Des militaires belges déployés à Paris pour renforcer la sécurité des Jeux olympiques
La Belgique a répondu favorablement à une demande du gouvernement français.

- Publié le 02-04-2024 à 19h53

Dans moins de quatre mois, vont débarquer à Paris pour les Jeux olympiques (JO) quelque 10 500 athlètes, ainsi que… des militaires belges. Ces derniers vont participer à la sécurisation du premier événement sportif de la planète. "Plusieurs nations étrangères vont nous renforcer dans certains domaines critiques, comme les capacités cynophiles, où les besoins sont énormes pendant les JO", indiquait le ministère des Armées français, il y a quelques jours. Parmi ces nations : la Belgique.
"Le gouvernement français a sollicité la Belgique pour une contribution à la protection et à la sécurité des Jeux olympiques de Paris 2024, a confirmé la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), mardi, à La DH. La Défense belge a donc étudié la possibilité d'une participation et a conclu qu'une contribution est envisageable dans le cadre du Plan opérations 2024 [de l'armée belge]. Le soutien militaire belge se situerait dans le domaine de la recherche et de la neutralisation d'engins explosifs – c'est-à-dire le déminage. Il est reconnu que la Défense belge dispose d'une expertise dans ce domaine et est régulièrement sollicitée pour des interventions internationales."
Passe d'armes entre Dedonder et Bouchez
"Donc nos militaires ne peuvent pas être dans les rues de Bruxelles mais bien dans les rues de Paris. La ministre de la Défense se moque des gens. Ça pourrait être drôle si ça n'était pas grave", a commenté, sarcastique, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, sur le réseau social X (ex-Twitter). Le libéral fait référence aux demandes de son parti, la semaine dernière, visant à déployer des militaires dans les rues de Bruxelles pour aider la police à faire face aux trafiquants de drogue. Une demande qui avait été balayée par la ministre Dedonder.
"Encore une fois de la désinformation du MR…, a réagi cette dernière, mardi, sur X. On envoie 3 démineurs du Sedee (le service de déminage de l'armée, NdlR) et non pas des militaires dans les rues. Une unité qui, d'ailleurs, effectue déjà ce travail sur le territoire belge avec cette année déjà 25 interventions d'urgence."
"Il n'y a pas de militaires en rue à Paris ? La Belgique ne va-t-elle pas collaborer à cette opération de sécurisation ?, a répliqué le président libéral. Voilà… encore une fois, vous êtes dans l'incohérence et la bête bataille politicienne au lieu d'assumer pleinement votre rôle."
Le job des démineurs
L'idée du MR consiste à confier à des militaires la protection de lieux sensibles (ambassades, institutions publiques, etc.) aujourd'hui assurée par des policiers pour que ces dernières puissent se consacrer à d'autres tâches, telles que la lutte contre le trafic de drogue.
Le vice-Premier ministre MR, David Clarinval, avait fait remarquer, la semaine dernière, qu'une demande similaire avait été rencontrée en 2023 du côté d'Anvers (des militaires avaient été déployés, non pas au port d'Anvers, comme l'avait dit par erreur M. Clarinval, mais à la centrale nucléaire de Doel, voisine du port).
Le déploiement de démineurs, comme c'est prévu à Paris, répond toutefois à une logique différente puisqu'il ne s'agit pas de remplacer la police dans l'une de ses tâches, mais d'effectuer une mission que la police n'assume pas. En Belgique, les opérations de déminage sont toujours assurées par l'armée.