Blocages, doutes, tensions, démission… Les moments forts de la formation de l'Arizona
Les cinq partis de la future (?) coalition fédérale – N-VA, MR, CD&V, Engagés, Vooruit – discutent depuis huit mois. Une percée sera-t-elle annoncée ce vendredi matin ? Retour sur les grandes étapes et les rebondissements du processus de formation du gouvernement De Wever.

- Publié le 31-01-2025 à 07h00
- Mis à jour le 31-01-2025 à 10h31

9 juin. La N-VA déjoue les pronostics lors des élections générales. Le Vlaams Belang n'est pas le premier parti en Flandre, malgré sa progression. Au sud du pays, le MR et Les Engagés cartonnent. Au fédéral, une piste est mise en avant immédiatement : la coalition Arizona, avec Vooruit mais sans le PS.
12 juin. Très rapidement, le Roi pose un choix logique : Bart De Wever, qui s'était déclaré candidat au poste de Premier ministre, devient informateur. Le futur gouvernement sous sa férule aura un grand objectif : le retour à l'équilibre budgétaire. Les socialistes flamands acceptent de participer aux discussions "Arizona" mais avertissent : ils vont exiger de fortes garanties "de gauche".
26 juin. Après quinze jours de discussions, Bart De Wever n'est nommé "que" préformateur. Il était trop tôt pour passer à la formation du gouvernement, c'est-à-dire à la négociation ligne par ligne du futur accord de majorité. Vooruit – tiens, tiens… – exige que la pression fiscale sur "les épaules les plus larges" augmente.
Feu vert de Vooruit
9 juillet. Lors d'un bureau de parti, les socialistes flamands donnent leur feu vert : ils acceptent d'aller plus loin. La formation du gouvernement peut donc commencer. Le lendemain, Bart De Wever est désigné formateur par le roi Philippe. Il constitue des groupes de travail présidés par ses lieutenants les plus fidèles. Sander Loones à l'institutionnel, Theo Francken à la Défense et à la Migration, Jan Jambon en super-négociateur pour la N-VA…
Des critiques circulent parmi les "arizoniens" : les nationalistes flamands proposent des textes de base beaucoup trop proches de leur point de vue, ce qui complique la recherche d'un compromis. Dans sa version initiale, la note "Migration" électrise les plus centristes autour de la table… L'opposition entre Georges-Louis Bouchez et Conner Rousseau apparaît nettement, en particulier au sujet de l'introduction d'une taxe sur les plus-values boursières.
De Wever démissionne
22 août. Dans la torpeur de l'été, Bart De Wever ne réussit pas à réconcilier socialistes flamands et libéraux francophones. Le formateur remet sa démission au Roi, mais il apparaît immédiatement qu'il s'agit d'un moment de temporisation. L'Arizona n'est pas morte.
23 août. Maxime Prévot, président des Engagés, est chargé par le Palais d'une mission de médiation. Le centriste est proche de Georges-Louis Bouchez et est apprécié par Conner Rousseau. Bon choix du Palais.
2 septembre. Le président des Engagés a réussi à relancer la machine des négociations. Bart De Wever redevient formateur. Il a trois semaines pour réaliser une percée. Les élections locales du 13 octobre approchent et risquent de perturber les négociations fédérales, les partis étant en campagne.
16 septembre. C'est parti pour durer… La Libre révèle que Bart De Wever a demandé un délai à la Commission européenne : il ne pourra remettre son plan budgétaire que pour la fin de l'année, au mieux (un document qui, fin janvier, n'était toujours pas remis aux autorités européennes).
13 octobre. Les élections locales communales et provinciales ont lieu. Les négociations reprennent après ce moment entre parenthèses mais une rumeur monte : s'il y a un jour un accord Arizona, ce ne sera pas avant février ou mars 2025. Il reste trop de points litigieux.
Lagon ou Arizona ?
4 novembre. Vooruit claque la porte des négociations. L'Arizona connaît un vrai coup d'arrêt. Une autre piste de coalition est évoquée : la coalition "Lagon", qui réunirait la N-VA, le MR, le CD&V, les Engagés et l'Open VLD. Cette formule n'est majoritaire que d'un seul siège (76 sur 150 à la Chambre). Bart De Wever en serait le Premier ministre. Le MR semble favorable à ce scénario, le CD&V nettement moins… Bart De Wever, toujours formateur, invite les libéraux flamands à une première discussion.
12 novembre. Le formateur voit à nouveau sa mission prolongée. Vu l'incertitude, le Roi ne précise pas sur quel type de majorité il doit avancer. Mais l'Arizona, malgré tout, reste le "plan A". La Lagon arrive en "plan B".
13 novembre. Vooruit se dit prêt à reprendre les négociations… mais exige que la supernota socio-économique de Bart De Wever soit rééquilibrée vers la gauche.
10 décembre. Et une nouvelle prolongation pour Bart De Wever… Les critiques contre sa méthode de travail fusent parmi les "arizoniens". Le formateur commence à s'en agacer. Sur le fond, l'équation reste la même : la fiscalité et les efforts budgétaires crispent les partenaires putatifs du futur gouvernement.
Le "coup" des 500 amendements
26 décembre. Stupeur parmi les négociateurs. La Libre révèle que Vooruit a remis environ 500 demandes de modification de la nouvelle "supernote" socio-économique. Certains pestent : plusieurs semaines de travail intensif – au minimum – seront nécessaires pour démêler l'écheveau. Les autres partis ont également émis des amendements.
8 janvier. Cette fois, ça passe ou ça casse. Bart De Wever voit sa mission prolongée après sa… 17e audience au Palais. Le nationaliste flamand a jusqu'au 31 janvier pour réussir. Il a annoncé qu'au-delà de cette date, en cas d'échec, il renoncera (définitivement) à jouer le rôle de formateur.
29 janvier. Les partis entrent dans un conclave "au finish" à l'École royale militaire…