se sont ensuite dirigés vers Bruxelles pour une rencontre avec le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD). Ils ont notamment plaidé pour que l'agriculture soit inscrite à l'ordre du jour du Sommet européen de ce jeudi.
La Belgique portera la voix des agriculteurs à l'UE
À l'issue de la rencontre, le Premier ministre a indiqué que la Belgique entendait remettre sur la table la règle d'obligation de jachère incluse dans la Politique agricole commune (PAC). Cette mesure, qui impose à chaque exploitation un taux de 4 % de surfaces non productives, est dénoncée avec force dans les manifestations d'agriculteurs. Elle fait partie d'un paquet de quatre éléments que le gouvernement fédéral entend renégocier.
Le deuxième sujet abordé concerne la charge administrative. Le ministre de l'Agriculture David Clarinval (MR) a exprimé son intention de mettre en place un groupe de travail avec les entités fédérées dans le but "d'évaluer les tracasseries" et de "diminuer les contrôles". La troisième mesure concerne une reprise de la "concertation chaîne" sous l'égide du fédéral. Cette plateforme rassemble les producteurs, les distributeurs et les entreprises impliquées dans la chaîne alimentaire. Enfin, le gouvernement fédéral entend ouvrir une réflexion plus générale sur la PAC à l'occasion du Conseil agriculture et pêche qui se tiendra en février prochain.
De leur côté, les syndicats ont salué "l'écoute" du Premier ministre, loué la position des autorités sur les simplifications administratives et salué la réactivation de la "concertation chaîne". Ils n'ont pas moins regretté l'absence de certains engagements, notamment concernant le traité Mercosur. Marianne Streel, la présidente de la FWA, a indiqué qu'il faudrait "veiller au rythme". Florian Poncelet, le président de la FJA, a par ailleurs avertit : "On ne va pas calmer [les agriculteurs] avec ça".