Réduction de la taille des cabinets, moins de ministres... Le MR et Les Engagés se marient pour s'attaquer aux "grosses faiblesses de la Wallonie"
Les deux partenaires veulent entre autres mettre fin au saupoudrage des moyens publics, réduire la taille des cabinets et proposer un projet global pour la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles.

- Publié le 11-06-2024 à 19h51

Georges-Louis Bouchez (MR) et Maxime Prévot (Les Engagés) étaient presque à l'heure, mardi au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour annoncer leur intention commune de former à deux, et rien qu'à deux, les gouvernements wallon et de la Fédération. Quarante-huit heures après les élections, c'est assez inédit : les choses avancent plus vite qu'à l'accoutumée. En tout cas pour ce qui est de la mise sur pied d'une majorité en Wallonie et en Fédération Wallonie. À Bruxelles, ils iront aussi à deux, mais les deux présidents de parti devront trouver les 10 sièges qui leur manquent pour assurer une majorité sur le banc francophone. "Le jeu est ouvert", disent-ils. Enfin au fédéral les deux partis marquent aussi leur volonté d'y aller ensemble.
En Wallonie et en Fédération, les deux présidents vont prendre quelques jours pour préparer les discussions qui débuteront lundi 17 juin au sein de groupes de travail. L'intention, là aussi, est d'aller vite. Des invitations seront par ailleurs lancées à différents acteurs de la société civile, comme "les partenaires sociaux, le monde associatif, les acteurs de l'éducation, environnementaux, du sport, etc.", explique Maxime Prévot. Et Georges-Louis Bouchez d'ajouter que ces invitations viseront aussi "des acteurs de terrains, des personnes qui se singularisent dans leur secteur comme des sportifs, des industriels, etc.".
La politique du gaufrier
Selon l'aveu même du président du MR, ces négociations vont durer quelques semaines, guère plus. L'intention est de négocier un accord dans lequel "nous ne trancherons pas le moindre détail qui doit relever de la vie d'un gouvernement", explique-t-il en ajoutant que "nous allons identifier les trois, quatre ou cinq grosses faiblesses de la Wallonie pour être efficace". Afin d'objectiver ces "grosses faiblesses", l'Iweps, l'institut statistique wallon, sera consulté par le duo MR/Les Engagés.
Les deux hommes veulent aussi marquer les esprits rapidement en "réduisant la taille des cabinets", en "ayant le moins de ministres possibles" pour les deux entités, et surtout en évitant "la politique du gaufrier" – selon les termes de Maxime Prévot. C'est-à-dire en ne faisant plus ce que les partis au pouvoir – eux compris – avaient eu tendance à faire. "Quand l'un reçoit 100, les autres partenaires reçoivent 100." En d'autres mots le MR et Les Engagés veulent mettre fin au saupoudrage des moyens publics, un véritable sport national en Wallonie.