Les négociateurs bruxellois se revoient lundi, le MR a proposé de confier à la N-VA le poste de commissaire au gouvernement
La réunion entre négociateurs bruxellois, à laquelle l'Open VLD n'a pas répondu présent, s'est conclue sans accord, même si une piste a été mise sur la table. Une nouvelle réunion est prévue ce lundi pour parler du budget. L'Open VLD sera convié.

- Publié le 19-03-2025 à 09h21
- Mis à jour le 19-03-2025 à 18h09
Le blocage des négociations bruxelloises reste complet.
Frédéric De Gucht, chef de file de l'Open VLD, n'est pas venu à la table des négociations, alors qu'une réunion à sept partis, sans la N-VA, avait été planifiée ce mercredi à midi 30.
La réunion s'est déroulée, sans l'Open VLD, mais avec les six autres partis. La rencontre s'est conclue sans avancée majeure. Aucun parti ni politique n'a souhaité prendre la main. Les chefs de délégations se reverront lundi pour parler budget, sur base des travaux déjà entamé par le comité de pilotage budgétaire, initié par l'ex formateur David Leisterh (MR). L'objectif est surtout de reconvoquer une réunion à 7 partis, à laquelle l'Open VLD sera convié, en vue de se donner une nouvelle chance. "Frédéric De Gucht insiste sur les réformes et le budget, il faut les entendre et les discuter", pointe une source politique.
Le poste de commissaire de gouvernement pour la N-VA?
Selon nos informations, le MR a tout de même proposé une piste qui permet théoriquement de former un gouvernement: une majorité néerlandophone dans laquelle le commissaire de gouvernement serait confiée à la la N-VA. Ce poste, initialement, devait être dévolu à l'Open VLD.
Dans cette formule, le MR n'aurait pas à lâcher le parti de Bart De Wever et la N-VA ne serait pas formellement au gouvernement.
Dans cette formule, deux axes sont possibles. Dans celui proposé par le MR ce mercredi en réunion, Groen, Vooruit et l'Open VLD sont au gouvernement, et la N-VA obtient le poste de commissaire de gouvernement.
Dans l'autre, l'Open VLD se retrouve dans l'opposition, et c'est le CD&V qui se retrouve au gouvernement.
Ces pistes sont toutefois bancales: le PS et la N-VA l'ont déjà refusée à plusieurs reprises lors de précédents épisodes de négociations.
De Gucht et les injonctions du PS
Mercredi matin, Frédéric De Gucht avait justifié ainsi son absence à la table: "La réunion de lundi, réunissant Open Vld, Groen, Vooruit, CD&V, Les Engagés, PS et MR, n'a mené à aucune avancée". Le parti libéral flamand a souligné par voie de communiqué que de nouvelles négociations ne pouvaient avoir de sens "que si les accords précédents sont respectés, que des garanties claires sont données et qu'aucune injonction du PS ne prévaut".
"Nous déplorons d'avoir perdu trois semaines dans cet exercice (ndlr: la mission d'information), comme nous le redoutions. De plus, aucune réponse n'a été apportée à notre principale préoccupation: l'orthodoxie budgétaire et le retour à l'équilibre aussi rapidement que possible, conformément au cadre pluriannuel défini par le précédent gouvernement et communiqué aux agences de notation. Nous entendons beaucoup d'intentions concernant un changement de politique et des accords avec le niveau fédéral, mais à ce jour, aucune de ces intentions n'a été formalisée par écrit".
Aux yeux de l'Open Vld qui n'a guère fait de secret, au cours des derniers mois, de son souhait de voir la N-VA associée à une coalition, la balle est désormais dans le camp des "partis prêts à dynamiter la majorité néerlandophone durement obtenue, alors que l'Open Vld a déjà consenti à d'importantes concessions pour parvenir à une solution".
Pour le chef de file de l'Open VLD dans la capitale, Frédéric De Gucht, le choix était clair dès lundi puisqu'il est parti au ski en avion après la réunion avec les six autres formations. Jusqu'à ce mardi, il était toutefois prévu qu'il assiste à la réunion en visio-conférence.
"Le nouveau scénario proposé, dans lequel le plus grand parti flamand - qui fournit en outre le Premier ministre - est remplacé sans justification par le plus petit parti néerlandophone bruxellois, uniquement sur demande du PS, ne constitue en aucun cas une base stable pour une politique bruxelloise efficace... Les intérêts des Bruxellois néerlandophones sont aujourd'hui minimisés par les partis des deux groupes linguistiques. Nous constatons que le PS impose ses conditions et que les autres partis néerlandophones les acceptent sans résistance. Revenir à la table des négociations n'a de sens que si une majorité stable est garantie tant du côté francophone que du côté néerlandophone, avec un respect total pour le plus petit groupe linguistique et des garanties pour des réformes ambitieuses", a-t-il encore dit.
Pour le chef de file de l'Open Vld bruxellois Frédéric De Gucht, dans les années à venir, des décisions cruciales devront être prises.
"Si nous n'agissons pas maintenant pour stabiliser la situation financière de la Région, renforcer la sécurité et améliorer la propreté, tout en augmentant significativement le taux d'activité, Bruxelles court à la catastrophe. Cela nécessite le soutien des gouvernements fédéral, flamand et wallon. Ceux qui refusent de le voir mettent Bruxelles en péril", a-t-il conclu.
"Une crise trop grave"
"Bruxelles est dans une crise trop grave. Tout le pays nous regarde. Nous avons une obligation commune de résultat. Refuser le dialogue et jouer à la chaise vide n'amèneront aucune solution", a assuré Christophe De Beukelaer, chef de file des Engagés.
Groen regrette les vétos
"Le choix qui s'offre à nous est l'absence de gouvernement ou un gouvernement sans la N-VA. Je trouve les vétos extrêmement regrettables, mais notre Bruxelles bien-aimée est confrontée à d'énormes défis. Je choisis donc de mettre en place un gouvernement capable d'effectuer les réformes nécessaires. C'est la raison pour laquelle nous participons à ces réunions. Groen est prêt à travailler sans veto ni exclusive", a jouté Elke Van den Brandt, chef de groupe Groen.