La question que tout le monde se pose chez DéFi, l'inquiétude soulevée par un sondage en Flandre
Chaque vendredi, La Libre vous propose un résumé de l'actualité pré-électorale en Belgique en revenant sur les trois faits marquants de ces sept derniers jours.

- Publié le 08-03-2024 à 16h23
- Mis à jour le 15-03-2024 à 13h55

J-93. À trois mois des élections fédérales, régionales et européennes, la sphère politique belge s'agite. Les annonces s'enchaînent. Les partis resserrent leurs rangs en vue du mégascrutin du mois de juin. Pour y voir plus clair, La Libre vous propose chaque vendredi de revenir sur les trois actualités qui ont marqué la semaine politique. Nouvelles recrues, tensions, programmes... découvrez tout ce que vous auriez pu rater ces derniers jours.
1. Tous les regards se tournent vers Olivier Maingain
Dire que les dernières semaines ont été compliquées chez DéFi est un euphémisme. Le parti amarrante est le théâtre d'une guerre interne qui fait les choux gras de la presse francophone. Initié par Olivier Maingain - qui a accusé le chef de cabinet de son président de tricherie -, le conflit semble prendre la voie de l'apaisement. Ce jeudi, se tenait un conseil général décisif pour l'avenir de la formation politique.
Les échanges ont été tendus mais constructifs. Au terme de quatre heures de discussion, il a été décidé de revoter dans les 10 jours la fameuse liste régionale bruxelloise à l'origine du litige. En cas de rejet, des modifications pourraient être apportées à la liste.
L'ordre semble revenir donc au sein du parti. Mais il suffit d'une étincelle pour que le feu reprenne. Et on sait d'où cela pourrait venir. Le bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert à l'origine des tensions n'était pas présent ce jeudi au conseil général. Il avait ouvertement communiqué sur le fait qu'il ne se rendrait pas à l'importante réunion pour manifester son mécontentement face à ses propositions rejetées par le parti amarrante. Olivier Maingain n'a toujours pas, à l'heure d'écrire ces lignes, réagi aux décisions prises par DéFi ce jeudi. Mais l'on sait que certains des choix sont contraires à ceux qu'il prône. Raison pour laquelle tous les regards sont tournés à présent vers l'ancien président du parti, qui avait déjà menacé de démissionner si les choses n'évoluaient pas comme il le souhaitait. Du côté de ses proches, on n'a pas hésité à faire part d'un mécontentement général. "François De Smet a imposé un vote à main levée. Il a réalisé un coup de force, qui ressème la zizanie en interne. (...) Il y aura des démissions", a confié un membre du clan d'Olivier Maingain.
2. Un nouveau sondage enfonce le clou en Flandre
C'est la tradition: à l'approche d'un scrutin, les sondages se multiplient. S'il faut toujours prendre les résultats de ces enquêtes avec des pincettes, ils n'en restent pas moins un bon aperçu de ce qui pourrait sortir des urnes. Et ce que nous apprend le dernier sondage fait peur.
Si des élections devaient se tenir aujourd'hui, c'est le Vlaams Belang qui ressortirait vainqueur en Flandre. Jusque là, rien de neuf. Ce qui choque surtout, c'est l'écart qui sépare le Vlaams Belang de la N-VA. Avec 27,8% des intentions de vote, le parti d'extrême droite distancie la formation de Bart De Wever qui ne récolte plus que 18,9% des voix, selon l'enquête d'opinion de la VRT et du Standaard. Les nationalistes flamands perdent des plumes par rapport à une enquête de décembre 2023 dans laquelle ils réunissaient 21,3% des intentions de vote (et 24,8% des voix lors du scrutin de 2019).
Une telle percée de l'extrême droite inquiète mais n'étonne personne. "Le mécontentement des gens est grand", confie Herman De Croo (Open Vld) à La Libre. Reste à savoir maintenant si le parti de Tom Van Grieken, dont le succès aux élections semble assuré, va réussir à tirer profit de sa victoire pour monter au pouvoir en Flandre. La plupart des formations politiques lui ont fermé la porte, mais la N-VA reste floue sur le sujet. Bart De Wever n'a pas dit non, mais il n'a pas dit oui non plus. Il a préféré renvoyer la balle aux autres présidents de parti flamands. Sont-ils prêts à participer à une coalition fédérale sans majorité flamande ? Si oui, il ne faudra pas compter sur les nationalistes flamands en Flandre, a averti le bourgmestre d'Anvers. Et on sait ce que cela voudrait dire...
3. Youssef Handichi: cette fois, c'est la bonne
Après des semaines d'atermoiements, l'annonce est enfin tombée: Youssef Handichi rejoint les rangs libéraux. Il sera 3ème sur la liste fédérale du MR à Bruxelles. Georges-Louis Bouchez a présenté sa nouvelle recrue à la presse, ce mardi 5 mars. Et cette fois, Youssef Handichi ne lui a pas fait faux bond. L'ancienne machine à voix du PTB ne s'est pas volatilisée au dernier moment, ne répondant plus aux appels des libéraux. Il était bien là, tout sourire.
Après tout, ses exigences ont été satisfaites puisque, comme il le souhaitait, son nom figurera sur la même liste qu'Alexia Bertrand. L'ancienne cheffe de groupe du MR au parlement bruxellois, passée à l'Open Vld, se trouvera juste derrière Handichi à la 4ème place. Libéraux flamands et francophones unissent donc leurs forces à Bruxelles.
"Nous envoyons un signal très clair aux partenaires potentiels: c'est la famille libérale dans son intégralité. Donc si certains veulent mettre l'un de nous dehors, l'autre fera en sorte de le ramener", a insisté le président du MR. Pour sceller cette alliance, les deux formations politiques ont travaillé sur une "plateforme programmatique commune" ces derniers mois. Pas sûr que Paul Magnette (PS) et Bart De Wever (N-VA) aient sorti le champagne en apprenant la nouvelle...