"On ira au finish si nécessaire" : les agriculteurs saluent des premiers engagements politiques, mais attendent beaucoup plus
Les syndicats du monde agricole ont rencontré les autorités politiques wallonnes et fédérales cette semaine. Ils saluent des premières avancées concrètes, mais veulent plus. Ils menacent de poursuivre les mobilisations si rien de mieux n'est proposé.
- Publié le 01-02-2024 à 07h50

Les rencontres entre délégations syndicales agricoles et autorités politiques se sont enchaînées cette semaine. Les syndicats ont été reçus par le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) et le ministre fédéral de l'Agriculture David Clarinval (MR) mardi soir, avant de rencontrer plusieurs membres du gouvernement wallon mercredi matin. Étaient présents, lors de cette rencontre face aux agriculteurs, le ministre-président Elio Di Rupo (PS), le ministre de l'Agriculture Willy Borsus (MR) et le ministre du Climat Philippe Henry (Écolo), qui remplaçait la ministre de l'Environnement Céline Tellier (Écolo), absente pour raisons personnelles.
Les revendications des agriculteurs ont été mises sur la table, tant au niveau fédéral que régional. "On a senti une certaine écoute, une volonté de travailler et de chercher des solutions", précisait Florian Poncelet, le président de la Fédération des jeunes agriculteurs (FJA) à l'issue de ces réunions. Les autorités se sont ainsi engagées à mettre sur pied, dès vendredi au fédéral selon nos sources, une taskforce qui veillera à simplifier les démarches administratives imposées aux agriculteurs.
Un besoin de vision à long terme
Le gouvernement wallon s'est aussi engagé à s'opposer fermement au traité de libre-échange UE-Mercosur. "Nous sommes contre ce projet d'accord et nous le disons clairement", a ainsi affirmé Elio Di Rupo. Le fédéral est resté plus réservé sur ce point, mais a promis que la suppression de l'obligation des 4 % de terres non productives (jachères) serait portée au niveau de l'Union européenne. La Commission européenne a d'ailleurs proposé ce mercredi de prolonger pour l'année 2024 la dérogation qui permet d'éviter aux agriculteurs cette obligation. "Ça ne règle pas tout, mais c'est déjà une victoire", a réagi Marianne Streel, présidente de la Fédération wallonne de l'agriculture (FWA). Les syndicats s'inquiètent cependant de l'absence de solution ou d'alternative au-delà de 2024. "On a besoin de vision à plus long terme", s'agaçait Philippe Duvivier, président de la Fédération unie de groupements d'éleveurs et d'agriculteurs (Fugea).
De son côté, Canopea, la fédération des associations environnementales belges, regrette que "les jachères soient pointées du doigt pour détourner l'attention et ainsi éviter de répondre aux revendications des agriculteurs qui visent les dérives du marché ultra-libéralisé des produits".
Malgré des avancées notables et saluées par les agriculteurs, le combat semble loin d'être terminé. "Ces annonces politiques diminuent un peu la pression, mais elle reste très haute malgré tout, souligne Florian Poncelet. Si on ne nous donne pas plus, la mobilisation pourrait continuer le week-end et la semaine prochaine. On ira au finish si nécessaire."
Le gouvernement flamand rencontrera de son côté les représentants du monde agricole flamand vendredi.