À Bruxelles, les partis flamands trouvent enfin un accord, mais le PS choisit le blocage
Elke Van den Brandt (Groen) est parvenue à obtenir un accord de la N-VA, Vooruit et l'Open VLD pour former une coalition néerlandophone. Mais le PS refuse de gouverner la Région bruxelloise avec la N-VA.

- Publié le 29-11-2024 à 10h42

Certains n'osaient même plus l'espérer… Pourtant, près de 6 mois après les élections du 9 juin, les partis flamands (Groen, la N-VA, l'Open VLD et Vooruit) sont enfin parvenus à s'entendre pour entamer les négociations en vue de former un gouvernement bruxellois.
Ces quatre partis avaient discuté sur base d'une "super nota", qui contenait des propositions comme la fusion des communes bruxelloises, mais aussi des CPAS et des zones de police. La fuite de ce document dans La Libre, ce mardi, avait provoqué de vives réactions côté francophone. Cette note de cadrage "ne constitue pas un paquet de revendications pour les négociations", a souligné jeudi la formatrice néerlandophone Elke Van den Brandt (Groen).
"Nous comprenons parfaitement qu'il existe encore des nuances qui devront être clarifiées entre les différents partenaires du futur gouvernement bruxellois […], avec les partenaires francophones de la coalition MR, PS et Les Engagés" ont déclaré les chefs de file bruxellois de ces quatre partis.
L'espoir de David Leisterh rapidement douché
David Leisterh a donc réuni, jeudi matin, les partenaires francophones (MR – PS – Les Engagés) et la formatrice néerlandophone. Son espoir d'enfin entamer des négociations à 7 partis a été douché instantanément.
"J'ai dû constater un blocage autour de la table face à l'idée de basculer dans une phase de formation avec sept partis. Je poursuivrai, en étroite collaboration avec la formatrice néerlandophone, des consultations", a déclaré David Leisterh.
"Les quatre partis néerlandophones se sont accordés contre les francophones", a réagi Ridouane Chahid (PS), député fédéral. "La proposition ne s'inscrit pas dans les termes de la loi spéciale sur les institutions bruxelloises, puisqu'elle requiert l'assentiment des partis francophones pour la création d'un poste de Commissaire du gouvernement au budget (Ndlr : que l'Open VLD est d'accord d'occuper, laissant à Vooruit le poste de Secrétaire d'État)."
Rappelons que les majorités, en Région bruxelloise, sont censées se former séparément dans chaque groupe linguistique, sans interférence de l'autre communauté. Pour créer ce poste de commissaire qui résout le casse-tête de la formation néerlandophone, les partis flamands ont besoin de l'accord de tout le gouvernement bruxellois. Les socialistes ne se privent pas d'utiliser ce levier pour bloquer l'entrée en négociations.
Mardi déjà, Ridouane Chahid avait estimé que l'entrée de la N-VA au gouvernement bruxellois signifierait "la paralysie et la mise sous tutelle de la Région bruxelloise."
"Selon les termes du formateur David Leisterh, les conditions ne sont pas réunies pour entamer une phase de formation du gouvernement bruxellois", a souligné Ahmed Laaouej, président du PS bruxellois. "Le PS Bruxellois soutient la volonté du Formateur de procéder à ces nouvelles consultations permettant de dégager de nouvelles propositions pour la formation d'un gouvernement bruxellois".
Le PS hérite du valet noir
Les socialistes veulent croire que David Leisterh tentera désormais de dégager une autre formule de coalition. " Le blocage vient autant de l'Open VLD que du PS. Ce n'est pas parce que l'Open VLD dit qu'il veut gouverner avec la N-VA plutôt qu'avec le CD&V que le PS doit l'accepter. Tout le monde sait que nous préférons le CD&V", pointe une source socialiste.
La piste qui mène au CD&V a pourtant été déjà retournée dans tous les sens. Ni David Leisterh ni Elke Van den Brandt ne la jugent encore crédible. Et le PS, qu'il le veuille ou non, vient d'hériter du valet noir…
Benjamin Dalle a toutefois fait savoir à plusieurs reprises, encore dimanche sur la VRT, qu'il ne souhaitait pas participer à un gouvernement "qui poursuivrait la politique du précédent." En d'autres termes, le CD&V accepterait de monter… à condition d'avoir un poste au gouvernement, et que la N-VA remplace l'Open VLD.
"La piste CD&V sans la N-VA est morte, mais le PS fait semblant d'y croire. Si le PS accepte de négocier, on peut avoir un gouvernement bruxellois avant la fin de l'année".
"La piste du CD&V sans la N-VA est morte, mais le PS fait semblant d'y croire. Si le PS accepte de négocier, on peut avoir un gouvernement bruxellois avant la fin de l'année", conclut une source libérale.