La renaissance : Les Engagés en passe de retrouver le pouvoir partout
Le parti de Maxime Prévot décroche une victoire spectaculaire et réussit le pari du renouveau.

- Publié le 09-06-2024 à 23h16

En progression partout, à peu près dans tous les bureaux de vote de Wallonie et de Bruxelles. Les Engagés et leur président Maxime Prévot ont réussi leur pari haut la main : imposer massivement la couleur turquoise dans les parlements du pays et faire oublier le CDH, auquel ils ont succédé en mars 2022 après un long processus de refondation et une claque électorale historique en 2019.
À l'heure d'écrire ces lignes, dimanche en fin de soirée, les centristes décrochaient 15 sièges à la Chambre des représentants (Parlement fédéral), contre 5 en 2019. Dans les Régions, Les Engagés obtenaient 17 sièges au Parlement de Wallonie, contre 10 en 2019 ; et 7 ou 8 au Parlement bruxellois, contre 6, cinq ans plus tôt.
C'est donc à Bruxelles que la progression est la plus timide. Dimanche soir, le mouvement Les Engagés finissait cinquième parti bruxellois. Mais on peut estimer qu'il s'agit d'un bon résultat. Pour plusieurs raisons. Premièrement, parce que Bruxelles n'a jamais été une place forte des centristes, même à l'époque du CDH et du PSC. Deuxièmement, parce qu'il n'y a pas si longtemps, la tendance allait plus à la disparition du parti dans la capitale qu'à un redressement. Enfin, troisièmement, parce que, dimanche soir, il était en passe de damer le pion à Défi (en forte baisse), son concurrent direct au centre de l'échiquier politique bruxellois, et donc en mesure de pouvoir remonter au gouvernement régional après cinq années passées dans l'opposition.
La société civile entre dans les parlements
En Région wallonne, il retrouvait sa troisième place, derrière le MR et le PS, alors qu'il n'était que cinquième en 2019, et a toutes les chances d'y retrouver le pouvoir après cinq ans d'opposition. Le mouvement avait misé sur l'apport de personnalités issues de la société civile pour incarner son renouveau. La stratégie a fonctionné.
L'ancien recteur de l'UCLouvain, Vincent Blondel, qui réalise un très gros score dans le Brabant wallon, Jean-Jacques Cloquet, ancien patron de l'aéroport de Charleroi, ou encore Olivier de Wasseige, ancien administrateur délégué de l'Union wallonne des entreprises, pousseront bientôt les portes du Parlement wallon pour la toute première fois.
Enfin, même musique au fédéral. Il faudra aussi compter avec Les Engagés pour la formation du prochain exécutif après dix années dans l'opposition. Dans le Brabant wallon, par exemple, la dernière fois que le parti envoyait un député à la Chambre, c'était en 2007. Dimanche soir, il en retrouvait deux, avec l'épidémiologiste Yves Coppieters et la transfuge du MR, Lyseline Louvigny, ancienne députée wallonne. Un véritable exploit.
Cerise sur le gâteau : le CD&V, le parti frère flamand, résiste en Flandre. Si bien que les centristes bataillaient avec les libéraux et les socialistes pour être la première famille du pays.