Survol de Bruxelles : MR et Engagés rejettent la note de la N-VA
Une réunion du groupe de travail "Arizona" spécialement créé sur le thème sensible du survol de Bruxelles a eu lieu ce mercredi. Rien ne bouge dans les discussions, les francophones font bloc face à la vision des nationalistes flamands.

- Publié le 23-10-2024 à 17h06
- Mis à jour le 23-10-2024 à 17h08

Le retour du dossier maudit… Si le futur gouvernement De Wever espère régler la question du survol de la Région bruxelloise et de sa périphérie par les avions décollant de Zaventem, il y a encore du travail. Ce mercredi midi, les experts et les négociateurs du groupe de travail spécialement dédié à ce sujet ultrasensible se sont vus. Et un blocage total a été acté. Les partis francophones de la majorité "Arizona" – le MR et Les Engagés – ont demandé à la N-VA de revoir entièrement sa copie.
Il apparaît que Bert Wollants (député fédéral N-VA), qui préside ce groupe de travail, n'a pas tenu compte des remarques formulées dès cet été. "Les francophones ont rejeté sa note de travail, confirme une source. Il y a quand même moyen de trouver une solution autrement qu'en se jetant des avions à la tête d'une région à l'autre…" Des réunions bilatérales vont avoir lieu afin de tenter de déminer le dossier. Vu l'absence de la moindre esquisse de compromis "arizonien", le point ne sera même pas abordé ce jeudi, lors de la réunion plénière des présidents des cinq partis de la majorité en gestation.
Le retour du survol de Laeken
Entre autres, les nationalistes ont maintenu dans leur document l'un de leurs vieux fantasmes : permettre aux avions qui décollent de Zaventem de passer au-dessus du domaine royal de Laeken, c'est-à-dire au-dessus du Château de Laeken, lieu principal de résidence du Roi… Le survol de cette zone est interdit depuis 1954 pour des raisons évidentes de sécurité (certains atterrissages sont tout de même tolérés). La Libre avait pu révéler cet été ce projet de la N-VA qui aurait soulagé les communes flamandes de Wemmel, de Meise et de Grimbergen mais aurait détourné davantage de trafic au-dessus de la Région bruxelloise.
Dans la note N-VA, dont nous avons pu prendre connaissance, ce point est toujours mentionné en des termes sibyllins : "Nous supprimons la zone d'exclusion aérienne au-dessus du parc de Laeken." Une petite phrase aux conséquences lourdes pour les habitants de la Région-Capitale…
Contre-propositions francophones
Face au caractère inacceptable des idées nationalistes, les représentants des partis francophones ont demandé à la N-VA de repartir d'une page blanche et ont émis des contre-propositions. Ces pistes de travail ont pour objectif d'améliorer rapidement la qualité de vie de tous les riverains et habitants "survolés" sans toucher aux trajectoires des avions. Il s'agirait, par exemple, d'examiner la possibilité de supprimer les décollages entre six heures et sept heures du matin ou encore de limiter le nombre de mouvements sur certaines tranches horaires.
Face à l'inquiétude de la N-VA au sujet de l'impact économique de ces mesures sur l'aéroport national, les francophones ont réclamé l'objectivation de leurs éventuelles conséquences sur les activités commerciales mais aussi sur l'amélioration de la santé des riverains.
Le médiateur fédéral dans le viseur
Autre point de la note qui a provoqué le blocage de plusieurs partis : les nationalistes voulaient faire sauter Philippe Touwaide, actuel médiateur fédéral pour l'aéroport, et le remplacer par deux personnes désignées par le gouvernement pour six ans (un francophone et un néerlandophone). Pour rappel, les services du médiateur ont pour but de contrôler les trajectoires des avions et l'évolution des nuisances sonores, d'informer les citoyens et de traiter leurs plaintes et doléances. Pourquoi dégager Philippe Touwaide ? Ce dernier serait perçu par la N-VA comme un aiguillon francophone pouvant, par sa maîtrise technique, contrecarrer les plans nationalistes flamands. Il semble toutefois que, outre le MR et les Engagés, Vooruit et le CD&V aient pris sa défense.